Asiento de negros

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Asiento de Negros
Couverture anglaise de l’Asiento signé par la Grande-Bretagne et l’Espagne en 1713 dans le cadre des traités d’Utrecht mettant fin à la guerre de succession d’Espagne.
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Signataire

L’asiento de negros est un contrat de monopole par lequel la Couronne d'Espagne concédait à un particulier, à une compagnie ou à un groupe de marchands le droit de fournir des Africains réduits en esclavage aux colonies de l’Empire espagnol en Amérique.

Le terme asiento peut être traduit littéralement par « contrat », mais désigne en pratique un système de concession commerciale lié à la traite atlantique des Noirs.

L’origine du système s’explique par le fait que l’Espagne participa relativement peu, de façon directe, au commerce transatlantique des esclaves depuis les côtes africaines et préféra déléguer cette activité à des opérateurs étrangers[1],[2].

En partageant les zones d’influence atlantiques entre la Couronne de Castille et le Portugal, le traité d'Alcáçovas de 1479, a contribué à renforcer la dépendance espagnole envers les réseaux portugais implantés sur les côtes ouest-africaines[3].

Au XVIe siècle, puis au XVIIe siècle, les principaux bénéficiaires de l’asiento furent d’abord des marchands portugais et génois, avant que les Néerlandais, les Français puis les Britanniques n’occupent successivement une place importante dans ce système[3],[4]. L’asiento ne concernait pas le Brésil ni les colonies françaises ou britanniques de la Caraïbe, mais uniquement les possessions espagnoles d’Amérique[1].

L’asiento britannique

L’épisode le plus connu est celui de l’asiento accordé à la Grande-Bretagne en 1713 dans le cadre du traité d'Utrecht, à l’issue de la guerre de Succession d'Espagne[5],[6]. Ce contrat fut confié à la South Sea Company, qui reçut le droit d’introduire chaque année un contingent déterminé de captifs africains dans les colonies espagnoles[5],[7].

Au-delà de son aspect commercial, l’asiento s’inscrivait aussi dans les rapports diplomatiques, financiers et géopolitiques entre les puissances européennes. Il servait à la fois d’outil de financement monarchique, de mécanisme de redistribution des profits commerciaux et de levier politique dans les négociations internationales[1],[6].

Fonctionnement

Le titulaire de l’asiento s’engageait à livrer un nombre défini de personnes réduites en esclavage dans les ports de l’Amérique espagnole, selon des modalités fixées par contrat[5],[2]. Ces contrats prévoyaient généralement des obligations fiscales, des clauses de contrôle et des limitations territoriales, la Couronne espagnole cherchant à encadrer étroitement un commerce qu’elle ne menait pourtant pas elle-même à grande échelle[6],[1].

Dans la pratique, l’asiento favorisa aussi la contrebande, les conflits de compétence et les fraudes, notamment dans la Caraïbe et dans les grands ports de l’empire espagnol[5],[2]. Il contribua ainsi à l’intégration de l’Amérique espagnole dans l’économie atlantique esclavagiste de l’époque moderne[3],[4].

Fin et postérité

Le système des asientos déclina progressivement au XVIIIe siècle, à mesure que l’Espagne modifia sa politique commerciale impériale et que le cadre diplomatique européen évolua[7],[1]. L’asiento occupe aujourd’hui une place importante dans l’historiographie de la traite atlantique, de l’histoire impériale espagnole et du droit international moderne[1],[3].

Notes et références

Bibliographie

Articles connexes

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