Béké

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Martinique (France) 3 000 (2009)[1]
Guadeloupe (France) 2 000 (2009)[2]
Autres incertaine
Population totale 5 000
Békés
Populations importantes par région
Martinique (France) 3 000 (2009)[1]
Guadeloupe (France) 2 000 (2009)[2]
Autres incertaine
Population totale 5 000
Autres
Régions d’origine France (majorité)
Pays-Bas
Royaume-Uni
Langues Français
Religions Catholicisme (majorité)
Judaïsme[3],[4] (minorité)
Ethnies liées Français

Aux Antilles françaises, un béké (créole martiniquais) est un blanc créole descendant des premiers colons en majorité esclavagistes. Ce terme, issu du créole martiniquais, concerne principalement les descendants originaires de Martinique mais aussi ceux de Guadeloupe[5],[6].

En Martinique, les békés constituent un peu moins d'un pour cent de la population, soit environ 3 000 personnes[1].

En Guadeloupe, en langue créole, on parle aussi de « Blan-péyi » (Blancs-pays)[7], bien que ce terme soit plus large puisqu'il peut aussi désigner des individus blancs nés et élevés sur l’île mais dont la famille n'est pas présente depuis l'époque coloniale.

Un grand nombre des colons grands propriétaires terriens de Guadeloupe a fui ou a été condamné à mort lors de la Révolution française et à la suite de la première abolition de l'esclavage en 1794. Par conséquent, les békés actuels de Guadeloupe sont tous originaires de Martinique, où ils ont généralement toujours des liens familiaux ou des intérêts économiques.

Le terme « béké » est parfois également employé comme adjectif.

Il semble que le mot soit d'origine igbo (Nigeria), langue dans laquelle il désigne un Blanc[8].

Selon une autre hypothèse, le mot béké viendrait de la langue ashanti, m’béké signifiant « homme détenant le pouvoir »[9].

Origines de la communauté békée

Les békés descendent des colons européens qui ont émigré dans les Antilles françaises au XVIIᵉ siècle[10].

Les immigrants sont principalement des négociants et des membres de familles de la noblesse, pour ces derniers en général des cadets de famille. En Martinique, 28 familles béké sur 209 environ ont une origine noble (soit environ 13 %)[11] ; ce taux est toutefois sans doute sous-estimé à cause du manque d'archives[12]. De plus, il faut préciser que Louis XIV acceptait d’anoblir les planteurs détenant plus de cent esclaves[13].

Le terme inclut également les engagés ou « 36 mois » (nom qui correspond à la durée de leur contrat avec leur maître)[14]. À la fin de ce contrat le maître leur donnait en nature 300 livres de pétun. Ce pécule leur permettait soit de payer leur voyage de retour soit d'acquérir les outils nécessaires pour défricher une concession à leur propre compte[15]. Cependant, une grande partie de cette main-d'œuvre mourait avant l'échéance des 3 ans[16]. Ces pauvres ou modestes gens, soldats, artisans ou travailleurs européens sont venus très tôt aux Antilles françaises, avant même, pour certains, l'arrivée massive des esclaves africains.

Métissés ou non avec la population d'origine africaine, les békés pauvres furent parfois, dans un premier temps, rejetés par les riches propriétaires békés[réf. nécessaire]. Toutefois, certaines de ces plus anciennes familles de la Martinique ayant réussi dans les affaires ont été anoblies sous Louis XV, comme ce fut le cas pour Jean Assier (1688-1771)[17].

Il existe encore des békés de classe modeste ou pauvre, qui furent appelés en Martinique « békés griyav », soit « békés goyave », car certains d'entre eux étaient affectés à la récolte de la goyave et résidaient sur ces plantations.[réf. nécessaire]

Les Blancs créoles sont majoritairement d'origine française même si on y trouve aussi des descendants de ressortissants néerlandais (certains ont été chassés du Brésil et amenèrent la culture de la canne à sucre[18]) ou britannique notamment. Dans une grande majorité catholiques, ils pouvaient également être de confession protestante ou juive[3].

