Né en 1910 dans une famille d'agriculteurs, avec 11 frères et sœurs, dans le village du Ruellou, à Saint-Nicolas-du-Pelem, Auguste Le Coënt devient agriculteur après ses études. Il est alors sympathisant du Front populaire[1].
La 2e guerre mondiale
Mobilisé en , il est fait prisonnier lors de la défaite, et s'échappe très rapidement avec un autre prisonnier pour rentrer à Saint-Nicolas-du-Pélem, déjà occupé par l'armée allemande. Il s'engage alors dans la Résistance à l'occupant.
À la libération de Saint-Nicolas-du-Pélem, la préfecture nomme une délégation provisoire remplaçant le Conseil municipal: Auguste Le Coënt préside cette délégation.
Il est ensuite élu maire de Saint-Nicolas-du-Pélem aux élections d'avril 1945. Il est réélu maire sans interruption jusqu'en 1983. Il fait construire notamment une piscine municipale (réalisée par les prisonniers allemands juste après la guerre), une bibliothèque et met en place des cantines pour les élèves et les personnes âgées à faibles revenus[2].
Conseiller général du canton de Saint-Nicolas-du-Pélem
Élu député en , il démissionne un mois plus tard —laissant son siège à Hélène Le Chevallier[3]— parce qu'il a été élu conseiller de la République (appelé sénateur après 1948) comme tête de la liste «Union républicaine et résistante».
Membre de la commission des affaires économiques, des douanes et des conventions commerciales, et de la commission de l'agriculture, il intervient notamment sur des questions agricoles et sociales[4].
En 1948, avec Antoine Vourc'h (RPF), Yves Henry (SFIO) et Pierre Trémintin (MRP), il présente une proposition de loi sur l'enseignement de la langue bretonne[5] qui sera reprise à l'Assemblée Nationale par le député Maurice Deixonne (SFIO), spécialiste des questions scolaires, réduite dans ses ambitions, pour devenir la loi Deixonne[6] du relative à l'enseignement des langues et dialectes locaux.
L'engagement dans le Parti Communiste Français (PCF)
Auguste Le Coënt adhère au PCF pendant la guerre, quand il passe chez les Francs Tireurs et Partisans et représentera Parti communiste français (PCF) dans toutes les élections auxquelles il participera.
Il reste fidèle au PCF pendant toute sa vie politique, et confie après avoir pris sa retraite politique, que le secrétaire général du Parti Communiste Français dont il s'est senti le plus proche était Waldeck Rochet, issu comme lui du monde rural et ayant vécu la 2eguerre mondiale dans la Résistance.
L'action agricole
Auguste Le Coënt est nommé au Comité départemental de Libération comme représentant du monde agricole, et restera agriculteur toute sa vie.
Il adhère au syndicat la Confédération générale de l'agriculture.
Il fonde la coopérative "La Pélémoise" regroupant les petits producteurs (la plupart des fermes ont alors moins de 10 hectares), La Pélémoise est ensuite intégrée à l'ULB (Union Laitière Bretonne), au sein du groupe Unicopa, qui est ensuite intégré à Coopagri Bretagne et fait aujourd'hui partie de la coopérative Triskalia.
Agnès Guellec: "Les coopératives de production céréalière, laitière et de viandes bovine et porcine dans les Côtes-du-Nord", In: Norois no69, 1971. pages 87–116.
Christian Bougeard: "Regards sur les réseaux de notables en Bretagne (des années 1930 aux années 1950). In: Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest Tome 103, numéro 3, 1996. Les pouvoirs locaux dans l'Ouest (1935-1953 ), pages 31–51.
Christian Bougeard, Le choc de la guerre dans les Côtes-du-Nord: 1939-1945, Paris, Editions J.-P. Gisserot, , 157p. (ISBN978-2-87747-161-9, OCLC34320349)