Asturias (œuvre musicale)
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Asturias est une œuvre musicale du compositeur espagnol Isaac Albéniz. Écrite à l’origine pour le piano, en sol mineur, elle a été publiée pour la première fois en 1892, à Barcelone, par Juan Bautista Pujol, en tant que prélude à une série de trois mouvements intitulée Chants d'Espagne. En 1911, elle a été publiée avec en sous-titre Leyenda[1].
Asturias a été composée dans les années 1890, époque à laquelle Albéniz résidait à Londres. En dépit de son nom, son thème n’entretient aucun rapport avec la tradition musicale des Asturies, étant bien plutôt lié au flamenco andalou[2]. Lors de sa publication par Pujol à Barcelone en 1892, Albéniz en fait le prélude d’une suite de morceaux intitulée Chants d'Espagne. Par la suite, elle devient le cinquième mouvement de la Suite espagnole. Après la mort du compositeur, elle est publiée sous son titre actuel, auquel l’éditeur allemand Hofmeister ajoute en 1911 le sous-titre de Leyenda[3].
Structure et analyse
L'œuvre se caractérise par la délicate et complexe mélodie de sa partie médiane et ses changements de rythme dynamiques et brusques. Marquée par la virtuosité au piano d'Albéniz (influencé par Franz Liszt) et les formes de l'école nationale espagnole, Asturias commence avec un Allegro ma non troppo qui évoque le style flamenco et se base sur la répétition du thème principal. À partir du pianissimo initial, le rythme va en s’accélérant jusqu'à se fondre dans une diminution graduelle. La deuxième partie est une copla de caractère tranquille, avant un final qui retrouve brusquement le tempo du début[2].

Adaptation pour la guitare
Le morceau est devenu une pièce emblématique du répertoire de guitare classique[1],[2],[4]. Les premières transcriptions pour guitare d’œuvres pour piano d’Albéniz ont été faites du vivant même du compositeur, notamment par Francisco Tárrega et son élève Miguel Llobet. S’agissant d’Asturias, le premier arrangement est probablement dû, selon le guitariste Stephen Yates, à Severino García Fortea, mais l’interprétation la plus fameuse et la plus souvent reprise est celle d'Andrés Segovia, qui la joue en récital dès 1924, l’enregistre sur disque en 1953 et la publie trois ans plus tard[5],[6].
Dans la culture populaire
L’œuvre a servi d'inspiration à des musiciens de divers genres pour créer leurs propres versions[7]. Tant les adaptations que les interprétations du morceau original ont été intégrées aux bandes sonores de films, de programmes de télévision ou de jeux vidéos[8].
Adaptations
- 1968 – Spanish Caravan, chanson de l'album Waiting for the Sun des Doors, utilise des extraits de l’œuvre[9].
- 1983 – To Tame a Land, chanson de l'album Piece of Mind d'Iron Maiden, en inclut un extrait[10].
- 1993 – Right in the Night (Fall in Love With Music), chanson du groupe Jam & Spoon avec Plavka, comprend une version du thème principal[7].
- 2007 – Le , au palais de l'Élysée, l’orchestre de la Garde républicaine interprète l’œuvre à l’occasion de l’investiture comme président de la République française de Nicolas Sarkozy, alors époux de Cécilia Ciganer-Albéniz, une arrière-petite-fille du compositeur[11].
- 2015 – Le violoniste et altiste Marco Misciagna publie un arrangement de l’œuvre pour alto solo[12].
- 2019 – Middle of the Night, chanson d’Elley Duhé (en), en utilise également le thème principal[7].
Inclusion dans des bandes sonores
Paratrooper (1982), jeu vidéo pour MS-DOS, démarre sur le thème principal de l’œuvre[13].
Parmi les films dans la bande sonore desquels le morceau est présent figurent aussi bien Les Patriotes d’Éric Rochant (1994) ou Mirrors d’Alexandre Aja et Vicky Cristina Barcelona de Woody Allen (tous deux sortis en 2008) qu’Un château en Italie de Valeria Bruni Tedeschi (2013) ou Anatomie d'une chute de Justine Triet (2023)[8]. Dans ce dernier, l'œuvre est opposée au Prélude no 4 en mi mineur de Frédéric Chopin[14].