Une charte du cartulaire de Boulancourt, datée de 1152, donne plusieurs informations sur la famille d'Asceline. Elle est la fille aînée du défunt Herbert, dit Bergier, et d'Agnès, fille de Marguerite. Son frère Guy donne des alleux à l'église de Boulancourt; Asceline, «converse de Boulancourt et prieure», est témoin. Les auteurs traditionnels la font naître vers 1140, mais Charles-Émile Bouillevaux juge difficile qu'Asceline soit prieure à douze ans. Guy est vraisemblablement son aîné, il devient moine à Boulancourt. La famille a de nombreuses terres, surtout à Maizières et à Valentigny[1].
Le texte indique qu'Agnès est remariée à Miles de Maizières. Elle donne Asceline à Boulancourt, en plus de terrains, afin que Herbert Bergier y soit enterré pour le Salut de son âme. Une seconde charte, antérieure à 1155, confirme les donations «d'Herbert Bergier de Guy son fiis[sic] et d'Ade sa fille». Cela pourrait être un diminutif du prénom Adeline, possiblement une sœur cadette d'Asceline, ou une appellation différente de la sainte[1]. Ses neveux Roger et Bernard d'Orges, fils de Guy, sont excommuniés en 1157 par Godefroy, évêque de Langres, pour des actes de vol contre l'abbaye de Boulancourt, avant d'être réintégrés[2].
Les chroniqueurs racontent qu'un ange annonce à Agnès qu'elle va donner naissance à une fille exemplaire devant Dieu. Glossinde, abbesse de Metz, serait aussi apparue et aurait annoncé qu'Asceline lui serait «égale en mérite». Ils racontent que la petite fille a une forte dévotion, mais un penchant pour la gourmandise. Orpheline de père à cinq ans, les chroniqueurs racontent qu'Agnès demande des conseils à Bernard de Clairvaux. Ils affirment qu'elle devient religieuse à Boulancourt, mais les chartes indique un remariage; Bouillevaux suggère qu'Agnès put entrer au monastère après le décès de Miles. Lors que Gossuin de Boulancourt écrit qu’elles choisissent un jeune prêtre comme directeur de conscience, Bouillevaux l'identifie à Gossuin lui-même[3].
Un chroniqueur raconte qu'à douze ans, Asceline est harcelée par un homme plus âgé désirant coucher avec elle. Un ange, sous la forme d'un lépreux, l'aurait avertie des intentions de l'homme et de ne pas se laisser tenter. La chronique raconte encore de nombreux miracles ou qu'elle offre ses cheveux comme holocauste, signes de sa proximité et de sa piété Dieu[4].
Vie religieuse
Quand Asceline entre au couvent, une communauté existait déjà au Lieu-des-Dames et avait été rattachée à l'ordre cistercien[5]. Elle désire rencontrer Adeline, abbesse de Poulangy, que certains identifient comme sa tante. Asceline est un modèle de piété et désire rester à Poulangy, où elle se sent bien et fait des miracles, comme un exorcisme. Mais une vision de la Vierge Marie et de Jean Baptiste lui dit de retourner à Boulancourt. Après que Bernard meurt 1553, il serait apparut une dernière fois à Asceline. Les auteurs pieux rapportent sa dure discipline physique et spirituelle, tel que réciter l'entièreté du psautier quotidiennement, répétant aussi son désir d'être martyre[6].
Asceline est encore attestée comme prieure en 1184. Elle décède le à Longeville-sur-la-Laines, le vendredi après la Pentecôte très regrettée par les religieuses et les religieux de Boulancourt, ainsi que du voisinage. Renommée pour être sainte de son vivant, elle reçoit un culte immémorial par dans la région de Longeville. Elle est enterrée au Lieu-des-Dames avec bienheureuse Émeline, religieuse au couvent à la même époque[8].
Ses restes ont été placés dans la chapelle de Sainte Asceline près de l'emplacement de l'ex-abbaye (détruite en 1793), cette chapelle a été détruite puis reconstruite {https://nominis.cef.fr/contenus/saint/7948/Sainte-Asceline.html}
Après la destruction du couvent, leurs dépouilles sont déplacées à l'abbaye de Boulancourt, placées sous l'autel de la chapelle avec le bienheureux Gossuin, auteur de leurs hagiographies. Ils étaient peints sur le tombeaux, habillés en noir et blanc, partageant la gloire de Dieu. Asceline avait une palme dans la main droite et un livre ouvert dans celle de gauche. Des bulles pontificales approuvent le culte à Asceline et gardent le souvenir d'une chapelle lui étant dédiée. Elle reste un lieu de pèlerinage jusqu'à la Révolution de 1789. En 1820, Claude-François Jannot de Moncey la fait reconstruire avec la bénédiction du diocèse de Dijon[8].
Une tradition médiévale posthume la rattache à la famille de Bernard, abbé de Clairvaux, affirmant qu'elle aurait été la fille de sainte Ombeline, elle-même confondue avec Émeline. La légende de la peinture des trois saints se lisait[9]:
«In hoc sarcophago, sub altari consecrato, recondita sunt ossa Gossuini, sanctæ Emelinæ et sanctæ Ascelinæ cognatæ sancti Bernardi pi Clarewal, abbis.»
«En ce sarcophage, sous l'autel consacré, sont cachés les ossements de Gossuin, de sainte Émeline et de sainte Asceline, parente de saint Bernard de Clairvaux, abbé.»