Aubin-Edmond Arsenault
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Murdoch McKinnon
| Aubin-Edmond Arsenault | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Premier ministre de l'Île-du-Prince-Édouard | |
| – (2 ans, 2 mois et 19 jours) |
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| Monarque | George V |
| Lieutenant-gouverneur | Augustine Colin Macdonald Murdoch McKinnon |
| Prédécesseur | John Alexander Mathieson |
| Successeur | John Howatt Bell |
| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Abrams-Village (Colonie de l'Île-du-Prince-Édouard) |
| Date de décès | (à 97 ans) |
| Lieu de décès | Charlottetown (Canada) |
| Nationalité | Canadienne |
| Parti politique | Parti progressiste-conservateur de l'Île-du-Prince-Édouard |
| Père | Joseph-Octave Arsenault |
| Enfants | 11 |
| Diplômé de | Université Saint Dunstan |
| Profession | Juge Avocat Enseignant |
| Religion | Catholique |
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| Premiers ministres de l'Île-du-Prince-Édouard | |
| modifier |
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Aubin-Edmond Arsenault, né le à Abrams-Village et décédé en à Charlottetown au Canada, est un avocat, juge et homme politique acadien. Membre du Parti conservateur de l’Île-du-Prince-Édouard, il est premier ministre de la province de l'Île-du-Prince-Édouard de 1917 à 1919, devenant ainsi le premier Acadien à diriger le gouvernement d'une province canadienne.
Cinquième enfant d'une fratrie de neuf, il est le fils de Joseph-Octave Arsenault, premier Acadien de l’Île-du-Prince-Édouard à devenir sénateur. Âgé d'une quinzaine d'années, Aubin-Edmond Arsenault quitte Abrams-Village, afin de poursuivre des études à l'Université Saint Dunstan à Charlottetown. Diplômé d'une licence d'enseignement, il donne cours pendant un an au collège Saint-Joseph, avant d’entreprendre une carrière dans le droit. Admis au barreau en 1898, il s’établit comme avocat à Summerside, après avoir réalisé sa cléricature à Charlottetown, puis effectué un séjour d'un an à Londres.
Il est élu député à l’Assemblée législative de l’Île-du-Prince-Édouard en 1908, et renouvelé dans ses fonctions en 1912, 1915 et 1919. Après la victoire des conservateurs en 1912, il entre au gouvernement en tant que ministre sans portefeuille. En 1917, à la suite de la démission du premier ministre John Alexander Mathieson, Aubin-Edmond Arsenault lui succède à la tête du gouvernement provincial. Durant son mandat, il abroge la législation limitant la circulation automobile sur l’île et tente de mettre fin à la Prohibition, en vigueur sur l'île depuis 1901. Le gouvernement conservateur est toutefois défait lors des élections de 1919.
Après sa défaite électorale, il demeure chef de l’opposition jusqu’en 1921, année où il est nommé juge à la Cour suprême de l’Île-du-Prince-Édouard. Il occupe cette fonction pendant vingt-cinq ans avant de prendre sa retraite en 1946. Parallèlement, il s’implique activement dans la vie associative et devient notamment président de la Société nationale de l'Acadie. Suite à une courte maladie, Aubin-Edmond Arsenault meurt en 1968 à l’âge de 97 ans.
Enfance, études et débuts
Né le à Abrams-Village, Aubin-Edmond Arsenault est le cinquième enfant d'une fratrie de neuf. Son père Joseph-Octave Arsenault, élu à l'assemblée législative de l'Île-du-Prince-Édouard, est originaire de Baie-Egmont, tandis que sa mère Gertrude Gaudet, de Miscouche[1].
En 1885, Aubin-Edmond Arsenault quitte son village natal pour étudier à l'Université Saint Dunstan à Charlottetown, où il obtient une licence d'enseignement de deuxième classe. Il enseigne pendant deux ans dans une école rurale, puis une année au collège Saint-Joseph, avant de revenir à l'université Saint Dunstan pour un an poursuivre ses études[2]. Il effectue sa cléricature pendant quatre ans auprès d'un cabinet d'avocats charlottetonnien, W.A.O. Morson. Admis au barreau le comme attorney[2], il quitte dès l'année suivante le Canada pour s’installer à Londres, où il travaille pour le cabinet d'avocats de Sir Charles Russell. Pendant son séjour londonien, il se voit confier une mission en Afrique du Sud, dont il ne précise pas la nature, même dans ses mémoires. Il rejoint Le Cap peu avant le déclenchement de la guerre des Boers[3].
