Ateliers Mommen
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| Origine du nom |
Félix Mommen (d) |
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Félix Mommen (d) |
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| Événement clé |
Construction (- |
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Les Ateliers Mommen (aussi connus comme la Cité Mommen et anciennement les Établissements Mommen) sont un complexe bâti au XIXe siècle situé à Saint-Josse-ten-Noode (Bruxelles) ; il comprenait une usine, un magasin de vente, en gros et au détail, de matériel pour artistes, un atelier d'artistes et un espace d'exposition.
C'est la plus ancienne cité d'artistes en activité à Bruxelles.
Les bâtiments de style éclectique sont édifiés entre 1874 et 1910 par les architectes Ernest Hendrickx et Henri Van Massenhove.
Historique
Félix Mommen, un ébéniste limbourgeois, se spécialise dans la production et la vente de matériaux pour les artistes d'arts visuels. La maison est fondée en 1853 et s'établit en 1873 rue de la Batterie au n° 32 avant de s'installer à Saint-Josse-ten-Noode rue de la Charité n° 37 en 1875[1].
Les constructions
Les constructions s'échelonnent entre 1874 et 1910.
En 1874, un atelier est construit au fond de la parcelle par l'architecte Ernest Hendrickx, puis un immeuble à front de rue, avec, au rez-de-chaussée le magasin de matériaux artistiques, un logement à l'étage et, vers la cour, des ateliers pour la fabrication des couleurs. Plus tard, un atelier de dorure, une forge, des magasins à bois, des écuries et un hangar pour le séchage de toiles s'y ajoutent[2]. Félix Mommen, son épouse et leurs six enfants y emménagent l'année suivante. Deux autres enfants y naîtront plus tard[3].
En 1894, l'architecte Henri van Massenhove construit, au fond du jardin, un bâtiment abritant des ateliers pour artistes, reliés à une maison néoclassique, au 26 de la rue du Marteau[2].
En 1910, l'architecte, M. Deleuve, transforme le hangar à bois en atelier de fabrication pour toiles de grandes dimensions[4].
L'ensemble des bâtiments est classé par l'arrêté royal du pour sa valeur historique et architecturale[2].
La façade, côté rue du Marteau, est de style éclectique, en briques rouges, animée de cordons et d'éléments de pierre bleue. Une porte cochère ouvre sur la cour bordée d'ateliers et le jardin[2].
Les activités commerciales
Les activités de la Maison Mommen sont diverses : entoilage, marouflage, encadrements, broyage des couleurs[2]. La Maison Mommen fabrique tous les produits qu'elle vend[3].
La maison se spécialise dans la fabrication et la préparation de toiles pour les peintures panoramiques ; elle a fourni le matériel pour les panoramas Bourbaki de Lucerne peints par Édouard Castres, du Caire pour Émile Wauters, du Congo peint en 1903 par Alfred Bastien et Paul Mathieu et de la bataille de l'Yser peint en 1922 par le même Bastien[2].
Félix Mommen meurt en 1914 : l'entreprise s'oriente vers la vente et la restauration de tableaux. Vers 1950, le nom de la société est modifié en Établissements De Wandel et la production de toiles et de couleurs est arrêtée. De Wandel se concentre sur la fabrication d'écrans de cinéma et restera active jusqu'en 1980. L'activité est limitée. Des bâtiments sont vendus. Les ateliers d'artistes continuent d'exister[2].
En 1960, l'entreprise est reprise par la famille Sabbe. Les bâtiments entourant la cour intérieure et donnant sur la rue du Marteau sont vendus à l’imprimerie Lesigne[4].
Les ateliers d'artistes
Félix Mommen était un mécène. Il offrait des logements et des ateliers à de nombreux peintres et les aidait à exposer. Des courants divers étaient représentés. Les artistes changaient fréquemment et beaucoup ne logeaient pas sur place[5]. Des artistes belges du XIXe siècle ont fréquenté les lieux : Fernand Allard l'Olivier, Léon Frédéric, Xavier Mellery, Constantin Meunier, Pierre Paulus de Châtelet, Jean-François Portaels, Eugène Verboeckhoven, Alfred Verwée, Émile Wauters, Rik Wouters, Félicien Rops, Henri Evenepoel, Théo Van Rysselberghe. L'écrivain Émile Verhaeren y a séjourné. Les établissements Mommen sont devenus le lieu de rencontre du tout Bruxelles artistique et littéraire[2].
