Arnaud II de Roquefeuil

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Arnaud II de Roquefeuil
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Titres de noblesse
Comtor de Nant (d)
-
Prédécesseur
Successeur
Seigneur de Roquefeuil (d)
Prédécesseur
Successeur
Biographie
Famille
Père
Mère
Vaurie d'Hébrard (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Jacquette de Combret (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Delphine de Roquefeuil (d)
Arnaud III de Roquefeuil
Catherine de Roquefeuil (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Blason.

Arnaud III de Roquefeuil, né après et mort entre 1366, est un seigneur rouergat, membre de la famille de Roquefeuil-Anduze.

Il est connu comme l'un des principaux chevaliers de France et pour avoir déclaré la guerre au Roi de Majorque[1].

Origines

La date de naissance d'Arnaud n'est pas connue en l'état actuel des connaissances. Cependant, elle peut être placée après le testament de son père du 7 ides de , dans lequel il indique que le fils « qui naîtra de la dite Vaurie sa femme » sera son héritier[2][réf. à confirmer]. Arnaud est le fils du seigneur de Roquefeuil, Raymond IV, et de Vaurie [Atbrand], dite d'Albret[3],[4].

En 1316, il est marié à Jacquette, dame de Combret[3]. Elle est la sœur et l'héritière de son frère, Bernard[5], fille d'Ermengaud et héritière de sa maison à la suite de son frère Bernard mort avant 1314. Les Combret formaient alors une famille dont les premières traces remontent à l'an 1010 et dont les descendants représenteront les nobles de leur province aux Etats-Généraux. En 1315, Jaquette reçoit, les hommages des nobles Guillaumes Ferrand, Bernard Brenguier en qualité de baron de Combret[5].

Son père lui donne, en , les « châteaux d'Algues et Valgarride, de Cantobre, de Trève d'Aumessas, de St Jean de Bruel et de Saulières avec toutes leurs appartenances et dépendances et généralement tous ce qu'il peut posséder dans la baronnie de Roquefeuil fait en justice haute et basse… »[2][réf. à confirmer]

Il se rend avec son père et les nobles de la région, en 1319, à la ville d'Arras, auprès du roi[6]. Son père meurt peu de temps après. Il hérite ainsi du titre de comtor de Nant et de la baronnie de Roquefeuil-Meyrueis[3],[4].

Guerre contre le Roi de Majorque

Arnaud III est cousin des Rois d'Aragon par Guillemette de Montpellier, femme de Raymond Ier de Roquefeuil. Cette proximité lui permettra de s'allier à Pierre IV d'Aragon pendant sa guerre avec le Roi de Majorque, Jacques III.

En 1324, Sanche Ier, roi de Majorque meurt sans enfant. Son neveu, Jacques III alors âgé de neuf ans, hérite du royaume mais rapidement, Pierre IV d'Aragon affiche des prétentions sur ce royaume qu'il considère comme vassal au sien. En 1343, après différentes tentatives pour trouver un accord, Pierre IV lance une première offensive et envahit les Baléares. Victorieux, il se lance dès 1344, à la conquête du Roussillon, possession majorquine où s'était réfugié Jacques III[7].

Bernard de Roquefeuil, fils d'Arnaud III était alors page de Jaques III et avait par conséquent accompagné le roi dans sa fuite. Ce dernier réfugié dans son palais de Montpellier organisa une réception. On raconte que le roi était à table et que Bernard, en lui servant à boire, répandit du vin sur son habit de satin blanc. Irrité, le roi, le repoussant brusquement, le blessa avec son couteau qu'il tenait à la main. Bernard mourut peu de temps après.

