Basilique Saint-Vincent de Galliano
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Basilica di San Vincenzo
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Diocèse de Milan |
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Architecture romane |
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Bien culturel italien (d) |
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La basilique Saint-Vincent de Galliano (en italien : Basilica di San Vincenzo) est située sur le territoire de la commune de Cantù, en Italie.
Elle forme avec le baptistère Saint Jean-Baptiste le complexe de Galliano.
Construite au début du Ier millénaire, la basilique est l'un des premiers témoignages du style roman.
Toponymie
Le nom Galliano dérive du nom des habitants : Gallianates, comme l'atteste l'autel romain retrouvé sur le site, dédié Matronœ Bræcorium Gallianatium[1].
Époque romaine et paléochrétienne
Les fouilles archéologiques ont mis au jour des traces d'occupation du site par les Romains devenues fréquentes après 196 av. J.-C., année où Marcus Claudius Marcellus conquiert Côme. À partir du milieu du Ve siècle, les inscriptions des pierres tombales marquant le culte de Jupiter, Minerve , la Triade capitoline et quelques divinités locales, ont été remplacées par les premières épigraphes chrétiennes. La plus ancienne de ces inscriptions est datée de 466[1].
Haut Moyen Âge
En 386, Ambroise, évêque de Milan de 374 à 397 envoie Félix au municipium de Côme, le consacrant premier évêque du diocèse de Côme . À la suite de ces initiatives d'évangélisation de la Lombardie, une communauté nait à Galliano, et y construit, à partir du Ve siècle, une première basilique paléochrétienne à une seule salle, servant d'église paroissiale de Cantù, agrandie aux VIIe et VIIIe siècles[2].
Le site est occupé par une église dédiée à saint Vincent de Saragosse, et possiblement un baptistère. Existent toujours de cette première église : une dalle de marbre gravée d'un chrisme représenté entre deux colombes[1]. Le dallage de marbre noir et blanc, réutilisé pour le chœur provient également de cette église[3]. Ce sol en marbre est encore présent sous le dallage en terre cuite du baptistère.
Construction de la basilique
Aribert d'Intimiano, alors sous-diacre et « custos » de l'église[4], la fait rénover et redécorer à l'aube du Ier millénaire. Aribero, la consacre le 2 juillet en 1007 et la dédie à saint Vincent. Ce titre de custos est peu clair, et en était probablement le propriétaire par tradition familiale. Elle devint église paroissiale et siège du Chapitre des Chanoines. Pendant quelques siècles, les Canturini feront don de terres et d'autres propriétés à la basilique : le legs le plus ancien remonte à 1284.
Abandon de la basilique
À la suite du développement progressif du village de Cantù, situé dans une position stratégique entre Milan et Côme, la colline Galliano a pris une position périphérique. En 1582, Charles Borromeo, archevêque de Milan de 1560 à 1584, trouve l'église dans un état de semi-abandon et décide de nommer le 10 juillet 1582 l'église Saint-Paul (it) église paroissiale principale. Le Chapitre et le Prévot s'installent dans l'église Saint-Paul en 1584. L'église Saint-Vincent devient alors une simple église de campagne.
En 1616, le cardinal Frédérique Borromeo, prescrit des restaurations afin de sauver l'église de la ruine, qui ne seront pas réalisées.
Au XVIIIe siècle, la région passe sous domination habsbourgeoise, puis napoléonienne. Les autorités française procédèrent à la saisie des biens ecclésiastiques. La basilique est achetée par des citoyens milanais en 1799[3]. Le curé de Saint-Paul de l'époque, Don Calderini, s'oppose à cette vente et ses plaintes continuelles incitent le ministre de l'Intérieur de la République cisalpine à nommer en 1801 une commission artistique chargée d'évaluer la valeur artistique de l'édifice, formée par le peintre Andrea Appiani, par l'architecte et décorateur Giocondo Albertolliet par l'historien L. Bossi. Le rapport de cette commission indique : « [...]il nous semble que l'on peut dire que l'église Saint-Vincent de Galliano n'est ni un chef-d'œuvre ni un monument d'art »[N 1][5]. Le 15 mai 1801, la basilique est désacralisée, le maître-autel détruit et le bâtiment est restructuré pour servir de ferme.
XIXe siècle
La basilique de Galliano demeure un lieu de dévotion populaire, notamment des femmes enceintes, grâce à une fresque du XIVe siècle, peinte au dessus de la source jaillissant dans la crypte. Cette fresque de la Madonna del Latte, représentant la Vierge assise de face sur un trône offrant son sein à Jésus, assis dans ses bras. Malgré la désacralisation et la reconstruction du XIXe siècle, et face à la dévotion populaire, la crypte demeure accessible grâce à un couloir, ouvert au public, aménagé entre les pièces.
Malgré les multiples propriétaires et affectations du lieu au cours du siècle, il nous est possible de connaitre l'état de l'église au début du XIXe siècle, grâce à Carlo Annoni, curé de Saint-Paul à partir de 1830. En 1831, Annoni charge l'ingénieur Montanara de dresser un relevé précis de la basilique, composé de plans et de coupes de l'édifice et de reproductions des fresques. Leur étude Monumenti e fatti politici e religiosi del borgo di Canturio e sua pieve, nous permet de connaitre l'édifice avant ses restructuration drastiques.
XXe siècle
En 1909 la basilique fut rachetée par la Municipalité de Cantù[1]. De 1910 à 1913 sont menés les premiers travaux de restauration[3], conduits par l'architecte Ambrogio Annoni (it), permettant la récupération des structures d'origine et la démolition des bâtiments ruraux. C'est durant ces travaux que sont retrouvées les pierres tombales portant des inscriptions de l'époque romaine et paléochrétienne[6].
Succède une deuxième phase de restauration, conduite également par Annoni, de 1933 à 1934[3]. La crypte est drainée et la structure est consolidée. Annoni estime que les parties détruites ne doivent pas être reconstruites, le bas-côté droit n'est donc pas reconstruit : la basilique est fermée sur son flanc droit par une verrière. Dans les années 1950 et 1960, sont menées des campagnes de restauration des fresques, dirigées d'abord par Mauro Pelliccioli puis par Ottemi Della Rotta, mais des symptômes de détérioration due à la formation d'humidité ont été constatés et en 1981 un sous-plancher aéré a été installé. Entre-temps, l'aménagement de la crypte et la toiture du presbytère sont terminés. De dernières interventions sur les fresques ont lieu en 1986 et en mai de la même année la basilique est rouverte au culte[6].

