Ballet diplomatique
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Le ballet diplomatique est une expression qui désigne la versatilité des alliances qui se sont faites et défaites entre les grandes puissances européennes au XVIIIe siècle. Son objectif principal était de maintenir l'équilibre des puissances en Europe afin d'empêcher toute alliance ou tout pays de devenir trop puissant. Elle tire son nom anglais, Stately quadrille, de la quadrille, une danse où les participants changent constamment de partenaires.
L'exemple le plus souvent cité est celui de 1756, lorsque la Grande-Bretagne et l'Autriche abandonnèrent leur alliance pour nouer de nouvelles alliances avec leurs anciens ennemis, la Prusse et la France respectivement. Cet événement est connu sous le nom de révolution diplomatique.
Les alliances changeantes ont longtemps constitué un facteur important de la politique européenne et étaient souvent perçues comme des réponses à l'évolution des rapports de force et des menaces. Au cours du XVIe siècle et au début du XVIIe siècle, l'essentiel de la politique européenne s'est concentré sur la limitation du pouvoir des Habsbourg en Espagne et dans le Saint-Empire romain germanique.
Sous le règne de Louis XIV, la France remplace les Habsbourg comme puissance dominante en Europe. La montée en puissance de la France est contestée par la Ligue d'Augsbourg, une coalition d'échelle européenne, lors de la guerre de Neuf Ans (1688-1697). Après l'accession d'un Bourbon au trône d'Espagne, la Ligue d'Augsbourg affronte les Français et les Espagnols lors de la guerre de Succession d'Espagne (1702-1713), dans le but de restaurer la domination des Habsbourg en Espagne. Ce conflit permet à Philippe V de conserver le trône, au prix de la perte des possessions espagnoles en Europe.
Le ballet diplomatique
Dans les années qui suivent immédiatement la guerre, la Grande-Bretagne et la France, considérées comme les chefs des coalitions opposées lors du dernier conflit, forment une alliance et reconnaissent leurs intérêts communs, quoique temporaires. Dans les années qui suivent, elles parviennent à vaincre une Espagne renaissante, ancienne alliée de la France, lors de la guerre de la Quadruple-Alliance. L'Espagne recherche alors une alliance avec l'Autriche et l'obtient en 1725. La Prusse abandonne sa politique anti-autrichienne en 1728 (de).
En 1731, les relations entre la Grande-Bretagne et la France se distendent nettement. Le gouvernement britannique lance une initiative diplomatique avec l'Autriche, et une alliance (en) est mise en place. L'Espagne rompt son amitié avec l'Autriche et finit par se rallier de nouveau à la France. En 1732, l'Autriche, la Prusse et la Russie forment également une alliance.
En 1733, l'alliance anglo-autrichienne semble toutefois menacée, les Britanniques n'apportant pas leur aide aux Autrichiens lors de la guerre de Succession de Pologne. L'Autriche doit fortement compter sur la Russie et est contrainte de faire d'importantes concessions à l'Espagne lors du traité de paix de 1738. La Grande-Bretagne prend alors conscience de ce que son inaction avait permis à la France de devenir trop puissante.
En 1740, la Prusse, puissance émergente, attaque l'Autriche. La Grande-Bretagne et la France s'engagent rapidement dans la guerre de Succession d'Autriche, qui se solde par une impasse en 1748, quoique l'Autriche semble avoir subi les plus lourdes pertes. Malgré un important financement britannique, elle est de plus en plus désabusée par l'alliance anglo-autrichienne et commence à y chercher une alternative.
En 1756, l'Autriche fait ce que beaucoup considéraient comme impensable : rompre ses liens avec la Grande-Bretagne pour former une nouvelle alliance avec la France. Craignant une déstabilisation de l'Europe continentale et une guerre, la Grande-Bretagne s'allie alors à la Prusse par la Convention de Westminster, espérant qu'un nouvel équilibre des puissances permettrait d'éviter le conflit. Malgré cela, la guerre de Sept Ans (1756-1763) éclate.
En 1764 est formée l'alliance russo-prussienne. L'Autriche conclut ensuite une alliance secrète (jamais ratifiée) avec son ancien rival, l'Empire ottoman, en 1771. L'Autriche et la Russie forment alors une alliance contre les Ottomans en 1781. La Prusse, à son tour, s'allie à la Sublime Porte en 1790, et l'alliance prusso-britannico-néerlandaise joue un rôle de médiateur dans le traité de Sistova, qui met fin aux guerres austro-turques[1]. Ces événements menèrent également aux partages de la Pologne[2].
- Les alliances européennes dans les années 1720.
- Les alliances européennes dans les années 1740.
- Les alliances européennes au milieu du XVIIIe siècle.
