Il est le second navire de ce nom (d’où sa désignation parfois comme Augustin Fresnel II), après un premier baliseur construit en 1904 à Nantes et qui a servi à Granville jusqu’en 1933, puis à Saint-Malo à partir de 1937[2]. Après lui, un troisième baliseur également nommé Augustin Fresnel a été lancé en 2024[3].
Après plus de 50 ans de service[11], il est désarmé en 1994[5],[6],[4],[11],[12] après une avarie sur sa propulsion. Il est remplacé en 2001 par le Kahouanne[12]. Il a fait l’objet d’une dépollution totale[5],[6],[4],[13], un chantier qui a mobilisé des experts et des compétences pluridisciplinaires, en collaboration avec les différents services de l'État. Les fluides polluants (hydrocarbures et fréon) ont été vidés. L'amiante a été stabilisée et enfermée dans un coffrage[12].
Après cela, il a été coulé volontairement comme récif artificiel le [5],[6],[4],[11],[14],[9] dans la mer des Caraïbes[9] au large de Bouillante[5],[13],[9] et la plage de Malendure[7],[9], dans le sud de Basse-Terre, au sud des îlets Pigeon de la réserve Cousteau[4], sur la côte Ouest de la Guadeloupe[7]. L’opération a d’ailleurs failli tourner à la catastrophe lorsque le remorqueurPointe Vigie, chargé de son immersion, a lui-même été en grand danger de couler[11], malgré sa bonne tenue à la mer et sa stabilité. Les vannes de coque de l'Augustin Fresnel II avaient été ouvertes, et le Pointe Vigie arrosait le navire avec son canon à eau pour accélérer le remplissage des parties hautes. Soudain, un effet de carène liquide a fait chavirer brusquement l'Augustin Fresnel II, dont le sommet de la passerelle a accroché le plat-bordtribord du remorqueur, l’entraînant avec lui. Plusieurs marins du Pointe Vigie se sont retrouvés à la mer, et l’eau submergeait le pavois. Heureusement, celui-ci s’est déchiré in extremis, permettant au remorqueur de se redresser. Son équipage en a été quitte pour une grosse frayeur[15].
L'Augustin Fresnel II est posé bien droit sur sa quille sur un fond de sable[5],[6],[14],[7],[8] à une trentaine de mètres de profondeur[14]. Selon les sources, la profondeur exacte varie de 28[9] à 29[5],[7], 30[11],[4],[8] ou 31 mètres[6]. Elle a pu varier dans le temps, car selon une source, la mer fortement agitée durant le cyclone Omar l'a fait glisser jusqu'à 31 m de profondeur[9]. L'épave est en bon état, permettant aux plongeurs d’explorer sans problème les différentes parties des superstructures à l’arrière, les cales avec les treuils à l’avant, la poupe avec ses deux hélices et ses deux safrans, la cabine du grutier et la proue caractéristique d'un baliseur[5], le pont avant, la cuisine, la salle à manger[9] et les 15 cabines[7].