Association des femmes affectées par des stérilisations forcées

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Fondation
8 février 2016
Sigle
AMPAEF
Type
Association de femmes
Objet social
Recherche de vérité, justice et réparation pour les femmes victimes de stérilisation forcée
Association des femmes affectées par des stérilisations forcées
Asociación de Mujeres Afectadas por Esterilizaciones Forzadas
Femme arborant le message « Nous sommes les filles des paysannes que tu n'as pas pu stériliser ».
Histoire
Fondation
8 février 2016
Cadre
Sigle
AMPAEF
Type
Association de femmes
Objet social
Recherche de vérité, justice et réparation pour les femmes victimes de stérilisation forcée
Pays
Organisation
Site web

L'Association des femmes affectées par des stérilisations forcées (en espagnol : Asociación de Mujeres Afectadas por Esterilizaciones Forzadas ; AMPAEF) est une organisation péruvienne qui représente les femmes victimes de stérilisation forcée dans plusieurs provinces du Pérou, sous le deuxième gouvernement du président Alberto Fujimori, entre 1995 et 2001[1].

Contexte

Au Pérou, pendant les périodes de gouvernement d'Alberto Fujimori (1990-2000), un plan gouvernemental de santé publique, le Programme national de santé reproductive et de planification familiale est promulgué par le gouvernement afin d'autoriser la stérilisation forcée des femmes en situation de pauvreté ayant plus d'un enfant, spécialement dans les zones rurales et parmi les communautés indigènes. Il concernait l'ensemble du Pérou, pour les femmes entre 20 et 30 ans. Ces interventions chirurgicales ont été réalisées sans consentement ni information, et souvent en ayant recours à des tromperies, des menaces et des intimidations. Les victimes, en conséquence, ont subi la discrimination de la part de leur famille et de leur communauté, et ont gardé des séquelles physiques et psychologiques. Il y a même eu des morts, comme celle de María Mamérita Mestanza Chávez, dont le cas a été porté devant la Commission Interaméricaine des droits de l'homme (CIDH)[2].

Fondation

L'Association des femmes affectées par des stérilisations forcées (AMPAEF) est créée à Lima le et a, dès ses débuts, cherché vérité, justice et réparation pour les victimes de stérilisations forcées entre 1996 et 2000. L'association résulte en fait de l'union d'organisations représentant les victimes de différentes provinces, des associations de Cuzco, de la province de Huancabamba, de Piura, Junín, Ayacucho, Cajamarca, Huancavelica, San Martín, Lima et Callao.

Lors de la réunion constituante de l'association, les femmes réunies conviennent :

  • De former une association au champ d'action national, appelée l'Association de femmes péruviennes victimes de stérilisations forcées.
  • La nomination d'un comité directeur, composé de la présidente Rute Zúñiga Cáceres, de la vice-présidente Esperanza Huayama Aguirre, ainsi que de Herlinda Zurita, Maximiliana Quillahuaman, Demetria Molina, et Maruja Alberca Peña.
  • De remettre un mémoire au ministère public et de mener une action publique de protestation contre le report du délai de jugement sollicité par le ministère public[3].

Depuis le début, l'association a dû faire face à des problèmes qui vont de la négation des faits à l'impossibilité de présenter les plaintes auprès des autorités locales. Le travail de l'association a permis d'obtenir des soutiens pour exiger la justice pour les plus de 300 000 victimes[4].

Objectifs

L'AMPAEF réclame et compte obtenir une politique de mémoire et de dignité qui reconnaisse ce qui est arrivé, au niveau personnel, familial et communautaire[5]. Elles revendiquent le droit à savoir. Leurs objectifs sont les suivants :

  • La vérité. Qu'est-ce qui s'est passé? Comment cela s'est-il passé? Qui ont été les responsables?
  • La justice pour en finir avec l'impunité des agresseurs, qu'ils soient jugés et punis pour la violation des droits humains.
  • Les réparations intégrales à toutes les victimes, moyennant la restitution de leur intégrité physique lorsque c'est possible, l'indemnisation, la reconnaissance des faits et du dommage produit, afin que de tels faits ne puissent se répéter.
  • Que le gouvernement actuel du Pérou réponde aux demandes de paiement, par l'État, de réparations aux victimes.
  • Conserver le soutien de la défense publique.
  • Réaliser la traduction en quechua et permettre l'accès aux médias virtuels.
  • Continuer à lutter pour que la voix des femmes affectées soit écoutée et que les faits ne soient pas oubliés.

Registre des victimes

En 2015, est créé le Registre des victimes de stérilisation forcée (REVIESFO).

« Les personnes inscrites sur le REVIESFO font partie de l'univers des personnes qui se considèrent victimes de stérilisation forcée. Elles peuvent accéder à un conseil et un soutien légal gratuit aux frais de la défense publique; bénéficier de soins de santé intégraux préférentiels à travers le Système Intégral de Santé, et obtenir un soutien psychologique et une assistance sociale dans les Centres d'Urgence pour les Femmes du Ministère. »

Toutefois, il n'est pas nécessaire d'être inscrit pour recevoir le soutien d'une défense publique[5],[6].

Procédures judiciaires

En 2000, une première recherche est menée. Elle conclut que plus de 300 000 stérilisations avaient été opérées sur des femmes et 22 000 sur des hommes. La première plainte est déposée en 2003.

En 2018, sous le gouvernement de Martín Vizcarra, la plainte est présentée devant le pouvoir judiciaire et 182 preuves à conviction sont soumises. Le pouvoir judiciaire étudie les dossiers durant 3 ans.

Pendant 16 années d'enquête au Ministère public de la Nation, l'affaire est archivée cinq fois et rouverte cinq fois.

Le , l'enquête judiciaire est déclarée ouverte, le juge Rafael Martínez a donné le feu vert au procès contre l'ex-président Alberto Fujimori. À ce moment, le dossier contient 1 320 cas, sur les 300 000, et un deuxième dossier est en attente de procéder. Le registre compte 8 000 témoignages de victimes[7].

Le procès a lieu pour délit contre le corps et la santé, aux conséquences mortelles dans certains cas, et il implique les ex-ministres de la Santé du gouvernement Fujimori Alejandro Aguinaga, Marino Costa et Eduardo Yong, ainsi que des fonctionnaires de rang inférieur[8].

La continuation du procès est cependant menacée par une loi d'amnistie pour les responsables de crimes commis entre 1980 et 2000 par les forces armées, la police et les comités d'autodéfense, votée par la présidente Dina Boluarte en . Elle fait craindre aux femmes victimes de stérilisations forcées le retour de l'impunité. L'ONU a immédiatement condamné cette loi, de même que des organisations pour les droits de l'homme, comme Human Rights Watch[9],[10].

Références

Bibliographie

Liens externes

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