Association Sully
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L'Association Sully (1925-1939) est un ancien mouvement protestant et royaliste, proche de l'Action française.
| Fondation |
1925 |
|---|---|
| Dissolution |
1939 |
| Zone d'activité |
France |
|---|---|
| Type | |
| Objectif |
Promouvoir un royalisme protestant |
| Pays |
| Membres |
4000 à 5000 membres |
|---|---|
| Présidents | |
| Personnes clés |
Histoire
En 1925, elle est créée sous le nom d'Action protestante[1],[2],[3].
À sa fondation, elle dispose d'une section à Paris, composée du colonel Franck de Latour-Dejean, un dénommé Graf, le pasteur Pierre Courthial ainsi que le pasteur Roland de Pury[3]. Ce dernier quittera le mouvement après avoir brièvement dirigé la section étudiante parisienne, en 1931[2].
Une seconde section existe à Montpellier, composée d'Hugues de Cabrol, qui se retrouvera à la tête du comité étudiant, ainsi que d'un dénommé Jourdan et que d'un certain Pierre Guiminal[3].

En 1930, l'Action Protestante prend le nom d'Association Sully[1],[2],[3].
À partir du 8 mai 1934, ses membres participent, à Paris, au défilé de la fête nationale de Jeanne d'Arc et du patriotisme aux côtés des protestants de La Cause ainsi que, notamment, des militants de l'Action française ou encore des Croix-de-Feu[1].
Dès 1935, est organisé un pèlerinage annuel au château de Sully-sur-Loire[1],[4].
En 1939, l'Association Sully disparaît[4].

Idéologie
Les militants de l'Association Sully, sont partisans d'un royalisme ultra et légitimiste[1]. Elle est nommée ainsi en hommage à Maximilien de Béthune, duc de Sully et ministre de Henry IV[1],[2],[4].
À la suite de la condamnation de l'Action française par le pape Pie XI, en 1926, cette dernière s'ouvre aux non catholiques, dès lors, certains militants appartiennent aux deux mouvements[5]. Dans son ouvrage Les protestants et la République, de 1870 à nos jours, l'historien Patrick Cabanel la qualifie de « petite cousine germaine de l'Action française »[1].
En 1930, elle publie l'ouvrage, Ce que pourra être la royauté restaurée, d'Eugène Kuhlmann[6].
En 1932, la section du Bas-Languedoc, publie l'ouvrage, L'Association Sully, sa doctrine, son but, ses réponses à quelques objections, d'Alfred-Henry Chaber[7].
Organisation

Dans son article Ier l'Association Sully affirme ne pas être un parti politique ni une association religieuse mais une « union patriotique »[3],[8].
Elle est une petite structure bien qu'elle atteigne, entre les 4 000 et 5 000 membres[1],[2]. D'après l'historien André Encrevé, le culte protestant est, durant les années 1930, estimé comme la religion d'environ 800 000 français, soit 1,9% de la population[9]. À la même époque, les effectifs de l'Action française son, selon l'historien Pierre Nora, estimés entre 60 000 et 70 000 militants[10].
L'Association Sully est coprésidée par l'homme d'affaires, Eugène Kühlmann, alsacien de confession réformée, ainsi que par deux parisiens, originaires du Gard, Franck de Latour-Dejean et Louis de Seynes, frère d’Étienne de Seynes[1],[2].
Sociologiquement, elle est principalement composée d'enseignants, d'étudiants[1],[2], de petits-bourgeois et de membres de la petite noblesse[1],[2],[3].
De nouvelles sections s'implantent à Mulhouse, Strasbourg, Lyon, Nîmes, Toulouse, Le Havre et Rouen[1],[2], elle est toutefois quasi inexistante au sein de la France rurale[1],[2],[3].
Le Bulletin du Groupe du Bas Languedoc de l'association Sully
Son plus grand journal, Bulletin du Groupe du Bas Languedoc de l'association Sully, publie son premier numéro le 15 décembre 1933[4],[11].
Il atteindra les deux mille abonnés[1],[2],[11] avec un tirage moyen de cinq mille exemplaires[1],[11]. L'édition de Montpellier est dirigé par Alfred-Henri Chaber et celle de Nîmes par Pierre Delpuech[11],[12]. Ses principaux rédacteurs sont Noël Vesper[1],[2],[4],[11] et l'avocat Gaston Mercier[1],[4],[11].
En 1937, le bulletin est renommé Sully[4],[11] et prend une envergure nationale[11]. Il disparaît en même temps que l’association en 1939.
D' à août 1944 il est recréé de manière indépendante par Noël Vesper. Il opte alors pour une position collaborationniste[4],[11].
Personnalités
Elle comptera aussi dans ses rangs les pasteurs Auguste Lecerf, Noël Vesper[13],[1],[2],[3], Jacques de Missècle, Ernest Langereau, Louis Dupin de Saint-André, Roland Jeanneret[3] et Henri Boegner, frère de Marc Boegner[1],[2],[3]. On trouve aussi le général Abel Clément-Grandcourt, Roger Boutitie, Philippe Secrétan et Amaury de Seynes[3]. Le Vosgien d'adoption Louis Jeanmaire, cadre d'une entreprise du textile, les Ets Laederich, ancien président de la section spinalienne de l'AF de décembre 1933 à 1936, se présente en 1936 comme le président du groupe des Vosges de l'association Sully dans un courrier adressé à Charles Maurras publié par L'Action française[14].

