Arys-Rostken
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| Arys-Rostken(Einsatzhafen) Lotnisko Orzysz Rostki | ||||||||||
| Localisation | ||||||||||
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| Ville | Orzysz | |||||||||
| Coordonnées | 53° 42′ 31″ nord, 21° 54′ 14″ est | |||||||||
| Altitude | 118 m (387 ft) | |||||||||
| Histoire | ||||||||||
| Ouverture | 1938 | |||||||||
| Fermeture | 1991 | |||||||||
| Informations aéronautiques | ||||||||||
| Type d'aéroport | militaire | |||||||||
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| Géolocalisation sur la carte : Pologne
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L’aérodrome militaire allemand d'Arys-Rostken en province de Prusse-Orientale servit de terrain de campagne pour les chasseurs de la Luftwaffe (Einsatzhafen Arys-Rostken[1]) lors de l'attaque de la Pologne par le IIIe Reich le . Situé à 175 km au NNE de Varsovie, il est aujourd'hui désigné sous l'appellation Lotnisko (aéroport) Orzysz Rostki (ou Pisz-Rotski)[2] et se situe sur la commune d'Orzysz du powiat de Pisz, Varmie-Mazurie, dans le nord-est de la Pologne.
La ville allemande d'Arys se situait en Mazurie en province de Prusse-Orientale, dans le district de Gumbinnen, sur une route commerciale importante de Rastenburg (Kętrzyn) à Varsovie en passant par Eckersberg (Okartowo) dans l'arrondissement de Johannisburg (Pisz).
Plus petite ville de Mazurie (1320 habitants à la fin du XIXe siècle), Arys connut une réelle impulsion économique lorsque l'armée prussienne décida à partir de 1891 d'y installer des troupes en garnison, transformant les alentours au sud de la localité en zone d'entraînement militaire[3], rapidement la plus importante de Prusse-Orientale. Avec l'arrivée du chemin de fer en 1905 et la possibilité de transporter de l'armement lourd, l'importance de cette zone militaire ne fit qu'augmenter. Elle était désormais disponible comme camp d'entraînement et de manœuvres pour des garnisons plus lointaines comme celle de Königsberg (Kaliningrad), la capitale de Prusse-Orientale par exemple.
La Première Guerre mondiale fut catastrophique pour la ville. Occupée du au par les troupes impériales russes (Arys fut le lieu d'une très violente bataille les 7 et - Bataille d'Arys (de)) puis de nouveau du au , la ville fut incendiée et dut être entièrement reconstruite.
En 1919, à la suite des dispositions du traité de Versailles et de la création de la Pologne, la population locale fut consultée par référendum pour déterminer son appartenance ou non au nouvel État voisin : majoritairement allemande, elle décida à l'unanimité son maintien à l'intérieur des frontières allemandes et accueillit dès lors les populations germanophones chassées des territoires de l'ancienne Prusse-Orientale devenus polonais (Arys recense 3 553 habitants en 1939).
Durant l'Entre-deux-guerres, les autorités municipales d'Arys décidèrent à trois reprises, le , le et le d'agrandir le camp militaire voisin en offrant à la Wehrmacht 20 000 hectares supplémentaires.
Lors du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, la Prusse-Orientale et la Mazurie en particulier ont servi de zones de concentration des troupes allemandes en vue des attaques contre la Pologne en 1939 puis contre l'Union soviétique en 1941. Le camp d'Arys a particulièrement servi à la formation et à l'organisation des unités de la Wehrmacht engagées dans ces offensives.
Dans cette optique, il fut décidé dès 1936 d'ajouter au site un aérodrome de campagne (Feldflugplatz) pour la Luftwaffe à Rostken (Rostki), à 11 km au sud de la zone militaire, au bord du lac Rosch-See (Jezorio Roś) à une trentaine de km de la frontière polonaise. Celui-ci sera utilisé en 1939 pendant la campagne de Pologne par des unités de chasseurs allemands et durant les années suivantes, comme terrain d’entraînement et de formation des pilotes allemands.
Par ailleurs, sous le régime nazi (1933-1945), le camp d'Arys fut également un terrain d'essai pour les nouveaux armements. Le site reçut ainsi la visite d'Hitler le venu s'y faire présenter le Sturmtiger, une variante du char lourd Tigre I et le Jagdpanzer VI (Jagdtiger) sous forme de maquette en bois à l'échelle. Enfin, les volontaires des unités SS flamandes et hollandaises furent également formés à Arys au cours de la Seconde Guerre mondiale.
La construction de l'aérodrome (1936-1938)
L’aérodrome de Rostken[4] (Orzysz Rostki[5]) a été construit pendant deux ans à partir de 1936 dans le plus grand secret pour devenir une des principales bases de la Luftwaffe en province de Prusse-Orientale.
Dans une région pauvre et ingrate pour l’agriculture, l’achat d’un terrain marécageux sur les bords du lac Rosch-See (aujourd'hui Jezorio Roś) a été une aubaine pour les habitants à qui on a fait croire que le futur Feldflugplatz (aérodrome de campagne) était destiné à l’aéro-club de la ville toute proche de Johannisburg[6] (Pisz).
En outre de nombreux habitants ont pu trouver un emploi dans la construction de l’aérodrome. Les travaux ont duré jusqu’en 1938. Le site a tout d’abord été drainé puis transformé en terrain d’aviation, en prévision pour la Luftwaffe de la guerre à l’Est [7].
Que cet aérodrome en apparence anodin soit une base offensive de la Luftwaffe ne devint évident pour la population locale qu'en assistant au décollage des escadrilles de Stukas et de Messerschmitt Bf 109-D le et les jours suivants contre la Pologne. Les mêmes scènes se répétèrent à partir du lors du déclenchement de l’opération Barbarossa (Unternehmen Barbarossa), l'invasion par le Troisième Reich de l'Union soviétique.