Barras (Alpes-de-Haute-Provence)

commune française du département des Alpes-de-Haute-Provence From Wikipedia, the free encyclopedia

Barras [baʁas] est une commune française, située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence, dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Faits en bref Administration, Pays ...
Barras
Barras (Alpes-de-Haute-Provence)
Chapelle Saint-Pierre et cimetière.
Blason de Barras
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d’Azur
Département Alpes-de-Haute-Provence
Arrondissement Digne-les-Bains
Intercommunalité Communauté d'agglomération Provence-Alpes Agglomération
Maire
Mandat
Rémy Graviere
2020-2026
Code postal 04380
Code commune 04021
Démographie
Gentilé Barrasiens
Population
municipale
139 hab. (2023 en évolution de −2,11 % par rapport à 2017)
Densité 6,7 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 06′ 20″ nord, 6° 06′ 50″ est
Altitude Min. 533 m
Max. 1 298 m
Superficie 20,8 km2
Type Commune rurale à habitat très dispersé
Unité urbaine Hors unité urbaine
Aire d'attraction Digne-les-Bains
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Digne-les-Bains-2
Législatives Première circonscription
Localisation
Géolocalisation sur la carte : France
Voir sur la carte topographique de France
Barras
Géolocalisation sur la carte : France
Voir sur la carte administrative de France
Barras
Géolocalisation sur la carte : Alpes-de-Haute-Provence
Voir sur la carte topographique des Alpes-de-Haute-Provence
Barras
Géolocalisation sur la carte : Provence-Alpes-Côte d'Azur
Voir sur la carte administrative de Provence-Alpes-Côte d'Azur
Barras
Fermer

Le nom de ses habitants est Barrasiens[1].

Géographie

Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes
Barras et les communes voisines (cliquez sur la carte pour accéder à une grande carte avec la légende).

Le village est situé à 625 m d’altitude[2].

Les communes limitrophes de Barras sont Thoard, Champtercier, Aiglun, Mirabeau, L’Escale et Volonne.

Relief

Le point culminant est au sommet du Ruth (1 298 m) ; le pic d’Oise (1 140 m, situé sur la commune de Champtercier) offre un très beau panorama.

Risques naturels et technologiques

Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton de Digne-les-Bains-Ouest auquel appartient Barras est en zone 1b (risque faible) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques[3], et en zone 4 (risque moyen) selon la classification probabiliste EC8 de 2011[4]. La commune de Barras est également exposée à trois autres risques naturels[4] :

  • feu de forêt,
  • inondation (dans la vallée de la Duyes),
  • mouvement de terrain : la commune est presque entièrement concernée par un aléa moyen à fort[5].

La commune de Barras n’est exposée à aucun des risques d’origine technologique recensés par la préfecture, et aucun plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) n’existe pour la commune[6]. Le Dicrim n’existe pas non plus[7].

La commune a été l’objet de deux arrêtés de catastrophe naturelle, en 1994, pour des inondations et coulées de boue (un arrêté pour celles de l’hiver 1993-1994, et un pour celles de l’automne)[4].

Hydrographie

La commune est traversée par le torrent des Duyes.

Transports

La commune est traversée par la route départementale RD 17 qui dessert la vallée de la Duyes.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[8]. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec[9]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne[10] et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à 1 000 mm, minimale en été[11]. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[12],[13].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10,7 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 11,5 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 830 mm, avec 6,6 jours de précipitations en janvier et 4,7 jours en juillet[8]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Château-Arnoux-Saint-Auban à km à vol d'oiseau[14], est de 13,4 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 714,2 mm[15],[16]. La température maximale relevée sur cette station est de 42,2 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −13,4 °C, atteinte le [Note 1].

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune[17], un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme

Typologie

Au , Barras est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[18]. Elle est située hors unité urbaine[19]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Digne-les-Bains, dont elle est une commune de la couronne[Note 2],[19]. Cette aire, qui regroupe 34 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[20],[21].

Occupation des sols

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (76,1 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (75,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (49,2 %), forêts (27 %), terres arables (16,8 %), zones agricoles hétérogènes (4,9 %), prairies (2,1 %)[22].

L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie

La localité apparaît pour la première fois dans les textes en 1202 (de Barracio)[23], sous la forme Albarasco au XIIIe siècle[24].

Barràs en provençal

Selon Charles Rostaing, il se constitue sur la racine oronymique (désignant une montagne) *BAR. Selon Ernest Nègre, il est formé sur le gaulois barro, avec le suffixe augmentatif -as[25],[26], définissant un sommet assez caractéristique, pour être immédiatement identifiable.

