Armoiries de la Bretagne

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Adoption1316
Écu« D'hermine plain »
Devise« A ma Vie »
Précédentes versions1213
Armoiries de la Bretagne
Image illustrative de l'article Armoiries de la Bretagne
Détails
Adoption 1316
Écu « D'hermine plain »
Devise « A ma Vie »
Précédentes versions 1213
Usage ducs de Bretagne (1316-1514), province de Bretagne (1532-1789)...

Les armoiries de la Bretagne sont celles des ducs de Bretagne de 1316 à 1514 : « d'hermine plain ». Elles dérivent de la brisure des armes du baillistre Pierre Mauclerc.

L'échiqueté de Dreux

Bannière de Pierre de Dreux

Pierre de Dreux, cadet de sa famille, se vit attribuer une brisure fréquente chez les princes voués à la cléricature : un franc-quartier d'hermine[1]. Ce prince fut imposé en 1212 par le roi de France Philippe Auguste comme époux à la duchesse Alix. Celle-ci ne disposant pas d'armoiries, Pierre Mauclerc usa de ses propres armes comme baillistre du duché de Bretagne et ses successeurs firent de même.

Pendant un siècle (de 1213 à 1316), les écus et les bannières des princes bretons portent l'échiqueté de Dreux d'or et d'azur (jaune et bleu) au franc-quartier d'hermine. L'échiqueté de Dreux provient lui-même de l'échiqueté de Vermandois. Il est figuré avec ou sans bordure de gueules (rouge), selon les représentations. Le duc de Bretagne étant aussi comte de Richmond, du moins quand le roi d'Angleterre lui reconnaissait la jouissance de cet Honneur de Richmond fief de Richemont »), les armoiries de ce comté furent identiques à celles du duché.

D'hermine plain

Le duc Jean V représenté dans le Grand Armorial équestre de la Toison d'or au XVe siècle. Monture et cavalier portent l'hermine plain.
Sceau du duc François Ier. Le duc y est représenté paré d'hermine

En 1316, quatre ans après son avènement, Jean III abandonna définitivement l'échiqueté de Dreux, pour l'« hermine plain ». Elle sera utilisée jusqu'au XVIe siècle. Les raisons de cette modification tardive (les changements d'armoiries étaient rares au XIVe siècle chez les grands princes) et remarquable ont été analysées par Michel Pastoureau[2] :

  1. Jean III entretenait d'exécrables relations avec sa marâtre Yolande de Dreux (mère de son demi-frère Jean de Montfort) et était en procès avec elle au sujet de l'héritage de son père le défunt duc Arthur II. Yolande, issue de la même famille de Dreux que Jean III, portait les mêmes armes que lui. Or, l'héraldique médiévale était un élément du droit. Porter les armoiries ducales signifiait partager l'autorité et les propriétés ducales. Jean III ne pouvait l'accepter de sa marâtre et puisqu'il ne pouvait lui interdire le port des armes de Dreux, il aurait décidé d'en changer lui-même.
  2. Le fait que ces armoiries de Dreux étaient brisées (la bordure de gueules) et surbrisées (le franc-quartier d'hermine) signalait qu'elles étaient les armes d'un cadet, peu convenables pour une grande principauté. Elles faisaient aussi de la Bretagne une dépendance héraldique du petit comté de Dreux (dépendant originairement du duché de Normandie). Des armes simples qui lui soient propres étaient souhaitables pour la Bretagne de ce point de vue.
  3. Les couleurs de l'échiqueté d'azur et d'or (en fait, d'or et d'azur) indiquaient au XIIIe siècle le cousinage capétien avec les rois de France, élément alors valorisant. Mais au XIVe siècle, les fleurs de lys étant devenues l'élément central de l'héraldique royale française, l'échiqueté avait perdu son prestige initial.
  4. La fourrure d'hermine avait gagné en valeur du XIIIe siècle au XIVe siècle, et dépassé celle du vair (fourrure issue du petit gris), auparavant plus cotée. L'hermine était désormais perçue comme la fourrure des rois et des juges.
  5. Surtout l'hermine, sorte de « semé de mouchetures d'hermine » répondait, esthétiquement et symboliquement, au semé de fleurs de lys des rois de France.
Armes de Bretagne sculptées fin XIXe à St-Malo, porte St-Vincent. On peut y lire la version latine de la devise bretonne, Potius mori quam foedari (Plutôt la mort que la souillure).

Caractéristiques

Usage actuel

Annexes

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