Arthur Si-Bita
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Arthur Si-Bita, fils de Lucienne Bissa To'olo et de Paul Bita, est né en 1948 à San Melina et mort le à Yaoundé, est un réalisateur et scénariste du cinéma camerounais. Son père a exploité une salle de cinéma à Lolodorf avant sa naissance, ce qui a sans doute contribué à susciter sa vocation pour le cinéma. Jeune enfant, il réalisait des petits spectacles de Théâtre d'ombres pour les autres enfant de la famille.
Arthur Si-Bita est diplômé en lettres modernes et théâtre. Il a fait ses études secondaires au collège évangélique de Libamba jusqu'à la terminale. Il y a pratiqué le théâtre en amateur. Puis a obtenu une licence et un doctorat en lettres modernes à l'université de Yaoundé. Il a ensuite enseigné dans sa jeunesse 4 ans au collège de Libamba comme professeur de français et a occupé le poste de censeur avant de tourner ses premiers films en Super 8. Il a été également professeur de cinéma à l'université de Yaoundé et a occupé un poste de chef de service au ministère de la culture à Yaoundé. Il a été également critique de cinéma. En , il a reçu la médaille de Chevalier de l'ordre de la valeur décerné par le ministre des Arts et de la culture, Narcisse Mouelle Kombi.
À la suite d'un malaise, il décède le à Yaoundé au cours du Festival national des arts et de la culture (Fenac)[1].
Arthur Si-Bita est considéré comme l'un des pionniers du cinéma professionnel camerounais[réf. nécessaire].
Les Coopérants
Il est connu pour avoir réalisé le long métrage Les Coopérants (The Co-operators) en 1983[2]. Ce long métrage, son film le plus connu, a été tourné majoritairement à Tchangue (près d'Ebolowa) dans le département du Sud du Cameroun. L'ensemble du staff technique (cameraman Rafi Toumayan, directeur de la photographie Roland Toumayan, montage Martine Kalfon, ...) venait de France tandis que les acteurs tous déjà connus et issus du monde de la chanson ou du théâtre (Gérard Essomba, Marthe Zambo, Tokoto Ashanti, Malou Zogo, David Endéné, Georges Anderson, Anne-Marie Nzié, Tadié Tuéné, Daniel Ndo, Essindi Mindja, Stanislas Awana ...) étaient camerounais.
Dans la mouvance de la « révolution verte »[3], le film raconte l'histoire de sept étudiants, en vacances, qui partent découvrir la vie d'un petit village de la forêt abandonnant le confort de la vie moderne. Gérard Essomba y joue le rôle d'un potentat local, ancien fonctionnaire, qui arrache les terres des paysans, investit, devient tout puissant, avant, à la fin du film d'être arrêté par la police. Les Coopérants explore les thématiques du retour aux sources, de la corruption et du tribalisme. Arthur Si Bita recevra, pour ce film, 135 millions de l'Etat camerounais à travers le Fodic, et 20 millions de la coopération française, faisant de ce film de 110 min tourné en 35 mm le plus cher du cinéma camerounais[3].
Le film a été primé au Festival panafricain du cinéma de Ouagadougou 1985 avec le prix de la meilleure musique (Pierre Akendengué, musicien gabonais). Les Coopérants rencontra un grand succès populaire au Cameroun et est encore considéré de nos jours comme une œuvre fondatrice du cinéma camerounais, à la fois drôle, lucide et politiquement subtile.
Filmographie
- Les enfants de l'écran (court métrage) (1975)
- La semaine culturelle du 20 mai 1978 (1978)
- La Voix du poète au Mont Cameroun (1978)
- Maîtres et disciples (1978)
- La Guitare brisée (1979)
- No Time to Say Goodbye (1981)
- Les Coopérants (1983)
- Black Jesus (1983)
- La Saga des Lions (1990)
- Les voyageurs professionnels (2004)