Auriant
critique littéraire français
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Auriant ou Louis Auriant, pseudonyme d'Alexandre Hadjivassiliou, est un critique littéraire du XXe siècle né le 21 août 1896 en à Alexandrie (Égypte) et mort à Paris le 6 mars 1990.
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| Nom de naissance |
Alexandre Hadjivassiliou |
| Pseudonyme |
Auriant |
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| Rédacteur à |
Biographie et carrière
Auriant est parfois aussi connu comme « Louis »[1] Auriant et son véritable nom est Alexandre Hadjivassiliou[2].
Issu d'une famille grecque, il naît en Égypte à Alexandrie[3] et reçoit une éducation internationale avant d'émigrer en France, à Paris, durant la Première Guerre mondiale[3]. Il y meurt en 1990 à 93 ans[4].
Il travaille notamment au Mercure de France où il côtoie Paul Léautaud comme chroniqueur pendant 19 ans[5] et est également en charge de la revue AEsculape entre 1920 et 1940[1].
D'après le dictionnaire des orientalistes[3], son pseudonyme lui est inspiré par des paroles de Rachilde, épouse du Directeur du Mercure de France et également femme de lettres, qui le salue en faisant référence à ses origines orientales (« tiens, voilà l'orient ») afin d'éviter de devoir prononcer son nom à la consonance compliquée pour un francophone.
Il écrit des essais sur des auteurs contemporains ou des personnalités historiques avec parfois des liens avec l'orient. Au total ses œuvres sont nombreuses avec une première publication connue en 1926 et une dernière en 1990, peu avant sa mort. Les maisons d'édition étaient prestigieuses au début et plus confidentielle (les éditions « À l'Écart de Reims ») à la fin.
Francis Lacassin parle longuement de lui dans ses mémoires en évoquant un critique qui « partageait son activité entre réhabilitation et démolitions »[3].
Apports et controverses
Sur Alphonse Daudet
Il est connu pour avoir dénoncé le célèbre Alphonse Daudet comme une imposture qui aurait, selon lui, fait appel à un nègre littéraire (Claude Farrère)[3].
Anne-Simone Dufier[6] cite un passage particulièrement dur d'Auriant envers Daudet :
Nulle « gloire » ne fut plus sophistiquée, plus fabriquée, plus artificiellement agencée et soufflée que la sienne… Une légende l’auréole, créée par lui-même soigneusement entretenue par ses ayants droit qui veillèrent jalousement à ce qu’elle se perpétuât intacte… Tous les jugements sont à réviser Le moment est venu pour Alphonse Daudet de sortir de la légende et d’entrer, dépouillé de son faux prestige, dans l’histoire littéraire où sa place n’est pas parmi les maîtres comme on a cherché à faire accroître de son vivant, ni même parmi les petits maîtres du xixe siècle, mais à la suite des romanciers discrédités ou disqualifiés[7].
Luc Badesco[8] part du même article dont est tirée la citation ci-avant et dit de celui-ci qu'il est une étude "excellente" et "très dense".
Sur Lamartine et le Chevalier de Lascaris
François Pouillon[9] évoque les écrits d'Auriant[10] dans lesquels il accuse Lamartine de s'être fait avoir par M. de Lascaris, qui serait un mythomane, quand il raconte ses aventures dans son "Voyage en Orient". Gabriel Guémard reprend également ses propos en les appuyant avec les mots très durs comme "mets à néant la fable"[11] et continue dans l'article en louant ses efforts : "non seulement M. Auriant nous a rappelé que Fathalla Sayeghir avait déjà été convaincu de mensonge; mais, en compulsant les archives avec une patience et une sagacité fort louables, il a reconstitué la véritable physionomie de Lascaris et ramené ses machinations syriennes à leur juste valeur.".
Sur l'origine du Monde de Courbet
Il participe longuement[1],[12] à la controverse qui a lieu à l'époque sur le tableau "L'origine du Monde" de Gustave Courbet.
Sur l'indépendance égyptienne
Il milite, tout jeune, pour l'indépendance égyptienne[13], notamment en écrivant un pamphlet publié par Paul Delesalle et travaille avec Georges Sorel sur un article à propos d'un "mémoire adressé en 1828 par Jeremy Bentham à Muhammad Ali sur un projet de constitution pouvant assurer l’indépendance de l’Égypte"[13]. L'article n'est finalement publié qu'après l'indépendance mais sera le dernier article auquel Sorel collabore avant sa mort.
Sur Jehan Rictus
Il est une des sources de Léautaud[14] quand celui-ci affirme que le "poète des déshérités" Jehan Rictus était "appointé par ces messieurs de la Tour Pointue", ce qui en langage plus clair veut dire qu'il était un indicateur de la police plus connue aujourd'hui comme étant le 36, quai des orfèvres.
Sur Rimbaud
Le dictionnaire Rimbaud[15] sous la direction de Jean-Baptiste Baronian met en exergue la découverte de Auriant sur la collaboration de Rimbaud avec un journal satirique de la fin de l'Empire, jusque là inconnue[16]. Cette révélation est importante car elle met en exergue que le poète n'a pas écrit uniquement pour le plaisir mais a cherché également à se faire imprimer. Le poème en question "Trois Baisers" est un état antérieur d'un autre poème publié ultérieurement et mieux connu sous le nom de "Comédie en trois baisers"[16].
