Auguste-Théodore Visinet

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Auguste Théodore Visinet
Portrait d'Auguste-Théodore Visinet exécuté par Paul Brindeau en 1833.
Fonction
Préfet de l'Orne
-
Camille Louis Berrier-Fontaine (d)
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
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Nationalité
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Rédacteur à
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Distinction

Auguste Théodore Visinet, né le à Paris et mort le à Rouen[1], est un grande figure du libéralisme à Rouen.

D'abord avocat au barreau de Paris où il défend avec succès en 1822 deux des complices présumés des Sergents de La Rochelle, il est appelé en 1828 à prendre le poste de rédacteur en chef du Journal de Rouen pour en faire une feuille d'opinion libérale. Leader local de la révolution de , il quitte en 1834 son poste de rédacteur en chef pour fonder en association avec Antoine Pauwels la Compagnie d'Éclairage par le gaz de la Ville de Rouen dont il devient gérant associé. Soutien de la révolution de 1848, il est nommé préfet de l'Orne puis révoqué de ce poste en 1849 suite à l'élection de Louis Napoléon Bonaparte. Ruiné et atteint de paralysie, il contribue alors, jusqu'à sa mort, à la rédaction du Journal de Rouen. Économiste, disciple de Jacques Laffitte, il est un ardent défenseur du libre-échange.

Né le à Paris, Auguste Théodore Visinet fait ses études en tant que boursier au lycée de Bruges alors que son père, fonctionnaire de l’Empire, exerce ses fonctions à Brême. À 15 ans, il réussit le concours d’entrée à l’École Saint-Cyr où il est cependant refusé en raison de son trop jeune âge. Il se tourne alors vers les Lettres et le Droit. Bachelier en Droit avec éloge du jury en 1816 et en Lettres la même année, licencié en Droit en 1817, inscrit au barreau de Paris, il devient avocat à la Cour Royale.

Peu confiant envers la Monarchie des Bourbons, il plaide dans divers causes politiques en faveur de la liberté d’expression. En 1822, lors du procès des Sergents de La Rochelle, il est l’avocat de deux de leurs complices présumés, Asnès et Lefèvre, dont il obtient l’acquittement. Ébranlé par la cruauté de ce procès et révolté par l’application de la peine de mort, il en réclamera l’abolition définitive dans un mémoire déposé en 1833 devant la Commission des Prisons de Rouen.

Il noue dès cette époque un lien d’amitié durable avec le député d’opposition Jacques Laffitte dont il écrira en , après avoir prononcé un discours lors des obsèques de ce dernier : « ma vie politique s’était identifiée avec la sienne »[2].

Fréquentant assidûment le milieu libéral, il entre en relation avec des rédacteurs du journal Le Globe sous l’impulsion duquel se fonde en 1827 la société politique Aide-toi, le Ciel t’aidera à laquelle il adhère. C’est grâce au rayonnement de cette société et à la publication qu’il fit du Manuel de l’électeur dans l’exercice de ses fonctions qu’Auguste-Théodore Visinet entra dans le journalisme.

En 1828, MM. Baudry et Brière acquièrent le Journal de Rouen pour en faire une feuille d’opinion libérale et d’opposition au gouvernement de Charles X. Sur recommandation du bâtonnier Daviel, avocat conseil du Journal de Rouen, ils proposent à Auguste-Théodore Visinet le poste de rédacteur en chef que celui-ci accepte.

En 1829, le Journal de Rouen est traduit devant le tribunal correctionnel pour provocation à la désobéissance aux lois, attaque formelle contre l’autorité royal, incitation à la haine et au mépris du gouvernement du roi. Auguste-Théodore Visinet mobilise alors son talent d’avocat pour constituer avec Me Daviel un dossier si bien étayé que le tribunal prononcera l’acquittement.

