Appellations de la Première Guerre mondiale
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La Première Guerre mondiale est connue sous différentes appellations. Ces dénominations varient selon les lieux, les époques et les énonciateurs, mais les plus courantes restent « Grande Guerre » et « Guerre mondiale », ce dernier nom devenant « Première Guerre mondiale » lors du second conflit mondial.

Le nom à donner au conflit en cours est un sujet qui intéresse la presse française dès , et en L'Intermédiaire des chercheurs et curieux lance une enquête à ce propos. La plupart des appellations utilisées à l'époque révèlent un parti pris évident : « guerre du droit », « de la civilisation », « des peuples », « des nations », « du Kaiser », « pangermanique », « germanique », « antigermanique », « dernière des guerres » (qui devient la « der des ders » pour les poilus)[1]... De manière plus neutre, les Français la nomment aussi « guerre de 1914 », puis « guerre de 1914-1915 », mais cet ajout de la date est abandonné lorsque s'éloigne la perspective d'une fin rapide d'un conflit qui s'enlise. Il réapparaît lorsque les combats cessent, et l'expression « guerre de 14-18 » devient pérenne. Enfin, plus marginalement, des personnalités comme Remy de Gourmont dans La France du , considèrent que cette guerre n'a nul besoin de se voir accoler un qualificatif, « la Guerre » étant à leurs yeux une dénomination suffisante pour la distinguer de tous les conflits précédents[1].
De leur côté, les anglophones préfèrent généralement l'appellation imparfaite de « guerre européenne », tandis que les Allemands optent plutôt pour « Weltkrieg », la « guerre mondiale », formule la plus objective compte tenu de l'extension planétaire du conflit[1], mais qui, d'après Guillaume Apollinaire ne s'est imposée en France qu'avec l'entrée en guerre des Américains[2]. Par rétronymie, elle devient « Première Guerre mondiale » lorsque est déclenché le deuxième conflit d'envergure mondiale.
L'expression « Première Guerre mondiale » est en réalité utilisée pour la première fois dès par le biologiste et philosophe allemand Ernst Haeckel, qui écrit alors « il ne peut subsister aucun doute que la conduite et le caractère de la redoutée "guerre européenne" [...] va devenir la Première Guerre mondiale au sens le plus entier de l'expression »[3].