Bakhshî
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Le bakhshî (persan : بخشی ; turc : bagşy) est un type de musique poétique des Turkmènes des provinces de Mazandaran[réf. nécessaire] et Khorassan au Nord de l'Iran, ainsi qu'au Turkménistan, en Ouzbékistan[1] et en Afghanistan[2]. Dont les poètes peuvent chanter a cappella ou bien en s'accompagnent de la vièle geychak ou du luth dotâr. Cette tradition est fortement liée à la musique achik des peuples turcs.
Le bakhshi-bâzi, comme le parikhâni, sont considérés comme des musiques ayant des vertus thérapeutiques. Dans les temps anciens, chez les Turkmènes d'Afghanistan, d'Iran et du Pakistan, où les malades sont vus atteints par des forces occultes et esprits malins, les faisant sombrer dans la détresse la plus extrême. Le porkhân, sorcier-guérisseur, chante l'éloge des fées en s'accompagnant de sâz, târ et dotâr, et en dansant, en même temps que le malade, jusqu'à devenir por (plein)[3].
Statut et rôle du Bakhshi
La musique des Bakhshis du nord du Khorassan (en persan : موسیقی بخشیهای شمال خراسان) est un patrimoine immatériel de l’humanité, enraciné dans la région du Khorassan septentrional, au nord-est de l’Iran. Cette musique traditionnelle, transmise oralement de génération en génération par les différentes communautés ethniques de la région, a été inscrite au patrimoine culturel immatériel de l'Iran le 25 novembre. Elle est caractérisée par une grande diversité stylistique due à la coexistence des cultures kurde, turque et turkmène dans cette zone frontalière[4].
Les Bakhshis sont des conteurs-musiciens, célèbres pour leur maîtrise du dotâr, un luth traditionnel à deux cordes. Ils interprètent des récits épiques, mystiques ou romantiques en langue kurde, turque, turkmène ou dans divers dialectes persans locaux. Ces performances ne sont pas limitées à des contextes rituels précis : elles animent aussi bien les fêtes que les cérémonies de deuil, incarnant ainsi une présence centrale dans la vie sociale[5].
Les principales villes où l’on trouve cette tradition sont Bojnourd, Shirvân, Esfarâyen, Quchân et Dargaz, ainsi que les zones turkmènes comme Jargalân. Cette musique diffère de celle de l’est et du sud du Khorassan par ses spécificités kurdes et turques[6].
Dans la culture populaire locale, être Bakhshi ne se réduit pas à savoir jouer du dotâr. Ce titre est réservé à ceux qui ont reçu un don divin : il implique des qualités morales élevées, un charisme particulier, et la capacité de narrer des histoires porteuses de sagesse. Le Bakhshi est à la fois poète, chanteur, instrumentiste et narrateur[7].
Les musiciens traditionnels du nord du Khorassan sont divisés en deux groupes principaux : les Ashiqs (souvent kurmanj, spécialisés dans la musique et la danse, utilisant le sorna, le ney, le tambourin ou le kamancheh) et les Bakhshis (surtout turcs et kurdes, dotaristes et conteurs[1]).
Les Bakhshis du nord du Khorassan partagent de nombreux éléments communs avec ceux du Turkménistan voisin : similitudes dans les récits, la construction et la technique de jeu du dotâr, qui diffère nettement de celle du dotâr oriental du Khorassan[5].
La récitation chantée de récits constitue l’essence de cette tradition musicale. Les chants s’articulent autour de thèmes épiques, historiques, religieux et amoureux, et sont accompagnés par une mélodie jouée au dotâr[4].
Instruments de musique traditionnels
Voici les principaux instruments utilisés dans la musique traditionnelle du nord du Khorassan[6]:
- Qushmeh : double flûte faite d’os d’oiseau (souvent de l’aigle noir), percée de sept trous sur chaque tube. C’est l’instrument le plus emblématique de la culture kurmanj, souvent accompagné par un tambour ou un daf.
- Kamancheh : instrument à archet, utilisé aussi bien pour les fêtes que pour les funérailles. Il est joué en duo avec le dohol (grand tambour).
- Flûte pastorale : utilisée par les bergers pour calmer les troupeaux et les guider.
- Sorna : instrument à anche double partagé avec d’autres régions iraniennes, mais dont l’usage prend une intensité unique lors des combats traditionnels de lutte kurde (chopeh-poush).
- Dotâr : le plus populaire et le plus complexe des instruments. Composé de deux cordes et d’une caisse de résonance en bois de mûrier, avec un manche en bois d’abricotier. Il accompagne les récits d’héroïsme et de résistance contre l’oppression.