Pour venger son fils, Arnaud III, qualifié par ses contemporains comme l'un des plus vaillants et plus riches chevaliers de France, se rend à Enle pour rencontrer Pierre IV d'Aragon qui assiégeait la ville. Là, il lui offre de participer à la guerre contre Jacques III avec cent ou deux cents chevaux et de faire venir le comte d'Armagnac avec cinq cents à mille hommes d'armes et trois mille fantassins supplémentaires. Pierre IV d'Aragon, souhaitant arbitrer seul et combattre sans l'intervention de seigneurs étrangers déclina la proposition d'Arnaud III. Non satisfait de ne pouvoir venger son fils, Arnaud III lança les préparatifs pour entrer lui aussi en guerre contre Jacques III[7].

Acculé, le roi de Majorque se rendit auprès du Pape qui siégeait à Avignon en implorant son aide. Se positionnant en protecteur du Jacques III, le pape Clément VI arbitra le conflit. Arnaud II consentit à renoncer à toute hostilité envers Jacques III qui accepta de céder en contrepartie la baronnie du Pouget et les châteaux de Saint-Bauzille et de Pouzols. Ces terres représentaient 360 feux, des revenus considérables et 10 hommages nobles. Arnaud III ne prit possession de ses terres qu'en 1349, date à laquelle le roi de France, Philippe de Vallois donna mainlevée sur les seigneuries[7].

Guerre de Cent Ans

En Languedoc

Conseiller militaire du roi de France, Arnaud III est nommé capitaine de Montpellier le . La cité, alors menacée par les compagnies de routiers dans le contexte troublé de la guerre de Cent Ans, avait sollicité son appui pour organiser sa défense[8]. Sa nomination est confirmée par des lettres de Pierre de Villaines, dit « le Bègue », sénéchal de Carcassonne et gouverneur de la sénéchaussée de Beaucaire[9].

Cette charge s’inscrit dans la politique de Charles V qui, après les désordres liés au traité de Brétigny, cherche à rétablir l’autorité royale dans le Midi en s’appuyant sur des capitaines fidèles.

En Agenais et Gascogne

En 1346, Arnaud III est également mentionné au service du duc de Bourbon en Agenais (actuel Lot-et-Garonne)[10].

Pierre Ier de Bourbon avait été nommé en 1345 par le roi Philippe VI de Vallois, lieutenant du Languedoc pour faire face au comte de Derby qui venait de débarquer avec 500 chevaliers et 2 000 archers près de Bayonne. Pour faire face à la chevauchée anglaise, Pierre Ier lève une armée dont Arnaud III fait partie avec sous ses ordres deux chevaliers, 71 écuyers et 190 sergents[7].

Arnaud IV et Guillaume de Roquefeuil sont également mentionnés en 1369 dans la défense de leurs terres, le premier avec 28 écuyers sous ses ordres et le second suivi de 9 autres écuyers[11].

Au service direct du roi de France

En 1351, Arnaud III est envoyé à quatre reprises par le roi de France, Jean II le Bon en ambassade auprès du roi d'Aragon.

Le , avec Jean de Lévis, seigneur de Mirepoix, Raymond de Salgue, doyen de Notre-Dame de Paris et Guillaume Durand chanoine de la meme église, ils partent confirmer l'alliance signée par Philippe V et traiter du mariage du Duc d'Anjou, fils du roi avec l'infante d'Aragon[12]. Ce mariage n'aura finalement pas lieu et Arnaud se constitue otage jusqu'au paiement des sommes promises[13]. En octobre, Arnaud est cité à Perpignan pour défendre les intérêts du roi de France auprès du roi d'Aragon qui projette une alliance avec le roi d'Angleterre[9].

En 1352, il est chargé d'arbitrer sur les différents entre Jeanne de Narbonne et Suzanne de Séverac[13].

Il rend hommage au roi de France, le , pour Montarnaud, dans la viguerie d'Aigues Mortes[14].

Dans la défense de ses terres

1365 : la France après les traités de Brétigny et de Guérande.

En 1360, par le traité de Brétigny, Charles V, cède à Edouard III d'Angleterre de nombreux territoires dont le Rouergue mettant temporairement fin à la Guerre de Cent Ans. Les "grandes compagnies", regroupements de mercenaires démobilisés, se mettent alors au service de seigneurs locaux tout en ravageant le sud de la France pour leur propre compte.. A la solde de seigneurs locaux, les mercenaires participent aux guerres locales et profitent de la période d'instabilité pour s'enrichir.

