Attentat de la villa Poirier
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L'attentat de la villa Poirier est un attentat à la bombe visant le domicile de la famille de l'homme politique d'extrême droite Jean-Marie Le Pen, ayant lieu dans la nuit du au . L'attentat a blessé six personnes, et les auteurs n'ont jamais été formellement identifiés[1].
3 h 45
| Attentat de la villa Poirier | ||||
Villa Poirier en 2021. | ||||
| Localisation | 9 villa Poirier, Paris (France) | |||
|---|---|---|---|---|
| Cible | Jean-Marie Le Pen et sa famille | |||
| Coordonnées | 48° 50′ 38″ nord, 2° 18′ 14″ est | |||
| Date | 2 novembre 1976 3 h 45 |
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| Morts | aucun | |||
| Blessés | 6 civils | |||
| Géolocalisation sur la carte : Paris
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Contexte
Jean-Marie Le Pen, homme politique français et président fondateur du Front national, se dresse à cette époque comme une figure de l'extrême droite en France. Le Pen est au cœur de nombreuses controverses dans la vie politique française, notamment concernant ses implications dans la guerre d'Algérie et ses idées politiques jugées extrémistes et racistes. Il aurait déjà été la cible de deux attentats auparavant[2].
Déroulement
Le FN vient de clôturer la dernière journée de son IVe congrès le soir du à Bagnolet quand Jean-Marie Le Pen retourne à la Villa Poirier[3],[1].
Dans la nuit du au , à 3 h 45 du matin, une bombe explose devant le domicile de la famille du politicien Jean-Marie Le Pen, à l'immeuble numéro 9 de la villa Poirier, dans le 15e arrondissement de Paris. Jean-Marie le Pen, sa femme Pierrette et ses trois filles, Marine, Marie-Caroline et Yann, sont les victimes de l'explosion de cinq kilogrammes d'explosif[1],[4], détruisant une partie de l'immeuble résidentiel des Le Pen et douze immeubles du quartier, ainsi que plusieurs voitures stationnées. Cependant, aucune victime grave n'est constatée, l'attentat cause six blessés légers chez les voisins de la famille Le Pen, dont quatre enfants.
Il s'agit d'une des plus grandes explosions à Paris depuis la Seconde Guerre mondiale[réf. nécessaire].
Revendications et motivations
L'attentat est revendiqué par un comité anti-fasciste[5] mais les enquêtes policières sont dans l'incapacité de trouver l'auteur. Les forces de police ne retrouvent aucun débris de l'explosif mais affirment qu'il se serait situé au palier du quatrième étage du domicile des Le Pen et qu'il s'agirait d'un engin explosif ayant une puissance de cinq kilogrammes de dynamite[2].
Les autorités et les organes de presse s'accordent à dire que l'attentat ciblait le domicile de la famille Le Pen. Interrogé sur son « sentiment » face à l'attentat, Jean-Marie Le Pen choisit alors de le relier aux thématiques du IVe congrès du Front national à Bagnolet, soit « la sécurité des Français et la lutte contre le crime[1],[6] ».
Engagé par l'avocat de Jean-Marie Le Pen, le détective privé Antoine Melero suggère alors à son client la piste d'une possible vengeance en lien avec l'héritage contesté de Hubert Lambert, militant d'extrême droite qui avait fait de Jean-Marie Le Pen le légataire de sa fortune. Antoine Melero rendra publiques ses conclusions en 2017, à l'occasion d'une enquête de la chaîne France 2[7].
Conséquences et réactions
L'immeuble des Le Pen est condamné et trente résidents du quartier doivent être relogés, dont la famille Le Pen. La presse qualifie l'attentat de « miracle de la Toussaint ». En effet, la charge colossale n'a causé aucune victime grave. La chaîne de télévision TF1 médiatise l'événement sur place le matin même[2].
À l'occasion des élections présidentielles de 2017 et de 2022, la presse française a l'occasion de reparler de l'attentat de la villa Poirier dont la candidate à ces élections, Marine Le Pen, alors âgée de 8 ans, est l'une des victimes. La candidate du Rassemblement national déclare : « Il a fallu cette nuit d'horreur pour que je découvre que mon père faisait de la politique. Et c'est là, à l'âge des poupées, que je prends conscience de cette chose terrible et incompréhensible pour moi : mon père n'est pas traité à l'égal des autres, nous ne sommes pas traités à l'égal des autres. Cela va devenir un élément majeur de ma propre construction »[8].
