Balma de Na Cristiana
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| Balma de Na Cristiana | ||||
Vue de l'entrée du dolmen. | ||||
| Présentation | ||||
|---|---|---|---|---|
| Type | Dolmen | |||
| Période | Néolithique (2000 av. J. C.) | |||
| Fouille | 1903, 1970, 1988 | |||
| Caractéristiques | ||||
| Matériaux | Granite | |||
| Géographie | ||||
| Coordonnées | 42° 29′ 04″ nord, 2° 53′ 13″ est | |||
| Pays | ||||
| Région | Occitanie | |||
| Département | Pyrénées-Orientales | |||
| Commune | L'Albère | |||
| Géolocalisation sur la carte : Pyrénées-Orientales
Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : Pyrénées
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La Balma de Na Cristiana est un dolmen situé dans le département français des Pyrénées-Orientales.
Balma est un toponyme d'origine celte[1] souvent utilisé en Catalogne et dans le Sud de la France pour désigner des grottes ou des lieux proches de grottes, mais aussi parfois pour des dolmens (Balma del Moro[2] à Laroque-des-Albères). Le mot est passé en catalan et signifie « grotte peu profonde » ou « abri sous roche »[3]. Le mot catalan Na vient du latin Domina, « Dame ». Il s'agit d'un article destiné à marquer la politesse ou le respect et placé devant le prénom d'une personne de sexe féminin[4]. Cristiana (ou Crestiana[5]) signifie « chrétienne »[6]. Selon Jacques Freixe, la dénommée Cristiana était une ancienne propriétaire du terrain où se situe le dolmen. Comme souvent dans la région, le nom de ce dolmen est probablement tiré d'une légende concernant la personne supposément inhumée à cet endroit. « Cristiana » pourrait être une christianisation de la légende[7].
Situation
Le dolmen de Na Cristiana est situé sur le flanc sud du puig de Sant Cristau, à 650 m d'altitude, sur un petit replat d'une ligne de crête, au pied d'un chaos rocheux, non loin du col du Perthus, dans l'Ouest du massif des Albères[8],[9].
- Le dolmen dans son environnement.
- Le dolmen vu du nord. Sur la droite, la dalle de chevet, fendue.
- Vue de l'est.
- Vue du dolmen et de son tumulus depuis le sud.
- Face ouest du dolmen. Les dalles sont en bon état.
Historique
Le dolmen a été endommagé peut-être au XIIIe siècle sans doute volontairement. Il a servi d'abri à de nombreuses époques[10].
Le , Prosper Mérimée donne lecture, devant le Comité historique des arts et monuments, à Paris, d'une lettre écrite par François Jaubert de Passa qui est fait un bilan des anciens monuments païens des Pyrénées-Orientales et mentionne « un dolmen très-dégradé, appelé roc de la Christiana »[11]. Paul Pallary est le premier à mentionner explicitement le dolmen en 1887[12]. En 1903, Jacques Freixe donne une description du monument qui est alors en très mauvais état : les deux dalles adjacentes à la dalle de chevet sont manquantes, la dalle la plus à l'est est renversée et la dalle de couverture n'est plus en position horizontale[13]. Dans sa description, Freixe confond l'espace laissé au sud par la dalle déplacée avec une ouverture du dolmen[13]. Il fouille l'édifice, sans résultat connu, et il en attribue la construction aux Sardones (ancêtres des Volques Tectosages)[14].
Jean Abélanet explore le dolmen en 1964, puis le fouille en 1970. En , le dolmen est à nouveau fouillé, puis restauré[15].

- Dalle en place.
- Dalle replacée lors de la restauration.
- Cale ajoutée lors de la restauration.

Description
La Balma de Na Cristiana est un dolmen à couloir, c'est l'un des monuments mégalithiques les plus imposant du Roussillon[16]. Le dolmen ouvre au sud-est. La chambre mesure 4 m sur 2 m[17]. La dalle de chevet (1,90 m de long sur 1,60 m de haut) s'est fendue dans le sens de la longueur, probablement sous le poids de la dalle de couverture ( 3,50 m de long sur 2,30 m de large et 0,35 m d'épaisseur en moyenne). Outre la dalle de chevet, la chambre est délimitée par trois orthostates de chaque côté. La grande dalle (1,90 m de long sur 1 m) visible dans le prolongement du côté nord-est n'est visiblement pas en place et sa fonction demeure inconnue. Lors de la restauration en 1988, une grande dalle rectangulaire, similaire à celles ayant servi à la construction du dolmen, a été découverte à environ 15 m du monument. On ignore si cette situation résulte du démantèlement du dolmen au Moyen Âge ou d'un abandon par les bâtisseurs néolithiques en cours de construction. Toutes les dalles sont en granite à grain fin, elles ont été extraites des affleurements voisins sur la pente du Puig Sant Cristau et régularisées par martelage[16]. La structure et les dimensions du tumulus demeurent inconnues[16].
Lors de la restauration, une dalle de béton a été coulée sur le sol de la chambre afin de décourager toutes nouvelles fouilles clandestines[18].