Augie Goupil
From Wikipedia, the free encyclopedia
Papeete, Polynésie française,
Los Angeles, Californie,
| Nom de naissance | Auguste Goupil |
|---|---|
| Naissance |
Papeete, Polynésie française, |
| Décès |
(à 33 ans) Los Angeles, Californie, |
| Activité principale | Auteur-compositeur-interprète, percussionniste, danseur |
| Genre musical | Musique polynésienne |
| Instruments | Chant, percussion |
| Années actives | 1936-1944 |
| Labels | Decca Records |
Augie Goupil, de son vrai nom Auguste Goupil, est un danseur et auteur-compositeur-interprète de variétés polynésiennes, fondateur et membre principal du groupe Augie Goupil and His Royal Tahitians. Il est né le à Papeete en Polynésie française et mort le à Los Angeles aux États-Unis.
Auguste Teriimana Joseph Goupil, connu sous le nom d'Augie Goupil, est né le à Papeete en Polynésie. Il est le petit-fils d'Auguste Goupil (1847-1921), conseiller général des Établissements français de l'Océanie jusqu'en 1903[1], et le fils d'Albert Goupil (1876-1913), un des fondateurs en 1908 de la Compagnie Française des Phosphates de l'Océanie, destinée à l'exploitation du gisement de Makatea[2]. Augie Goupil est aussi le neveu de Jeanne Goupil (1887-1943), dont Paul Gauguin fit un portrait célèbre en 1896[3]. Son père et sa mère ont cinq enfants : sa sœur Marcelle (1904), épousera Robert Quinn, un Américain originaire de San Francisco, qui en 1933 créera le Quinn's, boîte de nuit légendaire de Papeete[4],[5] ; son frère Paul (1912-1965) deviendra musicien comme lui.
En , Augie Goupil vient s'installer avec sa mère, ses trois frères et sa sœur à Berkeley en Californie. Il est scolarisé au pensionnat de St Joseph's Academy. Il retourne dans son île natale de Tahiti pour y finir ses études. Chanteur, compositeur et danseur talentueux, il est convaincu que la verve et le rythme de Tahiti sauront être appréciés en Amérique, à une époque où le pays fait la découverte de sa façade maritime sur le Pacifique et où l'engouement pour la "culture tiki" vient de commencer. En 1929, il s'associe à sa sœur Marcelle et son frère Paul et tous trois embarquent comme chanteur, danseuse et musicien sur les bateaux de croisière qui sillonnent le Pacifique. Ils travaillent en particulier pour la Matson Navigation Company (en), dont les paquebots de luxe assurent des liaisons entre San Francisco et Honolulu. À partir de 1929, la carrière d'Augie Goupil se trouve ainsi rythmée par ses embarquements sur paquebots, par ses concerts à San Francisco et, en particulier, après 1933, par ses prestations au tiki bar de Robert Quinn, le Tahitian Hut, où le chanteur hawaïen Sol K. Bright Sr. (en) aurait composé son plus grand succès, "Hawaiian Cowboy"[6],[7].
Le succès rapide qu'Augie Goupil connaît dans ses représentations à San Francisco démontre que son intuition était fondée et que le public américain est là pour ce type de musique. Au milieu des années 1930, il part à Hollywood. Il se lie rapidement avec des musiciens hawaïens qui vivent dans la région et se produisent dans les clubs de Los Angeles ou dans les films tournés à Hollywood et avec lesquels il fonde son groupe Augie Goupil and His Royal Tahitians, auquel participe son frère Paul. Excellent chanteur, percussionniste et danseur, il enregistre ses premières compositions chez Decca Records à Los Angeles dès 1936. En 1937, il travaille même avec des studios de Hollywood sur des films à connotation "tropicale", tel L'Amour à Waikiki[6]. Il produit des morceaux hauts en couleur et entraînants, parfaitement dans l'air du temps. Outre son talent, la clef de son succès tient sans doute à ce qu'il a su allier un son tahitien, qui est nouveau pour des oreilles américaines, avec le professionnalisme de ses musiciens hawaïens. Il décède au sommet de sa carrière le , à la suite d'une tuberculose vertébrale. Il est enterré au cimetière de Woodlawn Memorial de Santa Monica.
En dépit d'une période d'activité assez courte, Augie Goupil a été très prolifique, puisqu'il a écrit et interprété une quarantaine de chansons en tahitien ou en anglais, chansons souvent légères et très rythmées ou bien parfois romantiques et langoureuses. Parmi les plus connues, il y a "Papio", chanson très populaire de l'époque, qu'il interprète en 1936, après avoir été chantée en 1934 par le groupe Sol K. Bright Sr.'s Hollywaiians (en), et qui est reprise par de nombreux groupes ou chanteurs tahitiens, comme les Tamarii Tahiti ou Charley Mauu ; il y a aussi "Tahiti O Tera", parfois sous-titrée "Les Femmes d'Amérique", écrite en 1937 et qui est un grand classique de la musique polynésienne, ou encore, dans un style plus hawaïen, la chanson "My Tane", écrite en 1941 et chantée par Ray Kinney (en) et Bing Crosby.
Jusqu'au début des années 1960, Paul Goupil, qui a repris le groupe sous le nom de Paul Goupil and His Royal Tahitians, continue de chanter le répertoire de son frère ainsi que les classiques de la chanson tahitienne et hawaïenne. Le groupe tourne entre autres au bar Tahitian Hut et à l'hôtel Fairmont à San Francisco.
En 2017, le spectacle Tahiti 1917, qui retrace les carrières de quelques pionniers de la musique polynésienne comme George Tautu Archer, Bimbo, Augie Goupil et d'autres au travers d'extraits de films et de chansons, est présenté pour la première fois au public de Tahiti à Papeete[8].
Filmographie
Augie Goupil a fait de la figuration comme danseur dans deux films, L'Amour à Waikiki de Frank Tuttle en 1937, avec Bing Crosby dans le rôle principal, et Hawaiian Nights (en) d'Albert S. Rogell en 1939, avec Constance Moore et Johnny Downs dans les rôles principaux. Il a aussi arrangé avec Leroy Prinz les scènes de danse du film L'Amour à Waikiki, sélectionné pour l'oscar de la meilleure chorégraphie en 1938.