Le toponyme La Garde, au-dessus de Tournefort, peut faire référence à un habitat fortifié des IXe et Xe siècles[27] et le toponyme des Bourguignons fait référence au nom de peuple[28].

Histoire

Dans l’Antiquité, les Bodiontiques (Bodiontici) peuplaient la vallée de la Bléone et ses affluents, et étaient donc le peuple gaulois qui vivait dans l’actuelle commune de Barras. Les Bodiontiques, qui sont vaincus par Auguste en même temps que les autres peuples présents sur le Trophée des Alpes (avant 14 av. J.-C.), sont rattachés à la province des Alpes-Maritimes lors de sa création[29]. Un habitat antique se trouvait aux lieux-dits Saint-Pierre et Chapelier, au sud du village. Le prieuré de l’abbaye de Ganagobie a pu s’y trouver : il existait au XIe siècle[27].

En 1070, un certain Féraud fait don du fief de Beaucouse (aujourd’hui dans la commune de Thoard) à l’abbaye Saint-Victor de Marseille. L’essentiel du territoire de la commune de Barras relève de ce fief, donc Barras a pour seigneur l’abbaye Saint-Victor[27]. À cette époque, il y avait un grand domaine (villa) à Saint-Domnin, où l’abbaye installe un prieuré, qui a dû passer à l’évêque de Gap au XIVe siècle[27].

Hameau de Barras, reliquat de l’habitat dispersé médiéval.

La communauté médiévale de Barras se caractérise par l’habitat dispersé. Elle compte 37 feux au dénombrement de 1315[30]. Elle est fortement dépeuplée par la crise du XIVe siècle (Peste noire et guerre de Cent Ans) et est complètement annihilée au dénombrement en 1471[30]. Le fief de Barras, plus petit, appartient aux comtes de Provence jusqu’en 1297, lorsque Charles II de Provence le donne à une famille noble qui prend le nom de son fief (famille de Barras donc)[31]. Cette famille perdura jusqu'au XIXe siècle et donna de nombreux officiers tels que Jean-Antoine de Barras de la Penne (1650-1730) et que Jacques-Melchior Barras de Saint-Laurent (1719-1793).[Interprétation personnelle ?]

La communauté de Tournefort était plus importante que celle de Barras au Moyen Âge : elle comptait 48 feux en 1315[30]. Mais elle est elle fortement dépeuplée par la crise du XIVe siècle, déclarée inhabitée en 1400[27] et annexée par celle de Barras au XVe siècle[30]. À la même époque, des routiers s’emparent du château de Tournefort et menacent la région par leurs raids et leurs pillages. Après le siège réussi du château de Briançonnet (dans le même cas), l’armée levée par Sisteron vient mettre le siège devant celui de Tournefort en 1393 et en expulse les brigands[27].

L’église dépendait de l’abbaye de Chardavon (actuellement dans la commune de Saint-Geniez), abbaye qui percevait les revenus attachés à cette église[32].

La société patriotique de Barras est créée en 1791[33] : c’est l'une des premières des Basses-Alpes, cette précocité étant probablement due au fait que son curé, Jean Gaspard Gassend est député aux États généraux. Elle correspond à la fois avec le club des Jacobins et celui des Feuillants[34].

Le coup d'État du 2 décembre 1851 commis par Louis-Napoléon Bonaparte contre la Deuxième République provoque un soulèvement armé dans les Basses-Alpes, en défense de la Constitution. Après l’échec de l’insurrection, une sévère répression poursuit ceux qui se sont levés pour défendre la République : 5 habitants de Barras sont traduits devant la commission mixte[35].

Comme de nombreuses communes du département, Barras se dote d’une école bien avant les lois Jules Ferry : en 1863, elle une école dispensant déjà une instruction primaire aux garçons[36]. Par contre, aucune instruction n’est donnée aux filles : ni la loi Falloux (1851) qui impose l’ouverture d’une école de filles aux communes de plus de 800 habitants, ni la première loi Duruy (1867), qui abaisse ce seuil à 500 habitants, ne concernent Barras[37],[38]. La deuxième loi Duruy (1877) lui permet, grâce aux subventions de l’État, de construire une école neuve[39], mais ce n’est qu’avec les lois Ferry que les filles du village sont scolarisées.

Jusqu’au milieu du XXe siècle, la vigne était cultivée à Barras. Le vin produit, de qualité médiocre, était destiné à l’autoconsommation. Cette culture est aujourd’hui abandonnée[40]. De la même façon, l’olivier, cultivé sur de petites surfaces au XIXe siècle, jusqu’à l’altitude de 600 mètres, exceptionnellement jusqu’à 700 mètres, a aujourd’hui disparu[41].