Histoire

En Martinique

Les premiers Blancs arrivent à la Martinique dès la fin du XVIIe siècle et obtiennent du roi de France la concession de terres et se lancent dans la culture de la canne à sucre. Sociologiquement, il s'agit de cadets de familles nobles ou de la bourgeoisie désargentés ainsi que d'aventuriers. Ils sont appelés békés, les Européens installés aux Antilles. Les esclaves transportés depuis l'Afrique arrivent en même temps, ainsi que les engagés. Ceux-ci sont des métropolitains qui s'engagent au service d'un Blanc pour une durée donnée en échange du paiement des frais du voyage.

En 1793 ils signent le traité de Whitehall avec les Britanniques, qui place l’île sous domination britannique et y maintient l'esclavage après la signature du décret d'abolition de l'esclavage du 4 février 1794 par la République française[19].

En Guadeloupe

En Guadeloupe, les Blancs Péyi (Blancs-Pays) ont une histoire différente de ceux de la Martinique. Contrairement à cette dernière, qui était sous occupation britannique, la Guadeloupe connut la Révolution française et surtout la première abolition de l'esclavage en 1794. C'est dans ce contexte de guerre contre les troupes britanniques et pour éviter que des colons ne livrent l'île aux Britanniques pour rétablir les privilèges et l'esclavage que la quasi-totalité des grands propriétaires terriens (les grands planteurs) de l'île a été guillotinée par les troupes révolutionnaires amenées par Victor Hugues (commissaire de la Convention)[20].

Les rares survivants s'enfuirent dans les îles alentour. Les descendants des colons guadeloupéens n'ayant pas été exécutés (petits planteurs, marins, commerçants, militaires…) sont appelés « Blancs Pays ». Par la suite, progressivement, quelques békés de la Martinique s’installèrent en Guadeloupe tout en conservant étroitement leurs liens avec leurs familles d'origine. En Guadeloupe, ils constituent 1% de la population, aux Antilles ils détiennent 40% de l'économie[21].

Situation sociale

En Martinique en 2009, les békés représenteraient environ 3 000 personnes pour environ 400 000 habitants[1]. Dans le passé, le groupe était lui-même très hiérarchisé en fonction du nom, de la fortune et du niveau d'éducation[22].

Les grandes familles sont les Hayot (famille d'origine normande arrivée à la Martinique à la fin du XVIIe siècle, dont un des descendants, Bernard Hayot, propriétaire du Groupe Bernard Hayot, est la plus grande fortune des Antilles françaises[1], et 275e fortune de France[23]), les Huyghues Despointes (famille d'origine protestante qui a ses racines dans le nord de la France, arrivée au XVIIe siècle[24], dont une partie des descendants est aujourd'hui propriétaire des principales usines de produits alimentaires[1]), les Fabre, les Duchamp, les Assier de Pompignan (l'une des plus anciennes familles de békés de la Martinique – trois siècles après l'arrivée de son ancêtre Jean, on dénombre 300 de ses descendants directs sur l'île), les Plissoneau, les Dorn, les Reynal de Saint-Michel, les Lucy de Fossarieu, Vivies, Loret, Barbotteau ou encore les Aubéry[25].

Dans les années 1990, les békés contrôlent 29,2 % des entreprises de plus de vingt salariés de Martinique et 16,5 % des entreprises de plus de dix salariés en Guadeloupe[26]. En 2009, selon les estimations citées par Libération, « les statistiques ethniques étant interdites » en France, les Békés sont estimés à moins de 1 % de la population, mais sont très présents dans la filière agroalimentaire qu’ils détiendraient à 90 %, et détiendraient aussi 50 % des terres[27].

Toutefois, beaucoup de descendants de familles békés aux Antilles, en Martinique comme en Guadeloupe, n'ont pas un niveau social élevé. Directeur d'un club de fitness à Pointe-à-Pitre, Robert Lignières assure : « Aujourd'hui, nous comptons parmi les békés de Guadeloupe beaucoup plus d'employés, de RMIstes et de dirigeants de petites entreprises que de grands patrons »[28][source insuffisante]

Personnalités békées

Notes et références

Annexes

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