Aubin-Edmond Arsenault retourne sur l'Île-du-Prince-Édouard en 1899, où il s'installe dans la ville de Summerside avec sa première femme, Anita[N 1], originaire d'Irlande, et son fils adoptif, William Muttart. Il commence à exercer le droit le , en s'associant d'abord avec H. R. MacKenzie, installé à Charlottetown, puis avec Neil MacQuarrie, à Summerside. Lors du recensement canadien de 1901, Aubin-Edmond Arsenault déclare un revenu de 500 dollars canadien en tant que barrister[4].
Carrière politique
En 1906, il est élu au conseil municipal de Summerside. Durant son mandat, il participe notamment au lancement d'une campagne en faveur de l'installation d'un égout et d'un système de distribution d'eau dans la ville[2],[5]. Il démissionne en 1908 pour se présenter en tant que candidat conservateur dans le troisième district de Prince lors des élections générales prince-édouardiennes de 1908 (en), et est élu député face au candidat libéral, Joseph Félix H. Arsenault (en). Il conserve son siège à l'assemblée législative de l'Île-du-Prince-Édouard lors des élections de 1912[6], 1915 et 1919. D'abord membre de l'opposition, il intègre le Conseil exécutif de l'Île-du-Prince-Édouard en tant que ministre sans portefeuille après la victoire des conservateurs aux élections générales prince-édouardiennes de 1912[2].
A la demande de John Alexander Mathieson, démissionnaire en 1917 de sa charge de premier ministre de la province de l'Île-du-Prince-Édouard, Aubin-Edmond Arsenault est nommé premier ministre, devenant ainsi le premier Acadien à diriger le gouvernement d'une province canadienne[7]. En , il autorise par décret en Conseil la circulation des véhicules motorisés sur les routes de l'île tous les jours de la semaine, levant une interdiction (en) en cours depuis 1908. Opposé à la Prohibition, en vigueur sur l’Île-du-Prince-Édouard depuis 1901[8], il modifie la législation afin de soumettre à référendum le maintien de la loi sur la prohibition. Les conservateurs sont défaits avant que le plébiscite ne puisse avoir lieu[2].
Lors des élections générales prince-édouardiennes de 1919, les conservateurs subissent un revers électoral massif. Les raisons de cette défaite ne sont pas connues avec certitude. Selon la revue Canadian Annual Review, les Orangistes provinciaux, une société fraternelle protestante, ont accusé Aubin-Edmond Arsenault de faire preuve de favoritisme à l'égard de ses coreligionnaires catholiques[9],[10]. Dans ses mémoires, Aubin-Edmond Arsenault présume que son projet visant l'instauration d'un taux unique de taxe scolaire lui a coûté la victoire[11]. D'après l'historien Edward MacDonald (en), le gouvernement d'Aubin-Edmond Arsenault fut victime du mécontentement de la population prince-édouardienne, notamment face à l'inflation galopante[2].
Après la défaite des conservateurs aux élections générales de 1919, Aubin-Edmond Arsenault demeure chef de l'opposition officielle[2], jusqu'à sa nomination en tant que juge à la Cour suprême de l’Île-du-Prince-Édouard le [12]. Lorsqu'il prend ses nouvelles fonctions, il déménage de Summerside pour s'installer avec sa famille à Charlottetown[13]. Il occupe la fonction de juge pendant 25 ans[14].
Engagement communautaire
Il est membre fondateur de la société Saint-Thomas-d'Aquin. En 1921, il est élu président de la Société nationale des Acadiens[12], devenant le premier Acadien insulaire à occuper cette position[15]. Il reste à la tête de l'association jusqu'en 1927.
Au début des années 1920, il est nommé président de l'association touristique de l’Île-du-Prince-Édouard. Il est également le premier directeur de l'office de tourisme de l’Île-du-Prince-Édouard, créé au milieu des années 1930[16], président de la Good Roads Association (en), directeur et membre exécutif de la Société géographique royale du Canada, président de l'association de l'industrie touristique du Canada et membre de la Royal Society of Arts au Royaume-Uni. Enfin, il est membre de l'ordre des chevaliers de Colomb, 4ème degré[12].
Décès
Aubin-Edmond Arsenault décède le [2] ou le [10] à l'hôpital de Charlottetown suite à une courte maladie. La messe d'enterrement est célébrée dans la cathédrale Saint-Dunstan de Charlottetown[10].
Famille et descendance
Aubin-Edmond Arsenault épouse en premières noces une femme irlandaise nommée Anita, mais le mariage est annulé peu après son installation à Summerside, sans que les raisons ne soient connues. Le , il épouse Bertha Rose Gallant, originaire de Tignish. Ensemble, ils ont 11 enfants, dont neuf filles et deux garçons : Iphigénie (née en 1908), Cyril (1910), Catherine (1912), Regis (1914), Marie (1916), Valérie (1918), Patricia (1920), Laure-Jeanne (1922), Félice (1923), Paula (1925) et Lois (1927)[2],[15].