Les Bagler, renforcés par les troupes recrutées par Reidar Sendiman, un gendre de Magnus V, pour le compte de l’empereur d’Orient et bénéficiant de la protection de l’archevêque Absalon de Lund, choisissent pour anti-roi en 1196 le jeune Inge Magnusson, qui sera le « 1er roi des Baglers ».
Bien que vaincus à Oslo, les Bagler vont assiéger Nidaros, dont ils s’emparent par trahison en 1197. Mais ils ne peuvent prendre Bergen, défendue par le roi lui-même (1198).
Ils sont les maîtres de presque tout le pays lorsqu’ils sont battus au combat naval de Strindsoe (1199) puis à Bergen (1200). Reidar, réfugié dans la citadelle de Toensberg, doit capituler après cinq mois de siège (1201). Après la mort de Sverre, son fils Håkon III de Norvège entre en négociation avec les représentants de l’Église, ce qui entraîne la mort du « roi Inge » abandonné par ses partisans (1202).
Le conflit se ranime dès la mort du roi Håkon III, car les Bagler opposent à son jeune successeur Guttorm Sigurdsson leur candidat Erling Steinvegg, « 2e roi des Baglers », et s’appuyant sur Valdemar II de Danemark ils envahissent la Norvège. Ils surprennent Nidaros, d’où le nouveau roi Inge II de Norvège s’échappe avec peine (1206), mais ils sont vaincus peu après par le Jarl Håkon Galin à Bergen.
Après la mort d’Erling Steinvegg, ils élisent comme « 3e roi des Baglers » en 1207 Philippe Simonsson, le propre neveu de l’évêque Nicolas. Toutefois, les deux partis épuisés concluent un accord à Hvitingsoe en 1208, par lequel Philippe obtient la main de Christine Sverresdatter, une fille du roi Sverre, et la partie sud-est de la Norvège à titre de vassal du roi Inge II.
Après la mort d’Inge II, Philippe Ier de Norvège, qui se considère comme un souverain à part entière, envisage de partager le pays avec le Jarl Skúli Bárdarson, mais il meurt lui-même en juillet 1217. Les Bagler, en paix depuis 10 ans, ne s’opposent pas au nouveau roi Håkon IV de Norvège et s’unissent même aux « Birkebeiner » contre la nouvelle faction des « Slittungs » (1218). Ils cessent désormais de former un parti.