Les Ateliers Mommen, de par ses installations d'exposition, était un véritable lieu de rencontre pour artistes et offraient également d'autres services comme un dépôt pour le stockage d'œuvres d'art, un service professionnel d'emballage d'œuvres d'art à domicile et leur transport pour des expositions.[réf. nécessaire]
Les archives des Établissements Mommen sont déposées au Musée Charlier à Saint-Josse-ten-Noode.
De nombreux artistes fréquentant les Ateliers Mommen se fournissaient également en produits complémentaires auprès de la papeterie Ballieu située au numéro 13 de la chaussée de Louvain toute proche.[réf. nécessaire]
Évolution contemporaine
À partir de 1988, l'avenir des ateliers Mommen est en question. La commune de Saint-Josse-ten-Noorde veut préserver le patrimoine architectural et historique, le promoteur veut attirer un public bourgeois dans les ateliers, d'autres s'opposent à ce financement[4].
En 1988, un promoteur immobilier crée le Centre Mommen S.A. qui reprend les ateliers avec les bâtiments de l’ancienne imprimerie Lesigne. Il demande une autorisation d'y construire des bureaux et des espaces commerciaux, en maintenant et rénovant les ateliers et habitations d’artistes. Le projet suscite l'opposition des riverains. Entre 1992 et 2001, des immeubles de bureaux sont tout de même construits et l’extérieur des ateliers rénovés[3].
En 2003, le Centre Mommen S.A. propose de céder les ateliers. Une association, l'asbl Ateliers Mommen, se mobilise pour préserver les ateliers d'artistes dans leur fonction d'origine. En 2005, la commune de Saint-Josse-ten-Noode acquiert le complexe, une Régie communale autonome est constituée pour assurer la gestion. La rénovation intérieure des ateliers d'artistes est faite[2],[1],[6].
À présent, les Ateliers Mommen font office de lieu de création, de travail et de résidence pour une trentaine d'artistes en activité. Il s'organisent en collectif. Ce collectif assure l'activité dans la cité, la production des événements et l'entretien des lieux, ainsi que leurs relations. Chaque résident et résidente loue un espace privé qu'il ou elle habite.
Les Ateliers Mommen sont une sorte d'expérimentation sociale[réf. nécessaire]. Les dimensions, l'une artistique et l'autre sociale, s'enrichissent mutuellement.
Les Ateliers Mommen aujourd'hui
Les Ateliers Mommen sont devenus un lieu destiné exclusivement à la création artistique et à l'expérimentation d'une vie collective. Les artistes résidents y travaillent et organisent la vie à l'intérieur de la cité[1].
32 studios-ateliers sont disponibles, tous ne sont pas occupés. Des espaces de réunion et d'événements et d'exposition sont à disposition[4].
Les artistes qui souhaitent résider aux Ateliers Mommen sont choisis sur dossier par l'asbl Ateliers Mommen et le conseil consultatif artistique de la commune[4]. L'investissement dans la vie collective est pris en compte, autant que le travail de création[6]. Outre la participation au collectif, les résidents doivent présenter leur création, au moins une fois tous les deux ans, au Salon Mommen. Selon la volonté de Félix Mommen, le Salon Mommen est resté un lieu d'exposition pour des œuvres alternatives et/ou en phase de création. Les Ateliers Mommen soutiennent la création et la diffusion.
Acteurs de la vie culturelle bruxelloise[réf. nécessaire], organisés en association, les artistes de la cité invitent régulièrement des porteurs de projets extérieurs afin de produire ensemble des événements, expositions, installations, événements, spectacles, concerts et performances. Ce travail a pour vocation de s'ouvrir sur le quartier de Saint-Josse-ten-Noode, la ville de Bruxelles et l'étranger.
La cité Mommen se singularise par la diversité des pratiques artistiques et culturelles des résidents de différentes nationalités, cultures, générations, et par les disciplines variées[1]. Parmi les artistes résidents, on compte notamment Areti Gontras et Pierre Cordier[7].
