Désert de Syrie
désert du Moyen-Orient
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Le désert de Syrie (arabe : بادية الشام, Bādiyat al-Shām) appelé aussi simplement la Badiya est une zone de désert chaud, de semi-désert et de steppe située dans le nord du désert d'Arabie et de la péninsule arabique, s'étendant de la Jordanie à l’Irak en passant par la Syrie[1]. Ce grand arc steppique parcouru par les nomades, d'une superficie d'environ 520 000 km2, est très rocailleux et compte peu de reliefs.
| Désert de Syrie | |||||
Croisement de routes près du site de Palmyre en août 2008 | |||||
| Localisation | |||||
|---|---|---|---|---|---|
| Pays | |||||
| Superficie | 520 000 km2 | ||||
| Coordonnées | 33° 20′ 00″ nord, 38° 50′ 00″ est | ||||
| Géolocalisation sur la carte : Moyen-Orient
Géolocalisation sur la carte : Syrie
Géolocalisation sur la carte : Jordanie
Géolocalisation sur la carte : Irak
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Par abus de langage, le désert de Syrie est également appelé la Chamiyé[2], terme qui désigne le domaine steppique sur la rive droite de l’Euphrate, limité au sud par la ligne joignant Damas à Anah, dans la vallée de l’Euphrate au sud d’Abu Kamal[3].
Géographie
La Badiya est bordée à l'ouest par la vallée de l'Oronte et à l'est par l'Euphrate.
Elle se divise en trois régions : au nord le Chombol, au centre le Manader et au sud le Hamad[2].
Au nord, le désert est moins aride, présentant des zones herbeuses, plus fertiles, bordées par le « croissant fertile ». A l’est de la ville de Homs se trouve une zone aride connue sous le nom de désert de Homs, dont la surface est de terre battue.
Toute la région du plateau oriental, situé en Syrie, est traversée par une chaîne basse de montagnes, le Djebel al Rawaq, de Damas à Palmyre, prolongé par le Djebel Abou Ridjmenn (ou Rujmayn) puis le Djebel Bichri, qui s’étend pour sa part au nord-est du plateau, jusqu'à l’Euphrate.
La chaîne du Djebel al Rawaq barre la plaine de ses plissements parallèles et présente sur son versant méridional une face escarpée, souvent terminée, près de la crête, par une faille abrupte[4]. Le Djebel al Rawaq ne présente que de rares passes bien déterminées.
Au sud de ces montagnes se trouve une région désertique aride connue sous le nom de Hamad, un plateau dépourvu de réseau hydrographique, autrefois domaine exclusif des tribus chamelière[5].
Le désert Dahek est une partie de la Badiya située en Jordanie,
Al-Soukhna est une ville située dans le désert de Syrie.
- Paysages
- Dans le désert Dahek, partie du désert de Syrie en Jordanie, près de la ville frontière d'Al-Omari en novembre 2017
Histoire

Le désert est originellement habité par des tribus de Bédouins, comme le prouvent des inscriptions safaïtiques et des textes proto-arabiques écrits par des nomades instruits qui ont été retrouvées à travers le désert syrien. Elles sont datées entre le Ier siècle av. J.-C. et le IVe siècle de notre ère.
Voie de passage entre le Levant et la Mésopotamie, le désert connaît une époque de prospérité sous le royaume de Palmyre, étape majeure de la route de la soie, annexé par l'Empire romain en 272[6].
Durant des siècles, les grandes tribus chamelières des Shararat et des Rwala vivaient durant l’hiver dans les dunes du désert du Néfoud et dans le Wadi Sirhan, puis partaient vers le nord afin de passer l’été dans la Badiya[1].
Sous l'Empire ottoman, une partie du désert est rattachée au sandjak de Zor qui établit un contrôle administratif sur les nomades de la tribu des Chammar.
À la suite des accords Sykes-Picot de 1916, la Badiya est partagée entre le mandat français en Syrie (Syrie actuelle) et le mandat britannique de Mésopotamie (Irak actuel), la frange sud-ouest étant attribuée au royaume de Transjordanie. De 1919 à 1921, le commandant Ramadan al-Shallash résiste à l'occupation franco-britannique au nom des Hachémites.
Sous le régime baathiste, à partir de 1968, le monumental « projet de l'Euphrate » vise à transformer une grande partie du désert en terre cultivable par la construction du barrage Assad et le développement de l'irrigation sur un plan de 640 000 hectares dont 160 000 déjà irrigués localement par des puits et 450 000 à gagner sur la steppe[7]. Des milliers de techniciens et fonctionnaires, venus d'Alep et autres villes de Syrie centrale, sont implantés dans des nouveaux quartiers, notamment à Raqqa et dans la ville nouvelle de Thawra (renommée Al-Tabqah en 2025). Cependant, beaucoup de ces travailleurs quittent la région après l'achèvement du barrage en 1977[8]. Le relogement des Bédouins dans des « fermes modèles » s'avère décevant : la salinisation des sols et la crise du secteur étatique aboutissent à l'abandon du programme d'irrigation ou à son transfert au secteur privé. Au total, sur 640 000 hectares prévus, seuls 82 000 (12,8%) sont effectivement irrigués en 1986[9].

À partir de 1993, un « festival du désert » (al-mahradjan al-sahrawi) est organisé à Palmyre, Deir es-Zor, Raqqa, al-Rasafa, Hama et Alep ; les années suivantes, il est concentré à Palmyre avec des délégations des autres gouvernorats. Ce « festival de la Badiya » accompagné de courses de chevaux et de dromadaires vise à valoriser les arts et traditions bédouines dans leur contribution à l'identité nationale syrienne. En fait, c'est un folklore reconstitué où les danses et musiques bédouines se mélangent à des scènes des Mille et Une Nuits, où les chants en arabe dialectal sont remaniés sur le modèle de la langue officielle et où les jeunes danseurs, des amateurs locaux, sont surtout des enfants de fonctionnaires et techniciens du barrage étrangers à la région car les familles bédouines, très conservatrices, refusent que leurs filles aillent danser sans foulard avec des inconnus[10].
Pendant la guerre civile syrienne, le désert passe temporairement sous le contrôle des djihadistes de l'État islamique lors de la bataille de Palmyre en 2015. Il est repris par les troupes gouvernementales syriennes, alliés aux milices chiites pro-iranienne et à la Russie, en 2017 lors de l'offensive de la Badiya, qui aboutit à la reprise de toutes les localités sur la rives ouest de l'Euphrate en [11]. En décembre 2024, la région est prise par les rebelles du Hayat Tahrir al-Cham lors de la chute du régime Assad. L'État islamique y maintiendrait toutefois des cellules clandestines, estimées à 300 hommes[12].
Populations
Des tribus bédouines vivent dans la région et ont gardé leur mode de vie traditionnel[2].
Infrastructures
La Badiya est traversée par l’axe routier Damas-Deir-ez-Zor, achevé en 1982, qui passe par Palmyre et Al-Soukhna[5].