Attentat de Pont-sur-Seine
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20 h 35 (UTC+1)
| Attentat de Pont-sur-Seine | |
Le général de Gaulle, en 1961. | |
| Localisation | Pont-sur-Seine (Aube) |
|---|---|
| Cible | Charles de Gaulle |
| Coordonnées | 48° 30′ 40″ nord, 3° 36′ 47″ est |
| Date | 20 h 35 (UTC+1) |
| Type | Explosif |
| Morts | 0 |
| Blessés | 0 |
| Auteurs | Henri Manoury, Armand Belvisi, Bernard Barance, Jean-Marc Rouvière, Martial de Villemandy et Dominique Cabanne de Laprade |
| Organisations | OAS |
| modifier |
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L'attentat de Pont-sur-Seine est une tentative d'assassinat de Charles de Gaulle, alors président de la République, par un groupuscule terroriste d'extrême droite se réclamant de l'OAS, le à Pont-sur-Seine, dans l'Aube. Alors que la voiture présidentielle, conduite par Francis Marroux, traverse la commune, une explosion est déclenchée manuellement à la hauteur du véhicule. L'humidité ayant diminué la puissance des explosifs et neutralisé une partie du dispositif, l'attentat ne fait aucun mort ou blessé. Ses auteurs sont condamnés à de la prison au cours d'un procès très médiatisé et qui eut lieu à Troyes moins d'un an après.
Aujourd'hui, il semble acquis que le cerveau de l'attentat, désigné par le pseudonyme « Germain », ait été Jean-Marie Bastien-Thiry, condamné à mort en et fusillé pour avoir organisé l'attentat du Petit-Clamart[1],[2].
Au moment de l'attentat, Charles de Gaulle est président de la République française depuis près de trois ans. En Algérie, la guerre d'indépendance, lancée en , oppose l'armée française aux combattants du FLN et du MNA.
Depuis le putsch des généraux le et son échec, de Gaulle devient clairement l'homme à abattre, puisqu'il s'est engagé entièrement contre eux et contre l'Algérie française. Deux mouvements français anti-indépendantistes, l'OAS et le FAF s'opposent à l'indépendance de l'Algérie puis à son acceptation dans le camp français, en commettant des attentats terroristes.
Déroulement

Le , Charles de Gaulle et son épouse Yvonne se rendent de Paris à Colombey les Deux Églises[3]. Sur la route menant de Nogent-sur-Seine à Pont-sur-Seine, Francis Marroux conduit la voiture présidentielle, une Citroën DS, à la tête d'un convoi de cinq voitures qui roulent à 110 km/h. Le colonel Jean Teisseire, aide de camp, est également à bord du véhicule présidentiel[4].
À 21 h 35[5], le convoi présidentiel passe à hauteur d'un tas de sable d'où jaillit une violente explosion[3]. Il s'agit d'un engin chargé de 40 kg de plastic et de dynamite-gomme[3] et d'un bidon de 20 litres d'huile, d'essence et de savon en paillettes. Selon Armand Belvisi, un des auteurs de l'attentat condamné ensuite à six ans de prison[6], la puissance de la déflagration déporte la DS de l'autre côté de la route[7]. Le liquide répand immédiatement « un mur de flammes » sur la chaussée[5]. Les flammes « montaient jusqu'en haut des arbres et couraient sur toute la route », relate ultérieurement l'aide de camp[3]. Dans cette situation, Francis Marroux accélère afin de se mettre à l'abri d'une possible rafale de mitraillette, tout en redressant la trajectoire du véhicule. Il ne s'arrête que quelques kilomètres plus loin afin que le président de la République et son épouse puissent changer de voiture et poursuivre leur trajet jusqu'à Colombey les Deux Églises.
Conséquences
Les principaux auteurs de l'attentat sont arrêtés dans les heures qui suivent : Armand Belvisi, Bernard Barbance, Jean-Marc Rouvière, Martial de Villemandy et, des mois après, Dominique Cabane de la Prade[3]. Henry Manoury, qui se revendique comme organisateur de l'attentat, est arrêté à Longeau en novembre, sur dénonciation[8]. Dominique Cabane de la Prade, celui qui aurait appuyé sur le détonateur lors du passage du convoi présidentiel, passe en Belgique ; il y sera arrêté en et extradé en [9]. Tous travaillent en région parisienne dans la vente et l'assurance des voitures, notamment d'occasion, et ont fait la guerre d'Algérie[3].
Le , leur procès s'ouvre à la cour d'assises de l'Aube, à Troyes[3]. La défense est dirigée par Jean-Louis Tixier-Vignancour[6], dont on rapporte qu'il est un véhément opposant de De Gaulle[10]. Les faits découverts au cours de l'enquête et exposés au cours des audiences démontrent que seul un dixième des quarante kilogrammes de plastic et de dynamite-gomme a explosé en raison de l'humidité accumulée au cours du dépôt à l'air libre d'une semaine à côté du tas de sable[3]. Selon l'accusation, si la totalité des quarante kilos avait explosé, les flammes propagées par le liquide stocké dans un bidon auraient été beaucoup plus violentes[3]. En revanche, selon les avocats de la défense, l'attentat est un simulacre d'assassinat organisé par le ministère de l'Intérieur et les services secrets et qui aurait été imputé à l'OAS pour alerter Charles de Gaulle de la dangerosité de cette organisation[3]. Cette thèse est cependant réfutée par les différentes personnes qui auraient été impliquées et elle est abandonnée[3]. Les accusés déclarent au cours de ce procès ne pas avoir voulu tuer le président mais s'en prendre au symbole et à son image d'invulnérabilité[3]. Le procureur demanda la peine capitale pour un seul des accusés, Henri Manoury. Le , ils écopent de peines allant de dix ans d'emprisonnement jusqu'à la réclusion criminelle à perpétuité[3].
Ils sont incarcérés à la prison de Saint-Martin-de-Ré, avec d'autres membres de l'OAS[11].
