Alliance russo-prussienne

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Nouvelle carte du royaume de Prusse… par John Cary (1799).

L'alliance russo-prussienne, signée par le royaume de Prusse et l'Empire russe le , fut cruciale pour la relation entre les deux États et fait suite à la fin de la guerre de Sept Ans. Cet accord d'alliance élargissait le Traité de Saint-Pétersbourg (1762), qui avait mis fin au conflit entre les deux pays. Alliance défensive, chaque partie s'engageait à protéger la stabilité territoriale de l'autre. Elle autorisait également les deux pays à intervenir en République des Deux Nations, ce qui constituait l'un des principaux objectifs du traité.

Une gravure de 1792 par Antoine Radigues représentant Nikita Panine, l'auteur du traité établissant l'alliance russo-prussienne.

Le traité fut élaboré par le diplomate russe Nikita Panine[1]. Il développait le Traité de Saint-Pétersbourg (1762), qui avait mis fin aux combats de la guerre de Sept Ans entre la Prusse et la Russie[1]. Signé le , il jeta les bases du « système du Nord » dans la politique russe, au sein duquel la Russie et la Prusse étaient alliées à la Grande-Bretagne. Bien que l'alliance anglo-prussienne soit affaiblie à cette époque, les liens entre la Grande-Bretagne et la Russie se renforcèrent, avec la signature d'une alliance commerciale en 1766[1].

L'alliance était de nature défensive, chaque partie déclarant vouloir protéger la stabilité territoriale de l'autre[2]. Elle assurait ainsi à la Prusse une sécurité importante sur la scène internationale en transformant son ennemi le plus dangereux en allié[3]. L'alliance visait également à contrer la puissance des Habsbourg[1],[3]. Du point de vue de la Russie, l'Autriche s'était montrée moins disposée à faire des compromis sur les questions liées à l'expansion de la sphère d'influence russe et était donc moins attrayante comme alliée[4]. Selon certains historiens, la Russie allait devenir le partenaire dominant de l'alliance, atteignant partiellement l'un de ses objectifs de la guerre de Sept Ans : accroître son influence sur la Prusse[4]. D'autres considèrent au contraire que le traité constituait une victoire habile pour la Prusse, malgré la tendance de la Russie à la traiter comme un partenaire mineur[5]. Peu avant sa mort, Frédéric le Grand de Prusse déclara toutefois qu'il s'agissait du traité le plus avantageux qu'il ait jamais conclu[6].

De manière non négligeable, le traité permettait également à la Prusse et à la Russie d'exercer un meilleur contrôle sur la République des Deux Nations ; les deux parties s'engagèrent à empêcher l'élection d'un troisième roi issu de la maison de Wettin sur le trône polonais[7]. Les deux pays œuvrèrent ainsi de concert pour assurer l'élection de leur propre candidat, Stanislas Auguste Poniatowski, plus tard dans l'année[2]. Le traité comprenait également une disposition autorisant les signataires à intervenir en Pologne en cas de changement de régime non autorisé[8]. De fait, les deux puissances, avec l'Autriche, intervinrent conjointement en Pologne à la suite de la guerre de la Confédération de Bar, ce qui aboutit au premier partage de la Pologne en 1772[9].

Dissolution et conséquences

Détail d'un portrait de Grigori Potemkine datant de 1847, qui prônait un rapprochement entre la Russie et l'Autriche.

Cependant, au cours des décennies suivantes, l'attention de la Russie se porta de plus en plus vers le sud et l'Empire ottoman[7]. Préconisée par Grigori Potemkine, cette nouvelle orientation réduisit la valeur stratégique de la Prusse comme alliée de la Russie et rendit l'Autriche à nouveau plus attrayante[7]. L'alliance russo-prussienne fut de nouveau étendue en 1777, mais à la cour impériale de Saint-Pétersbourg, l'influence de la faction pro-prussienne de Panine fut éclipsée par celle de la faction pro-autrichienne de Potemkine[7]. Après la mort de Marie-Thérèse d'Autriche, Joseph II d'Autriche privilégia l'amélioration des relations avec la Russie, et des négociations secrètes débutèrent au début de 1781, aboutissant à une alliance austro-russe formée vers mai-[7]. L'alliance russo-prussienne exista formellement jusqu'en 1788, mais elle perdit de son importance suite à la déclaration de l'alliance austro-russe, qui isola la Prusse sur la scène internationale[7]. La Prusse chercha dès lors à nouer une nouvelle alliance avec la Grande-Bretagne[7]. La fin de cette alliance marqua également la chute de Panine, qui déclara un jour que sa propre survie politique était liée à ce traité[3],[6].

Voir aussi

Références

Bibliographie

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