: Jean Casimir-Perier renoue le dialogue avec l’Église: interpellé sur sa politique religieuse à l’Assemblée, le chef du gouvernement fait savoir que les relations entre l’Église et la République doivent être régies dans un «esprit nouveau»[7].
: le cabinet Casimir-Perier tombe[7] sur une interpellation du socialiste Millerand et du monarchiste Ramel à propos du refus de donner aux cheminots de l’État le droit de se syndiquer.
: vote de la troisième des «lois scélérates» contre les anarchistes. Les groupes anarchistes sont considérés comme criminels et interdits de propagande[16].
: procès des Trente; dix-neuf théoriciens et propagandistes anarchistes et onze voleurs comparaissent devant la cour d'assises de la Seine pour association de malfaiteurs; trois sont condamnés, Ortiz à quinze ans de travaux forcés, Chiericotti à huit ans, Orsini Bertani à six mois de prison pour port d'arme prohibée, tous les autres sont acquittés[4].
L'exécution de Caserio, Le Progrès illustré, 20 août 1894.
17-: le congrès de 1a Fédération des syndicats à Nantes adopte le principe de la grève générale[19].
20-: début de l’affaire Dreyfus, militaire français soupçonné d’espionnage au profit de l’Allemagne[20]. Hubert-Joseph Henry, commandant de la section de la statistique du Grand État-Major, se trouve en possession d’un bordereau non signé, contenant une liste de secrets militaires et adressé à l’attaché militaire allemand en poste à Paris, le lieutenant-colonel Maximilian von Schwartzkoppen[21].
Photographie du recto du bordereau de l’affaire Dreyfus.
: les services de renseignement français attribuent au capitaine Alfred Dreyfus la paternité d'un «bordereau» adressé à l'ambassade d'Allemagne. Le l'expert en graphologie Alfred Gobert, sollicité pour analyser ce bordereau et le comparer avec l'écriture de Dreyfus rend des conclusions qui disculpent le capitaine Dreyfus; Alphonse Bertillon, chef du service d'identité judiciaire, chargé aussi d'un premier examen, formule des conclusions contraires[22].
: arrestation du capitaine Dreyfus sur ordre du commandant Mercier du Paty de Clam, à la suite d’une expertise en écriture[20].
21-: révolte anarchiste au bagne des Îles du Salut[23]; onze déportés sont tués lors de la répression[4].
: Jules Meline fait adopter une loi garantissant le financement des paysans français par la création de caisses locales de crédit agricole pour drainer et orienter l'épargne vers l'agriculture. Cette loi sera complétée par la loi de 1897 autorisant la banque de France à prêter directement aux caisses locales[24].
: ouverture à huis clos du premier procès Dreyfus[20].
Le «diagramme de Bertillon», par lequel Alphonse Bertillon tente de démontrer la culpabilité de Dreyfus devant le Conseil de Guerre le 21 décembre.
: au vu de nouveaux documents (en fait des faux), Dreyfus est déclaré coupable d’espionnage au profit de l’Allemagne et condamné à la déportation à perpétuité dans une enceinte fortifiée après la découverte de fuites à l’état-major[20]. L’affaire Dreyfus divise profondément le pays entre dreyfusards et antidreyfusards. Ces derniers sont soutenus par une presse antisémite très virulente. Les implications sont très importantes: instabilité politique et affaiblissement de la position de la France en Europe.
↑Lyon 1894: la Fête s’invite à l’Expo!, Florence Vidal, Mémoire de master "Histoire, histoire de l’art et archéologie", Université Lyon II, septembre 2010
↑François Michel et Jacques Serre, La campagne du Dahomey, 1893-1894: la reddition de Béhanzin: correspondance d'un commissaire des colonies, Harmattan, , 147p. (ISBN978-2-7475-1478-1, présentation en ligne)
↑Thierry Vareilles, Histoire d'attentats politiques: De l'an 44 avant Jésus-Christ à nos jours: Anarchisme, assassinats, attentats, complots, magnicides, régicides, terrorisme et tyrannicides, Éditions L'Harmattan, , 234p. (ISBN978-2-296-42217-9, présentation en ligne)
↑Charles Bonnier, Gilles Candar et Madeleine Rebérioux, Les Souvenirs de Charles Bonnier: Un intellectuel socialiste européen à la belle époque, Presses universitaires du Septentrion, , 279p. (ISBN978-2-85939-634-3, présentation en ligne)
↑Marie-Pierre Ballarin et Françoise Raison-Jourde, Les reliques royales à Madagascar: source de légitimation et enjeu de pouvoir, XVIIIe – XXesiècles, Karthala Éditions, , 470p. (ISBN978-2-84586-065-0, présentation en ligne)