Arnould Moreaux

From Wikipedia, the free encyclopedia

Sépulture
cimetière Dunand à Auxerre
Nationalité
Arnould Moreaux
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
cimetière Dunand à Auxerre
Nationalité
Formation
Activité
Peintre, illustrateur
Père
Pierre Arnould Moreaux (1842-1910)
Mère
Catherine Camille Bazire (1851-1882)
Fratrie
Clément Pierre Moreaux (1878-1964)
Conjoint
Alice Boivin (1892-1980)
Autres informations
Maître
Jean-Léon Gérôme, Mathias-Marie Duval
Distinction
Peintre officiel de la marine, lauréat de l'Institut, lauréat d'Anatomie artistique de l'École des Beaux-Arts

Arnould Moreaux, parfois orthographié Arnoult[1],[2]ou Arnold Moreaux[3], est un artiste français né en 1875 et mort en 1960. Peintre et illustrateur, il est surtout connu pour ses ouvrages d’anatomie artistique, largement utilisés dans l’enseignement artistique au XXᵉ siècle. Il a également déposé plusieurs brevets en France et à l’étranger, notamment dans les domaines naval et technologique.

Formation artistique et carrière de peintre

Arnould Louis Moreaux est né à Paris le dans le 11e arrondissement, de Pierre Arnould Moreaux, métreur vérificateur, et de Catherine Camille Bazire[1]. Il est issu d’une fratrie qui compte notamment Clément Pierre Moreaux, né en 1878[4]. Arnould est également l’arrière-arrière-petit-fils du général Jean-René Moreaux[5], figure de l’Armée de Moselle, dont trois petits-fils se sont illustrés comme artistes peintres : François-René Moreaux, Léon Charles-Florent Moreaux et Louis-Auguste Moreaux.

Il épouse le samedi Alice Boivin, née en 1892, fille de Paul Boivin, agent général d'assurances, en l'église Sainte-Eusèbe d'Auxerre[6].

Moreaux intègre les Beaux-Arts de Paris en et entame sa formation dans ce cadre institutionnel. Élève de Jean-Léon Gérôme, il reçoit en 1894[7] une médaille au concours d'anatomie[8] et de perspective[9], ainsi que le prix supérieur de perspective Fortin d’Ivry, fondé en 1849, et décerné dans la catégorie « Fondations et legs »[10]. En 1895, il obtient une bourse de 600 francs attribuée par la 4ᵉ Commission pour les bourses artistiques du Département[11].

La cour vitrée du Palais des études (1839) - Beaux-Arts de Paris.

Dès 1896, il est mentionné comme sociétaire des Artistes français et réside au 68 rue de l'Église, à Paris, dans le 15ᵉ arrondissement[12]. En 1900, il reçoit le prix supérieur d’anatomie Huguier, fondé en 1874, également dans la catégorie « Fondations et legs ».

Il participe au Salon des artistes français en 1903 avec une œuvre intitulée Légende de Saint Martin, pour laquelle il obtient une mention honorable[13]. L'État en fait l’acquisition[14]. Il est alors domicilié au 7 rue Belloni (actuelle rue d'Arsonval), à Paris, dans le 15ᵉ arrondissement[15],[16].

Nommé Peintre officiel de la Marine en 1911, référencé comme tel en 1913[17] ; son titre sera renouvelé en 1921[18], 1926 et 1931[19], avec pour corollaire d'être cité parmi d'autres artistes dont Paul Signac et Mathurin Méheut.

Portrait de Jean-Léon Gérôme (1824-1904) par Aimé-Nicolas Morot, 1897.

Durant toute cette époque, il met son talent d’illustrateur au service d’une grande variété de publications : des journaux périodiques comme La Croix Illustrée ou Lecture pour tous, avec des articles variés, dont certains consacrés à la découverte du monde maritime[20],[21] ; des ouvrages de pièces de théâtre en collaboration avec Paul Hervieu[22] ; ainsi que des œuvres de science-fiction, réalisées avec Octave Belliard[23] ; puis avec l’abbé Théophile Moreux[24].