Le , Charles X signe l’Ordonnance qui suspend la liberté de la presse. Le Journal de Rouen avec son rédacteur en chef prend la tête de l’insurrection à Rouen. Le , c’est à Auguste-Théodore Visinet que revient l’honneur d’annoncer au balcon de l’Hôtel de Ville de Rouen la prise des Tuileries par la Garde Nationale. Acclamé par la foule, il est porté en triomphe. Le , il rejoint un bataillon de deux mille volontaires partis de Rouen pour venir en renfort à l’insurrection de la population parisienne. Le Journal de Rouen se rallie sans hésitation au nouveau souverain Louis-Philippe. Auguste-Théodore Visinet est décoré de la Croix de Juillet.

Le , Auguste-Théodore Visinet affronte en duel le jeune Louis Veuillot, alors rédacteur à L’Écho de Rouen, dont un article accusait, à tort selon Visinet, le Journal de Rouen d’avoir suscité un tapage injurieux à l’encontre d’Henry Barbet, le maire de Rouen. Veuillot s’en sortit avec sa redingote percée d’une balle[3].

Le , Auguste-Théodore Visinet abandonne son poste de rédacteur en chef du Journal de Rouen, dont il conserve la rédaction des chroniques économiques, pour devenir industriel. Il s’associe avec Antoine Pauwels, précédemment promoteur du gaz d’éclairage à Paris, pour fonder la Compagnie d’éclairage par le gaz de la Ville de Rouen.

De 1834 à 1848, il jumelle sa vie d’industriel à celle de journaliste économique, engagé en faveur du libre-échange et du progrès technique. Il connaît alors une aisance certaine comme l’atteste le legs qu’il fit au musée de la Ville de Rouen, en 1844, d’une peinture attribuée à David. Il appartient à cette époque au Grand Orient de France (Atelier Les Arts Réunis)[4].

Déçu par le régime de Louis Philippe, comme ses amis Laffitte et Dupont de L’Eure, il approuve la révolution de février 1848 et l’instauration de la République. Mais en juin, devenu lieutenant-colonel de la Garde nationale, il gagne la capitale pour s’opposer à l’insurrection des Parisiens, dans un esprit de dialogue assorti de fermeté. Parlementant d’abord avec les insurgés pour tenter de les raisonner, non sans s’exposer aux menaces des plus excités, il se rallie finalement au général Cavaignac pour sauver par la force la «société menacée de mort[5]».

En , Jules Senard, ministre de l’Intérieur, nomme Auguste-Théodore Visinet préfet de l’Orne. C’est partiellement ruiné par les trois années successives de crise économique et de révolution et trahi par des débiteurs peu scrupuleux qu’il abandonne la direction de l’usine à gaz pour se mettre au service de la République.

Pur républicain, ennemi déclaré du Césarisme, il limogé en , de son poste, ainsi que 26 autres préfets, par le gouvernement du prince Louis Napoléon Bonaparte, récemment élu président de la République.

Auguste-Théodore Visinet, retourne alors à Rouen où il reprend sa plume de journaliste économique pour le compte du Journal de Rouen. Déjà malade, il est gagné d’une paralysie qui le prive progressivement de l’usage de ses membres avant de perdre la vue. Toujours lucide, il poursuit avec l’aide de son entourage son combat pour la «Liberté Commerciale» jusqu’à sa mort le [1].

Ses obsèques sont célébrées dans la cathédrale Notre-Dame de Rouen et il est inhumé au cimetière monumental de Rouen[6].

Publications

  • Qui potiores in pignore vel hypotheca habeantur, et de iis qui in priorum creditorum locum succedunt. - De la prescription., Th. Licence : Droit : Paris, 1817
  • Manuel de l'électeur dans l'exercice de ses fonctions, Paris : imprimerie de P. Renouard, 1827
  • Souvenirs politiques, Rouen : imprimerie D. Brière, 1848.
  • Aperçus économiques à propos de l'exposition des produits de l'industrie en 1844 et des doctrines d'organisation du travail de M. Louis-Blanc en 1847, par M. Visinet, Paris : Guillaumin, 1849.

Décoration

Source principale

Notes et références

Liens externes

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