Application linéaire continue

From Wikipedia, the free encyclopedia

Théorème  Soit f une application linéaire de E dans F. Si E et F sont de dimension finie, alors f est continue.

En mathématiques, une application linéaire d'un espace vectoriel E dans un espace vectoriel F définis sur le corps des réels ou des complexes est continue si E et F sont de dimension finie, ce qui fait que dans le contexte typiquement algébrique des espaces de dimension finie, la question de la continuité d'une application linéaire ne se pose pas ; en revanche, si E et F sont, par exemple, des espaces vectoriels normés de dimensions quelconques, ce n'est plus vrai, et il y a donc lieu de préciser ce qu'on entend par une application linéaire continue.

Parmi les applications linéaires, celles qui sont continues sont les seules intéressantes en analyse fonctionnelle. Il importe également, de manière à pouvoir définir la notion de convergence vers 0 d'une suite d'applications linéaires continues , de munir l'espace des applications linéaires continues d'une topologie. En réalité, plusieurs topologies, plus ou moins fines, sont possibles. Déjà quand on considère des formes linéaires continues sur un espace vectoriel normé E, c'est-à-dire des applications linéaires continues de E dans le corps de base K (corps des nombres réels ou complexes), ces formes constituent le dual topologique de E, noté E' ; cet espace peut être muni de diverses topologies, dont les plus importantes sont la « topologie forte » et la « topologie *-faible » ; cette dernière ne peut plus être définie par une norme et nécessite de se placer dans le cadre plus général des espaces localement convexes. Cela vaut encore dans le cas d'espaces d'applications linéaires continues à valeurs, par exemple, dans un espace vectoriel normé : l'étude des différentes topologies qu'on peut définir sur ces espaces rend nécessaire le cadre des espaces localement convexes. Cela est d'autant plus vrai que les développements de l'analyse fonctionnelle depuis le début des années 1950 (la théorie des distributions, notamment), n'a pu se faire qu'en sortant du cadre des espaces vectoriels normés pour se placer dans celui des espaces localement convexes ; néanmoins, comme on va le voir, la théorie dans le cas localement convexe général est assez complexe, et se simplifie beaucoup dans celui des espaces tonnelés et semi-complets, comme sont la quasi-totalité des espaces rencontrés en analyse fonctionnelle.

En liaison étroite avec l'étude des espaces d'applications linéaires continues vient celle des applications bilinéaires continues et la notion importante d'hypocontinuité, due à Nicolas Bourbaki[1].

Applications linéaires sur un espace de dimension finie

Le cas des espaces vectoriels normés

Soit E et F deux espaces vectoriels réels normés.

Sur l'espace vectoriel des applications linéaires continues de E dans F, on définit la norme d'opérateur :

.

Si E est de dimension finie alors (quel que soit le choix de la norme sur E, puisque toutes sont équivalentes), toute application linéaire sur E est continue[2].

Le cas des espaces vectoriels topologiques

Soit maintenant E et F deux espaces vectoriels topologiques à gauche sur un corps valué non discret K et u une application linéaire de E dans F. Supposons E de dimension finie et K complet. On montre par récurrence que E est isomorphe au produit Kn, où n est la dimension de E, et on en déduit que u est continue. L'ensemble des applications linéaires de E dans F est un espace vectoriel sur le centre de K.

Remarque

Soit E un espace vectoriel topologique (non réduit à 0) sur un corps valué complet et non discret K. Les conditions suivantes sont équivalentes (théorème de Riesz) :

(a) K est localement compact et E est séparé et de dimension finie sur K ;
(b) E est localement compact.

Applications linéaires continues : généralités

Cas des espaces vectoriels normés

Soit E et F deux espaces vectoriels normés sur le corps K des réels ou des complexes. Le raisonnement fait plus haut ne s'applique plus si E n'est pas de dimension finie, et une application linéaire u de E dans F peut ne pas être continue. Elle est continue si, et seulement si

 ;

cette quantité est alors appelée la norme de u, et notée . Comme plus haut, on vérifie sans difficulté que l'ensemble des applications linéaires continues de E dans F est un espace vectoriel et que l'on a défini une norme sur cet espace. Cet espace est toutefois à distinguer de l'espace des applications linéaires de E dans F. On a évidemment .

On montre que si F est complet, , muni de la norme ci-dessus, est également complet (et est donc un espace de Banach).

Cas des espaces vectoriels topologiques

Soit E et F deux espaces vectoriels topologiques à gauche sur un corps topologique K, de centre C. On note de nouveau le C-espace vectoriel des applications linéaires continues de E dans F et le C-espace vectoriel des applications linéaires de E dans F. On a .

Soit . Alors u est continue (i.e. ) si, et seulement si elle est continue en 0 c'est-à-dire : pour tout voisinage V de 0 dans F, il existe un voisinage U de 0 dans E tel que pour tout .

Soit H une partie de . Alors H est équicontinue si, et seulement si pour tout voisinage V de 0 dans F, il existe un voisinage U de 0 dans E tel que pour tout .

Proposition   (1) Supposons que K soit un corps valué non discret. Soit une application linéaire continue. L'image par u d'un ensemble borné dans E est un ensemble borné dans F.

(2) Réciproquement, supposons que K soit le corps des réels et des complexes, E un espace bornologique et F un espace localement convexe. Si l'image par u de toute partie bornée de E est bornée dans F, alors u est continue.

Démonstration de (1)[3] : soit B une partie bornée dans E et V un voisinage de 0 dans F. Puisque u est continue, u−1(V) est un voisinage U de 0 dans E. Et puisque B est borné dans E, cet ensemble est absorbé par tout voisinage de 0 ; par suite, il existe tel que pour . Mais on a alors , par conséquent u(B) est une partie bornée de F.

Applications linéaires continues dans les espaces localement convexes

Applications bilinéaires hypocontinues

Notes et références

Related Articles

Wikiwand AI