Sur Napoléon et le sionisme
Sur le débat qui porte sur le soutien qu'aurait apporté Napoléon Bonaparte au sionisme, les travaux d'Auriant sont utilisés par Henry Laurens[17]. En effet, Auriant, reconnu comme expert des archives de l'expédition d'Egypte, insiste sur la non existence d'un document dans lequel Napoléon appellerait à la création d'un état juif au sein de ces archives tout en mettant au jour un texte signé LB dans un journal proche de Napoléon. Ce texte, publié quelques semaines avant l'expédition, à un moment où celle-ci est encore secrète, prend clairement position pour que les juifs émigrent en ces lieux après la conquête française.
Œuvres
- Auriant, « Histoire d'Ahmed-Aga le Zantiste : Un projet de conquête du Darfour (1796-1799) », Revue de l'histoire des colonies françaises, , p. 181-234
- Auriant, Aventuriers et originaux, Paris, Gallimard, , 224 p. (BNF 31743049)
- Auriant, « L'Envers d'une muse : variété », Les Œuvres libres, A. Fayard et Cie, no 202,
- Auriant, La Vie du Chevalier Théodore Lascaris ou l'Imposteur malgré lui, Paris, Gallimard, , 207 p. (BNF 31743063)
- Auriant, La Véritable histoire de « Nana », Paris, Mercure de France, , 147 p. (BNF 41621077)
- Auriant, Fragments (Mélanges et souvenirs), Bruxelles, Éditions de la « Nouvelle revue Belgique », (BNF 31743054)
- Auriant, Les Secrets de la comtesse de Castiglione, Paris, Éditions C-L, , 219 p. (BNF 41621076)
- Auriant, Koutchouk-Hanem, l'almée de Flaubert : suivi de onze essais sur la vie de Flaubert et sur son œuvre, sur Maxime du Camp et Louise Colet, les sources de 'Madame Bovary', des notes sur 'Salammbô' et l"Education sentimentale', les logis de Flaubert..., Paris, Mercure de France, , 158 p. (BNF 41621072)
- Auriant, François Bravay ou le « Nabab », Paris, Éditions C-L, , 173 p. (BNF 38775759)
- Auriant, Nouveaux pèlerinages littéraires, Paris, F. Sorlot, , 24 p. (BNF 38775759)
- Auriant, Souvenirs sur Louis Mandin, Paris, Imprimerie de Delmont, , 45 p. (BNF 31743061)
- Auriant, Quatre héros d'Alphonse Daudet : Sapho, Flamant, Alice Doré, Tartarin, suivi de quatorze essais sur Xavier de Montépin et Baudelaire, Barbey d'Aurevilly et Ronsard, Ernest Feydeau, Gobineau, Charles Coligny et S. Mallarmé, Courbet..., Paris, Mercure de France, , 311 p. (BNF 31743059)
- Auriant, Darien et l'inhumaine comédie, Bruxelles, Ambassade du Livre, , 364 p. (BNF 35173358)
- Auriant, Une vipère lubrique : Paul Léautaud, Bruxelles, Ambassade du Livre, , 227 p. (BNF 32909546)
- Auriant, Le Double visage d'Alphonse Daudet, Reims, À l'Écart, , 74 p. (BNF 37630128)
- Auriant, Le Culte des idoles d'Hughes Rebell, Reims, À l'Écart, (BNF 37683770)
- Auriant, Gérard de Nerval et les mésaventures de l'apocryphe Marquis de Fayolle : suivi de L'Impromptu d'Othis, Reims, À l'Écart, (BNF 37674426)
- Auriant, Sur un conte d'Edgar Poe, Reims, À l'Écart, , 22 p. (BNF 37702710)
- Auriant, Edouard Gauttier d'Arc du Lys : arrière petit-neveu de la Pucelle d'Orléans, consul général du Roi en Egypte 1842-1843 : ses relations avec Balzac, George Sand et Gérard de Nerval, Reims, À l'Écart, , 40 p. (BNF 37702647)
- Auriant, Hugues Rebell à l'Ermitage, 1892-1900 : avec dix lettres écrites à Henri Mazel, Reims, À l'Écart, , 74 p. (BNF 37182725)
- Auriant, Jean de Mitty, Hugues Rebell et le Journal d'un valet de chambre, Reims, À l'Écart, , 37 p. (BNF 37674939)
- Auriant, Rue de la Vieille-Lanterne, Reims, À l'Écart, , 167 p. (BNF 37679535)
- Auriant, Souvenirs sur Madame Rachilde, Reims, À l'Écart, , 81 p. (BNF 37682021)
- Auriant, La Vie et les « rêves » de Gérard Labrunie dit Gérard de Nerval, Reims, À l'Écart, (BNF 37582458)
- Auriant, Trois fragments de la vie de Georges Darien, Reims, À l'Écart, , 24 p. (BNF 37682058)