Héraldique

Davantage d’informations Blason, Détails ...
Blason de Barras Blason
Fascé d'or et d'azur de six pièces[42].
Détails
Le statut officiel du blason reste à déterminer.
Fermer

Politique et administration

Municipalité

Davantage d’informations Période, Identité ...
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mai 1945   Danton Legay[43] Résistant ancien Résistant, se présente sous cette étiquette.
         
mars 2001 mars 2008 Bertin Jassend    
mars 2008 en cours
(au 21 octobre 2014)
Rémy Gravière[44],[45] DVG Agriculteur
Les données manquantes sont à compléter.
Fermer

Intercommunalité

Barras a fait partie, de 1992 à 2016, de la communauté de communes des Duyes et Bléone. Celle-ci a fusionné avec d'autres communautés de communes pour constituer la communauté d'agglomération Provence-Alpes Agglomération, existant depuis le .

Enseignement

La commune est dotée d’une école primaire[46].

Démographie


L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1765. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[47]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[48].

En 2023, la commune comptait 139 habitants[Note 3], en évolution de −2,11 % par rapport à 2017 (Alpes-de-Haute-Provence : +2,53 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [modifier]
1765 1793 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
291326285244282307273277299
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
291282258269261267223202186
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
167165162155153135123130100
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2013
1131099384111121148156138
Davantage d’informations - ...
2018 2023 - - - - - - -
145139-------
Fermer
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[49] puis Insee à partir de 2006[50].)
Histogramme de l'évolution démographique
Évolution démographique avant 1765
1315 1471
37 feuxinhabitée

L’histoire démographique de Barras, après la saignée des XIVe et XVe siècles et le long mouvement de croissance jusqu’au début du XIXe siècle, est marquée par une période d’« étale » où la population reste relativement stable à un niveau élevé. Cette période dure de 1806 à 1861. L’exode rural provoque ensuite un mouvement de recul démographique de longue durée. En 1926, la commune a perdu plus de la moitié de sa population par rapport au maximum historique de 1836[51]. Le mouvement de baisse ne s'interrompt que dans les années 1980. Depuis, la population de Barras a repassé le seuil de 150 habitants, équivalant à la moitié de celle de 1836.

Économie

Aperçu général

En 2009, la population active s'élevait à 66 personnes, dont 3 chômeurs[52] (11 fin 2011[53]). Ces travailleurs sont majoritairement salariés (76 %)[54] et travaillent majoritairement hors de la commune (77 %)[54]. L'essentiel des actifs de la commune sont employés dans l’agriculture, avec 13 établissements et 5 emplois salariés[55]. L'industrie et la construction fournit 20 % des emplois salariés de la commune[55].

Agriculture

Fin 2010, le secteur primaire (agriculture, sylviculture, pêche) comptait treize établissements actifs au sens de l’Insee et cinq emplois salariés[55].

Le nombre d’exploitations, selon l’enquête Agreste du ministère de l’Agriculture, est en légère augmentation dans les années 2000, passant de dix à onze, essentiellement des élevages ovins et bovins[56]. De 1988 à 2000, la surface agricole utile (SAU) a fortement augmenté, de 311 ha à 1289, alors que le nombre d'exploitations baissait (de 14 à 11)[57]. La SAU a légèrement diminué lors de la dernière décennie, mais reste à un niveau élevé, à 1 215 ha[56].

La commune est incluse dans le périmètre du label Huile d'olive de Provence AOC.

Industrie

Fin 2010, le secteur secondaire (industrie et construction) comptait un seul établissement, employant 18 (17 en 2012) salariés[55], l’Atelier de la vallée des Duyes, qui est une entreprise adaptée, spécialisée dans l’emballage[58].

Activités de service

Fin 2010, le secteur tertiaire (commerces, service) comptait 5 établissements (sans aucun emploi salarié), auxquels s'ajoutent les quatre établissements administratifs (salariant trois personnes)[55].

D'après l’Observatoire départemental du tourisme, la fonction touristique est d’une importance secondaire pour la commune, avec moins de un touriste accueilli par habitant[59], la commune ne comptant aucune structure d’hébergement : ni hôtel, ni camping, ni gîte ou refuge, ni meublés ou chambres d’hôtes.

Les résidences secondaires ne sont que cinq sur la commune[60].

Lieux et monuments

La commune compte également trois chapelles en ruines :

Personnalités liées à la commune

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes

Liens externes

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références

Related Articles

Wikiwand AI