Baisse du prix du pétrole de 2014-2016

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Puits de pétrole.

La baisse du prix du pétrole de 2014-2016 commence à partir de l’été 2014 lorsque le prix du pétrole baisse significativement, cette tendance se poursuivant jusqu'en 2016. Cette baisse des prix traduit un déséquilibre sur le marché pétrolier ; en effet la production pétrolière mondiale est en surproduction pendant cette période, c'est-à-dire que l'offre est supérieure à la demande[1]. Cette baisse des cours s'inscrit dans un contexte géopolitique et économique particulier : ralentissement de l'économie chinoise, baisse de la demande mondiale, retour de l'Iran dans les échanges internationaux, rivalité entre les États-Unis et l'Arabie saoudite pour le contrôle des marchés, etc. Étant donné la place du pétrole dans l’économie mondiale et son importance géostratégique, une telle baisse induit de multiples conséquences.

Ralentissement économique de la Chine et des autres pays émergents

Entre et le cours du Brent a baissé de plus de 65 %, passant de 110 à 35 dollars par baril[2],[3]. Selon certains analystes, le prix du baril ne devrait pas remonter au-dessus de 80 dollars avant 2020, et certains scénarios envisagent même des prix évoluant autour de 50 dollars le baril jusqu’à la fin de la décennie 2010[4],[1]. Goldman Sachs évoque même la possibilité d'un pétrole à 20 dollars le baril[5]. Plusieurs causes sont identifiables[6].

À partir de 2014 la croissance de l’économie chinoise connaît un certain ralentissement[7]. De nombreux indicateurs sont en décélération comme les ventes au détail, la consommation d'électricité, les investissements en capital fixe (infrastructures) ou encore la production industrielle. Pour la première fois depuis la crise de 2008, la croissance économique de la Chine est tombée au troisième trimestre 2015 sous 7 % en rythme annuel, le produit intérieur brut (PIB) de la deuxième économie mondiale n’ayant progressé que de 6,9 %. Ce ralentissement a pour conséquence de réduire la croissance de la demande de pétrole. Dans le sillage de la Chine, les autres économies émergentes (Brésil notamment) ralentissent, ce qui affaiblit encore la demande mondiale. La modeste reprise économique en Europe ne contribue pas à augmenter la demande[8].

Développement de la production de pétrole non conventionnel

Évolution de la production de pétrole en Arabie Saoudite, Russie et Amérique du Nord (États-Unis et Canada)[9].

La production de pétrole s'oriente à la hausse aux États-Unis à partir de 2008, grâce notamment à l’exploitation du pétrole de schiste. Les États-Unis produisaient plus 11 millions de barils par jour en 2014, une production jamais atteinte depuis le pic pétrolier de 1970. Le taux de dépendance des États-Unis vis-à-vis du pétrole étranger est ainsi passé de 60 % en 2005 à 30 % en 2016. Les progrès techniques dans l’exploitation des hydrocarbures de schiste à partir du début des années 2000 ont augmenté de manière exceptionnelle la rentabilité de ces forages, ce qui explique la hausse de la production pétrolière américaine. Cette dernière contribue à la surproduction mondiale qui pèse sur les prix[10].

Décisions stratégiques de l’OPEP

Face à l’augmentation de la production aux États-Unis et à la baisse des prix, l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP) a décidé de maintenir sa production. Les pétromonarchies du golfe Persique entendent, du fait de la baisse des cours, déstabiliser la production de pétrole de schiste américain dont les coûts d’extraction sont beaucoup plus élevés et ainsi conserver leurs parts de marché. Cette politique, voulue par l’Arabie Saoudite qui bénéficie de très faibles coûts d’extraction, commence à porter ses fruits puisque la production américaine, qui devient non rentable, recule[11].

Retour de l'Iran sur le marché pétrolier

Le , les grandes puissances (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) ont signé à Vienne un accord avec l'Iran sur le programme nucléaire de ce dernier. En échange d'une limitation du programme nucléaire de l'Iran pendant au moins une décennie, les sanctions occidentales qui pesaient sur le pays depuis 2012 sont levées. À partir de 2016 l'Iran peut donc de nouveau exporter son pétrole. L'offre de pétrole pourrait augmenter d'un million de barils par jour ce qui à terme pèserait sur les prix[12].

Conséquences

Références

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