Lors du recensement de 1931, Moreaux et son épouse sont domiciliés au 2 rue Fantin à Auteuil, dans le 16ᵉ arrondissement de Paris[25].

En 1934, il expose au Salon des artistes français une œuvre intitulée Saint-Martin au nom de Moreaux Arnould-Louis ; il habite alors au 8 rue Liot à Boulogne-Billancourt[26].

Arnould Moreaux décède à Paris le , au 37 rue des Volontaires dans le 15e arrondissement, alors domicilié à Auxerre (Yonne), au 1 bis rue du . Il repose au cimetière Dunand (Saint-Amâtre) à Auxerre[27],[28].

Style et influence

Le style de Moreaux s’inscrit dans la tradition académique française, influencée par l’enseignement dispensé à l’École des beaux-arts de Paris à la fin du XIXᵉ siècle. Ses dessins se caractérisent par une grande précision anatomique, une clarté pédagogique et une esthétique sobre, conçue pour former le regard artistique et faciliter l’apprentissage.

L’enseignement de l’anatomie artistique, déjà pratiqué à l’Académie royale de peinture et de sculpture depuis le XVIIᵉ siècle, est institutionnalisé à partir de 1766 dans le cadre d’une réforme qui confie cet enseignement à des professionnels issus du monde médical. Cette orientation se poursuit au XIXᵉ siècle à l’École des beaux-arts de Paris, où l’anatomie est considérée comme une discipline fondamentale dans la formation des artistes. Le programme repose principalement sur l’étude de l’ostéologie et de la myologie, et combine cours théoriques et exercices de dessin.

Planche de l'Anatomie artistique de Paul Richer (1849-1933), 1890.

L’enseignement donne lieu à plusieurs concours internes, tels que la médaille d’anatomie ou le prix supérieur d’anatomie Huguier, et s’appuie sur une importante collection pédagogique progressivement constituée au sein de l’École. Regroupée dans la Galerie Huguier[29], cette collection tire son nom de Pierre-Charles Huguier[30], médecin et professeur d’anatomie ayant marqué l’institution au XIXᵉ siècle.

L'œuvre de Moreaux prolonge l’héritage de figures telles que Paul Richer, professeur d’anatomie artistique à l’École et auteur de plusieurs traités de référence, ou Mathias-Marie Duval, dont les publications illustrées ont largement influencé l’enseignement de l’anatomie pour les artistes[31]. À leur suite, il développe une production à la fois scientifique et artistique, mettant son talent de dessinateur au service de l’enseignement, de la vulgarisation et de la recherche iconographique appliquée au corps humain.

Au début du XXᵉ siècle (vers 1910–1915), il réalise deux ensembles de dessins détaillées d’opérations chirurgicales — notamment une greffe d’ovaires et une thyroïdectomie pratiquées par le Dr Serge Voronoff —, exécutées au fusain, à la sanguine, à la plume, au lavis et avec des rehauts de gouache. Ces planches, d’une grande précision, témoignent déja de sa maîtrise technique.

Dans la préface de l'Atlas d'anatomie humaine, publiée dans l'Encyclopédie thématique universelle (vol. 6, Bordas, 1974)[32], Roger Caratani fait référence au traité d'Anatomie humaine descriptive, topographique et fonctionnelle de Rouvière, édité par Masson et Cie à Paris. Il y met en lumière le fait que :

« Les dessins de cet ouvrage sont l'œuvre d'un artiste de grand talent, Arnould Moreaux, élève de Mathias Duval, et qui fut le dessinateur attitré de grands anatomistes comme Farabeuf, Cuneo, Rouvière, Hovelacque. Ils sont faits d'après nature ou reprennent, en en modifiant le style, les lithographies de Jacob. »

 Roger Caratani

Mathias-Marie Duval (1844-1907).