Louis de Seynes
Louis de Seynes, né le 14 décembre 1867 à Montpellier et mort le 28 février 1941 à Saint-Félix-de-Pallières, est un ingénieur agronome et un industriel français[15]. De confession protestante et issu d'une grande famille bourgeoise et royaliste[16], Louis de Seynes est diplômé de l'Institut National Agronomique et du laboratoire Central d'Electricité de Paris[17]. En 1893, il fonde les usines de la Société d'électrochimie à Saint-Michel-de-Maurienne. En 1898 et 1899, il entre successivement au conseil d'administration de la Compagnie française du bi-métal et de la Compagnie des mines fonderies et forges d'Alais[17],[18],[19]. Louis de Seynes poursuit une longue activité d'industriel à la tête d'entreprises orientées dans les domaines des produits chimiques et de la métallurgie. Il est co-président de l'Association Sully avec l'industriel de Colmar Eugène Külmann et le colonel de Latour-Dejean, aristocrate parisien[20]. Son frère Etienne de Seynes est député du Gard de 1919 à 1924 et côtoie l'Action française au sein des indépendants de droite à l'Assemblée nationale. Le 20 octobre 1911, il est décoré Chevalier de la Légion d'honneur[17].
Les Sullystes après Sully
Le Cercle Fustel de Coulanges, fondé par Henri Boegner, partiellement impliqué dans la collaboration, réunit de nombreux membres de l'Association Sully[1],[2]. Le pasteur Noël Vesper, quant à lui, est exécuté sommairement à la Libération par les F.T.P., avec son épouse, à Buoux, le , car tous deux sont connus pour leurs sympathies collaborationnistes et antisémites[21],[22].
Toutefois, Auguste Lecerf rejoint la résistance[23], tout comme Roland de Pury[24].
L'Union des Protestants Monarchistes est fondée en 1946 et disparait dans le courant des années 1950. Elle compte parmi ses membres plusieurs anciens membres de l'Association Sully, à savoir, Philippe Secrétan, Amaury de Seynes et Roger Boutitie[25].
Avis et critiques
Le pasteur royaliste Jean-Marc Daumas qualifie l'Association Sully de trop « doctrinaire » en comparaison à l'Union des protestants monarchistes, qui lui succédera, dans l'après guerre[26].
L'historien André Encrevé considère l'idéologie du mouvement comme contradictoire. Rappelant que, dans l'entre-deux-guerres, une immense majorité des protestants étaient de gauche mais aussi que le plus important des mouvements royalistes, l'Action française, est profondément anti-protestant[8].
Publications
- Jacques De Missècle, Les Huguenots et la monarchie au XVIe siècle
- Marthe Nougier, Les Protestants et le roi au XVIIIe siècle
- Étienne de Seynes, Protestantisme et Monarchie au XIXe siècle
- Noël Vesper, Protestantisme ou Démocratie
- Eugène Kühlmann, Ce que pourra être la royauté restaurée[6]