Augustin Malroux
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| Augustin Malroux | |
Monument à Augustin Malroux Albi | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Député français | |
| – (5 ans, 11 mois et 30 jours) |
|
| Élection | 3 mai 1936 |
| Circonscription | Tarn |
| Législature | XVIe (Troisième République) |
| Groupe politique | SOC |
| Prédécesseur | Laurent Camboulives |
| Successeur | Circonscription supprimée |
| Maire de Blaye-les-Mines | |
| – (5 ans et 7 mois) |
|
| Prédécesseur | Philippe Franques |
| Successeur | Casimir Bru |
| Biographie | |
| Nom de naissance | Augustin Malroux |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Blaye-les-Mines (Tarn) |
| Date de décès | (à 45 ans) |
| Lieu de décès | Bergen-Belsen (Allemagne) |
| Nationalité | Française |
| Enfants | Claire Malroux Anny Malroux |
| Profession | Instituteur |
| modifier |
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Augustin Malroux, né le à Blaye-les-Mines dans le Tarn et mort en déportation le au camp de concentration de Bergen-Belsen, est un homme politique socialiste et un résistant français.
Fils d'un ouvrier mineur très marqué par la pensée de Jean Jaurès, Augustin Malroux fit ses études à l'école primaire supérieure (collège) d'Albi, puis à l'école normale d'instituteurs de Toulouse. Après son service militaire (1920 à 1922), il est en poste dans le Tarn de 1923 à 1936 avec son épouse Paule Mauriès, elle-même institutrice.
Les documents étudiés jusqu'ici par les historiens ne permettent pas de déterminer quand il adhère à la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO). Il est en revanche avéré qu'il fonde en 1928 la section socialiste de Lafenasse dont il occupe le poste de secrétaire. Il participe à tous les congrès de la fédération du Tarn. Au congrès national de la SFIO, tenu à Paris en , il soutient Léon Blum et s'oppose à Adrien Marquet et Marcel Déat. Le , il devient secrétaire de la fédération du Tarn.
En , il est élu maire de sa commune natale. L'année suivante, il est élu député du Tarn et devient membre de la Commission administrative permanente, organe décisionnaire de la SFIO à l'époque. Il effectue plusieurs visites en Aveyron, dans la Haute-Garonne, dans l'Hérault et même dans la région d'Oran, en , pour appuyer les socialistes locaux. Son voyage en Algérie lui vaut d'être durement critiqué par certains journaux, car il manifeste son anticolonialisme.
En , il dépose un amendement à la Chambre des députés pour exonérer de taxes les exportations de blé vers l'Espagne républicaine. En , il dénonce la partialité de la censure qui autorise la publication d'appels au meurtre explicites contre Léon Blum et d'atteintes à la laïcité. Il est alors pris à partie par quelques députés de droite et d'extrême droite, notamment Philippe Henriot[1].
Héros et martyr de la Résistance
Le , il est l'un des quatre-vingts parlementaires qui votent contre l'attribution des pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Il écrit à sa femme et ses enfants : « J'ai été élevé dans l'amour de la République. Aujourd'hui, on prétend la crucifier. Je ne m'associe pas à ce geste assassin. » En , il participe à la fondation du Comité d'action socialiste (CAS) pour la zone Nord occupée, offre son domicile parisien pour les réunions clandestines, puis assure la liaison entre le CAS Nord et le CAS Sud, fondé lui par Daniel Mayer. En mai, puis en , il participe aux réunions du CAS Sud. Il travaille activement avec Suzanne Buisson et Édouard Froment.
Augustin Malroux veille également à maintenir le contact avec les députés socialistes internés ou incarcérés. Il informe de ses activités Louis Noguères, autre député SFIO ayant voté contre les pleins pouvoirs, et assigné à résidence par le régime de Vichy.
Dès 1940, il est chargé d'établir le lien entre Libération-Nord et Libération-Sud. En 1942, ce mouvement le charge de créer un groupe de combat.
À la fin de 1941, il participe à la reconstitution clandestine du Syndicat national des instituteurs (SNI, alors membre de la CGT), dans un réseau d'enseignants fondé par Georges Lapierre, ancien secrétaire général du SNI (mort à Dachau). Ce réseau s'intègre dans la confrérie Notre-Dame. Enfin Augustin Malroux adhère à l'Organisation civile et militaire.
Arrêté le 2 mars 1943 à Paris, Augustin Malroux est incarcéré à Fresnes. Le , il est déporté en Allemagne. D'abord détenu dans le camp de Neue Bremm, il est ensuite transféré dans les prisons de Francfort, Kassel, Halle et Berlin, puis détenu à Sachsenhausen (Kommando de Bad-Saarow), non loin de Berlin, d' à février 1945. Il est alors transféré dans le camp de Bergen-Belsen, dans le nord-ouest de l'Allemagne, où il meurt le .
Sa mort n'est certifiée que quelques semaines plus tard. Entre-temps, la SFIO tarnaise en a fait sa tête de liste pour les élections municipales à Carmaux. Il est proclamé maire le .
Famille
Il est le père de Claire Malroux (née en 1925), poétesse et traductrice[2] et d'Anny Malroux (née en 1930), qui a publié en 1991 Avec mon père Augustin Malroux[3].
Décoration
Médaille de la Résistance française avec rosette (décret du )[4]
Hommages
En , une plaque est apposée sur la façade de son immeuble à Paris, au 2 rue Pétel, dans le 15e arrondissement[5]. Robert Verdier prononce un discours à cette occasion. Un monument est ensuite inauguré à Albi en présence de Michelle Auriol, Jean Biondi et Daniel Mayer.
Plusieurs rues de villes tarnaises portent son nom[6] ainsi que le collège de Blaye-les-Mines, sa ville natale, inauguré en 1990 par Lionel Jospin, alors ministre de l'Éducation nationale.
Bibliographie
- « Augustin Malroux », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition]
- Jean Maitron (dir.) (cédérom), Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, éd. de l'Atelier, : MALROUX Augustin.
- Louis Mexandeau, Histoire du Parti socialiste (1905-2005), éd. Tallandier, .
- Anny Malroux, Avec mon père Augustin Malroux, imprimerie coopérative du Sud-Ouest, (réimpr. 1997).
- Olivier Wieviorka, Les orphelins de la République : destinées des députés et des sénateurs français, 1940-1945, Paris, Seuil, coll. « L'univers historique », (1re éd. 2001), 472 p. (ISBN 978-2-02-128374-7, BNF 44412821, présentation en ligne), [présentation en ligne].
- Pierre Miquel, Les quatre-vingts, éditions Fayard, 1995, (ISBN 2-213-59416-3)
- Jean Odin, Les Quatre-vingts, FeniXX réédition numérique, , 232 p. (ISBN 978-2-40207-154-3)