Il est l'auteur en 1947 d'Anatomie Artistique de l'Homme, précis d'anatomie osseuse et musculaire, édité par la Librairie Maloine, ouvrage couronné par l'Académie des Beaux-Arts, mentionné fréquemment prix Thorley, mais plus vraisemblablement prix Thorlet en 1948. La préface signée par Charles Laubry, professeur à la Faculté de médecine, Membre de l'Institut et de l'Académie de Médecine, évoque son maître Mathias-Marie Duval [33]:

« Car si le penchant de ce peintre, de ce dessinateur consommé qu'est Moreaux, s'est pleinement satisfait dans la fréquentation de son amphithéâtre, il était né en réalité à l'École des Beaux-Arts. Un autre que moi le lui avait inculqué : j'ai nommé Mathias Duval dans l'admiration duquel nous avons tous deux communié. »

 Charles Laubry

Cet ouvrage, le plus diffusé, intitulé Anatomie artistique de l’homme, a fait l’objet de nombreuses rééditions au XXᵉ siècle, notamment par les éditions Maloine[33]. Il a été traduit en espagnol en 1981 par les éditions Norma, sous le titre Anatomía artística del hombre par le docteur Juan Sobrado Perez, alors professeur adjoint de la chaire II d’anatomie de la faculté de médecine et professeur intérimaire d’anatomie artistique de la faculté des beaux-arts de l’Université Complutense de Madrid.

Récompenses

Lauréat de l'Institut, et lauréat de l'École des Beaux-Arts, pour ses travaux en Anatomie artistique.

  • 1894 : médailles en anatomie et en perspective, prix supérieur de perspective Fortin d'Ivry[10].
  • 1900 : 6ᵉ prix de la Fondation Chenavard, fondé en 1883, prix supérieur d'anatomie Huguier[10],[34],[35].
  • 1901 : 2ᵉ seconde médaille au Concours de composition décorative[10].
  • 1903 : mention honorable au Salon des Artistes Français, pour la Légende de Saint-Martin[13].
  • 1911 : nomination comme Peintre officiel de la marine.
  • 1948 : prix Thorlet (décerné à la séance de l'Académie des beaux-arts du mercredi , pour l'ouvrage Anatomie artistique et renseigné vraisemblablement par erreur au nom de G. Moreau ?)[36],[37].
  • 1957 : prix Thérèse Aubin-Mounier.

Sélection de livres illustrés

Comme illustrateur

  • (de) Käthe Schirmacher (ill. Arnould Moreaux et F. Marks), Paris !, A. Schall, Berlin,1900, 364 p[38].
  • Paul Hervieu (ill. Arnould Moreaux, Léonce Burret), L'Énigme et Théroigne de Méricourt , Paris, Arthème Fayard, Modern-Théatre, sd, 104 p[22].
  • Paul Hervieu (ill. Arnould Moreaux), Le Dédale et Modestie, Paris, Arthème Fayard, Modern-Théatre, sd, 96 p.
  • Lectures pour tous : revue universelle et populaire illustrée, Hachette, (A13,N1) - (A13,N7). Comprend notamment :
  • Théophile Moreux (ill. attribué à Arnould Moreaux), Les reportages extraordinaires de Julius Snow : le miroir sombre ; l'énigme martienne, Paris, P. Lethielleux, 1911[24],[39],[40].
  • Lecture pour tous : revue universelle et populaire illustrée, Hachette, (A14,N7) - (A14,N11). Comprend notamment :

Comme illustrateur en anatomie

  • André Hovelacque, Olivier Monod, Henri Evrard (ill. Arnould Moreaux), Treize Coupes horizontales du thorax, Paris, Maloine, 1938[41],[42].

Comme auteur

  • Arnould Moreaux, Anatomie Artistique de l'Homme, précis d'anatomie osseuse et musculaire, Maloine, 1ᵉ édition, 1947, 367 p[33].

Œuvres répertoriées

Illustrations

  • Les Barbares. Nouvel opéra de M. Camille Saint-Saëns (Acte II, scène V). Les barbares vont envahir les arènes d'Orange où les Vestales se sont réfugiées : illustration publiée dans un article intitulé "Autour des Premières", (ill. Arn. Moreaux, Émile Vidal) ; impression photomécanique[43].

Peintures et autres travaux artistiques

De l’illustration à l’innovation industrielle

Notes et références

Annexes

Related Articles

Wikiwand AI