Asakusa

quartier de la ville de Tokyo, Japon From Wikipedia, the free encyclopedia

Asakusa (浅草) est un quartier historique de Tokyo situé dans l'arrondissement de Taitō, sur la rive droite de la rivière Sumida.

Faits en bref Administration, Pays ...
Asakusa
浅草
Asakusa
Le Kaminarimon (雷門?, « porte du tonnerre ») du Sensō-ji.
Administration
Pays Drapeau du Japon Japon
Ville Tokyo
Arrondissement Taitō
Géographie
Coordonnées 35° 42′ 53″ nord, 139° 47′ 48″ est
Localisation
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Asakusa
浅草
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浅草
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Véritable cœur de la « ville basse » (shitamachi), Asakusa s'est affirmé dès l'époque d'Edo comme le principal centre de divertissement et de culture populaire de la capitale nippone[1]. Le quartier est aujourd'hui l'une des destinations touristiques les plus emblématiques du Japon, célèbre pour abriter le Sensō-ji, le plus ancien temple bouddhiste de la ville[2].

Toponymie

Le nom Asakusa s'écrit avec les kanjis (浅草?). Sa signification littérale est « herbe rase » ou « herbe peu profonde », mais son origine fait l'objet de plusieurs théories historiques et linguistiques.

Étymologie des kanjis

  • (asa) : signifie « peu profond ».
  • (kusa) : signifie « herbe ».

L'interprétation la plus courante suggère que cette région était autrefois une zone humide où la végétation était clairsemée, laissant apparaître une « herbe rase »[1].

Hypothèses alternatives

Bien que la thèse de la végétation soit la plus acceptée, d'autres hypothèses existent :

  • Origine aïnou : selon le linguiste Yamada Hidezō, le nom pourrait dériver du terme atsu-akusa, signifiant « traverser la mer »[3].
  • Hypothèse religieuse : une dérive du terme tibétain asha kusha demeure des êtres saints ») est parfois évoquée en lien avec le Sensō-ji, bien que considérée comme marginale par les historiens.

Géographie et urbanisme

Morphologie urbaine et Shitamachi

Asakusa est considéré comme l'un des centres historiques de la « ville basse » (shitamachi). Son organisation spatiale suit le modèle de la Monzen-machi (ville établie devant un sanctuaire), structurée autour du temple Sensō-ji. L'axe de la Nakamise-dōri assure la liaison entre les zones commerçantes et l'espace religieux[4].

Le réseau viaire secondaire est marqué par la présence de ruelles étroites (roji), héritées de l'ancien système des nagaya (longères traditionnelles), qui contrastent avec les grands axes modernes comme la Kokusai-dōri[5].

Aménagement et gestion des risques

Situé sur une plaine alluviale à une altitude moyenne de 2 mètres au-dessus du niveau de la mer, le quartier est sujet aux risques de submersion. La municipalité de Taitō a mis en place un plan d'aménagement incluant des digues à pente douce intégrées au paysage urbain, les « Super Levees » (kyodai-teibō), qui supportent notamment le parc de Sumida[6].

L'urbanisme actuel résulte également des reconstructions consécutives au Séisme de 1923 de Kantō et aux Bombardements de Tokyo de 1945. À ce titre, Asakusa est classé en zone de prévention stricte contre l'incendie (Bōka-chiku), imposant l'usage de matériaux ininflammables pour les constructions neuves et l'élargissement de certaines voies pour servir de coupe-feu[7].

Le quartier

Asakusa est connu des touristes pour son temple bouddhiste Sensō-ji (浅草寺?), dédié à la déesse bodhisattva Kannon. Le temple avec sa pagode à cinq étages, se trouve au bout d'une grande allée commerçante : Nakamise-dōri.

Un peu excentré par rapport au reste de la ville (et surtout son centre très vivant et moderne dont Shinjuku, Shibuya et Roppongi sont les quartiers les plus représentatifs), Asakusa n'en demeure pas moins un quartier très prisé des touristes : on y trouve de nombreux hôtels, dont la plupart sont moins chers qu'ailleurs en ville, et les restaurants et petites échoppes artisanales sont nombreux.

C'est ici qu'il faut se rendre pour visiter les boutiques d'ustensiles de cuisine, fréquentées à la fois par les professionnels de la restauration et les badauds désireux de ramener un souvenir typique du Japon : céramiques, bols, baguettes, théière, verres etc. C'est également dans cette rue que se trouvent les boutiques de faux aliments en cire. Ces représentations impérissables et très réalistes sont cependant bien plus chères que leurs originaux périssables.

Sur le toit d'un gratte-ciel situé de l'autre côté du fleuve Sumida, se trouve la flamme de l'immeuble de la brasserie Asahi conçue par Philippe Starck. Bien qu'elle fût censée à l'origine représenter à la fois une bulle de bière qui s'élève et une flèche pointée vers l'avenir, les Japonais la voient en général comme une grande crotte de chien... : la ville n'a pas autorisé son positionnement vertical, considérant que l'ensemble dépassait les hauteurs autorisées de l'époque, la statue est restée ainsi couchée depuis.

Culture et traditions

Asakusa est resté très traditionnel et malgré le tourisme de plus en plus intense, le quartier conserve son patrimoine culturel sans trop le dénaturer. Ainsi, Asakusa possède un hanamachi abritant une vingtaine de geishas, mais le lieu n'est pas devenu une sorte de zoo à touristes comme dans le quartier d'Akasaka : seules les personnes désirant nouer un lien durable avec les geishas ont le droit d'entrer.

Tous les ans au mois d’août se déroule un carnaval de samba appelé Asakusa Samba Carnival (浅草サンバカーニバル, Asakusa Sanba Kānibaru?). Débuté en 1981, il est devenu l’un des plus importants festivals d’été d’Asie, comptant en 2015 4 000 participants regroupés en 18 équipes, défilant devant 500 000 spectateurs[8].

Références culturelles

Le quartier d'Asakusa est le décor, et finalement le personnage principal, du roman Chroniques d'Asakusa (en) (浅草紅団, Asakusa kurenaidan?) de Yasunari Kawabata. Il est également le cadre de l'épisode 8 de la série animée Goldorak U, Rencontre à Asakusa.

Personnalités

  • Hokusai Katsushika, célèbre peintre d'ukiyo-e, est mort dans ce quartier le  ; ses cendres ont été déposées dans un tombeau dans le temple de Seikyō-ji.
  • Takeshi Kitano, réalisateur, comédien et amuseur public, a passé une grande partie de sa jeunesse dans ce quartier. Il en fait le récit dans son livre Asakusa Kid.

Notes et références

Voir aussi

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