Barthélémy Beaulaigue
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Les seuls éléments biographiques dont on dispose sur Beaulaigue proviennent des deux éditions qui sont parues à son nom, à Lyon. La dédicace de son livre de Chansons nouvelles nous apprend qu'il n'a pas encore quinze ans, qu'il est enfant de chœur à la cathédrale de Marseille et qu'il est encore sous la férule d'un précepteur. Aucun autre document sur lui ne subsiste, rien notamment dans les archives de Marseille, ni dans les chroniques locales.
Comme Beaulaigue n'hésite pas à dédier ses deux volumes à Diane de Poitiers, comme aussi son écriture polyphonique est parfaitement maîtrisée, on a jugé improbable qu'un musicien aussi jeune et aussi accompli n'ait laissé aucune trace de son activité à Marseille ; son existence a été mise en doute et l'hypothèse a été émise que sous ce nom se cachait un musicien plus âgé[1], qui n'a pas été identifié (aucun maître de quelque importance n'est identifié à Marseille à cette époque). L'hypothèse d'une mystification est d'ailleurs soutenue par deux choses : le texte de sa dédicace, très élaboré, a tout l'air d'être un texte à clé tant il est contourné et profusément symbolique. De plus, certains événements survenus à Marseille et cités dans les chansons tendaient à montrer que certaines pièces ont été composées en 1551, quand Beaulaigue avait au plus huit ans, voire en 1539 donc avant sa naissance… Des recherches récentes tendent à montrer que les volumes seraient effectivement une supercherie musicale, dont les objectifs réels s'inscrivent dans la propagande protestante[2].
En tout cas, les œuvres ramènent indubitablement à Marseille : trois chansons sont offertes à Leone Strozzi (1515-1554), prieur de Capoue et général des galères de France, séjournant entre 1539 et 1551 à Marseille, port d'attache des galères. Le premier motet est dédié au cardinal Charles de Lorraine (1524-1574), passant à Marseille sur son chemin vers Rome. Les motets VIII et XIII sont dédiés aux saints Victor et Lazare, patrons de la ville.