Le vendredi , plusieurs compagnies de gens d'armes à la solde du vicomte de Fezensaguet contraignent Arnaud III et sa femme à quitter le château de Creissels et à se replier dans leur forteresse d'Algues. Dès le , les consuls de Millau sont alertés par les hommes d'Arnaud qui les sollicitent pour préparer la défense de la région[15].

Edouard III, avait entre-temps érigé l'Aquitaine en principauté pour la confier à son fils dit le prince Noir qui en prend possession en 1363. Après avoir reçu l'hommage de ses vassaux, il envoie une ambassade auprès du pape Urbain V installé en Avignon. Deux cents cavaliers parmi lesquels le comte de Warwick traversent le Rouergue et s'arrêtent à Millau de . Un grand bal est donné à l'hôtel de ville auquel participe la baronne d'Arpajon, fille d'Arnaud de Roquefeuil qualifiée comme l'une "des plus grandes dames de la contrée"[15],[16].

Toujours en proie aux grandes compagnies, les terres de la famille Roquefeuil se retrouvent directement menacées par les chefs des routiers tels que Seguin de Badefol ou Bertucat d'Albret avant l'arrivée des troupes du roi de Castille Henri II. Ce dernier cherchait à se venger du roi d'Angleterre qui ne l'avait pas soutenu dans ses prétentions au trône d'Espagne[15].

Le mercredi , le gouverneur de la province, David Cradoc est à Nant à qui il octroie une garnison conséquente. Fief de la famille, Jean de Roquefeuil-Versols et ses frères prennent naturellement le commandement du détachement en nommant Mira, Penni Tereta, Augia de Verdun et le bâtard de Caupène capitaine de leurs compagnies. Disposant d’environ cent chevaliers, ils affrontent les ennemis aux environs de Millau mais, dès leur retour sur Nant le , l'ennemi réussit à s"introduire dans la ville. Quatre cents archers sous le commandement d'Armand Solier, le bâtard de Béarn et Perin de Savoie envahirent les faubourgs mais ne réussirent pas à prendre la place. Défaits, ils battent en retraite et se dirigent vers le château d'Algues, tenu par Arnaud III de Roquefeuil. L'assaut a lieu le mais est repoussé grâce aux soldats et habitants des villages voisins de Castelnau et de Saint-Michel venus soutenir les populations d'Algues. Face à cette résistance inattendue, les routiers reviennent sur Nant le sans réussir à prendre la place. Les prisonniers faits au cours des combats, parmi lesquels Guillaume d’Orthez, sont exécutés par pendaison[15].

Le , Arnaud de Roquefeuil affronte de nouveau près de Saint-André de Vezines une troupe d’environ cinq cents lances[15].

Famille

En 1316 ou 1318, Arnaud de Roquefeuil épouse Jacquette, dame de Combret qu'il représentera auprès du roi en 1340[10],[13].

De cette union naissent :

  • Jean, marié le à Eleonore, fille de Guerin d'Apchier et de Philippa de Baux. Il sera membre du Conseil du Roi pour le Languedoc. Il décèdera sans enfants,
  • Arnaud IIV, héritier universel, qualifié de noble, haut et puissant seigneur dans tous les actes qui lui sont relatifs,
  • Pierre, abbé de Saint Guillem le Désert entre 1361 et 1375,
  • Bernard, tué par le Roi Jacques III de Majorque,
  • Jacques, ∞ cousine d'Espagne,
  • N, religieuse à Millau,
  • Dauphine, mariée en 1361 à Bérenger d'Arpajon,
  • Catherine, ∞ (1) Jean de Narbonne, baron de Montagu; (2) Guillaume de Laudun, baron de Sérignan et de Rochefort ; (3) Pierre de Morlhon, baron de Sanvensa.

Ascendance

Références

Voir aussi

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