Elle est fondée à l'initiative de quatre personnes — une étudiante en médecine, une enseignante en sciences naturelles, un avocat et un professeur d'éducation physique — le , peu après la révolution, et compte une cinquantaine de membres quatre mois plus tard[1]. Elle s'engage à défendre les droits des minorités religieuses, culturelles, ethniques, sexuelles, physiques et sociales, en militant pour l'adoption d'un texte constitutionnel les garantissant[1], mais aussi à développer et enraciner les valeurs de la diversité dans la société tunisienne[2].
En , après l'arrestation du chef du Parti libéral tunisien pour pratique de la sodomie, l'ATSM appelle à la dépénalisation de cette pratique sexuelle et à revoir le texte juridique qui lui est relatif[6]. En de la même année, l'ATSM porte plainte contre enseigne Carrefour qui avait publié une photo de joueurs de l'équipe de Tunisie de football distribuant des bananes à de jeunes sierra léonais[7]. En , sa présidente, Yamina Thabet, annonce avoir reçu une menace de mort à la suite de la publication de faits sur la cohabitation entre musulmans et Juifs en Tunisie[8]. En décembre, l'association parraine avec la Fondation pour la compréhension ethnique basée à New York une conférence sur la Shoah en Tunisie, une première dans un pays arabe, rassemblant historiens, chercheurs et écrivains[9].
En , à l'occasion du 168eanniversaire de l'abolition de l'esclavage en Tunisie, l'ATSM lance une vidéo de sensibilisation contre le racisme à l'égard des Tunisiens noirs, sous le slogan «L'esclavage a été aboli mais le racisme est toujours là»[10].
Dans le même temps, l'ATSM dénonce l'exclusion des minorités dans la nouvelle Constitution, notamment l'article 74 qui stipule que seul un musulman peut se porter candidat à la présidence de la République et l'article 39 sur l'enracinement de l'identité arabo-musulmane dans l'éducation, proposant de le remplacer par l'enracinement de l'identité tunisienne[11].
L'ATSM appelle en 2016 à l'abrogation de la circulaire du qui interdit le mariage des Tunisiennes musulmanes avec des non-musulmans[13].
Notes et références
12Stéphanie Pouessel, «Les marges renaissantes: Amazigh, Juif, Noir, ce que la révolution a changé dans ce «petit pays homogène par excellence» qu'est la Tunisie», L'Année du Maghreb, noVIII, , p.143-160 (ISSN1952-8108, lire en ligne, consulté le ).