Bataille d'Aden (2018)

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Date -
Lieu Aden
Issue Victoire des séparatistes
Bataille d'Aden
Description de cette image, également commentée ci-après
Situation à Aden après la bataille :
Informations générales
Date -
Lieu Aden
Issue Victoire des séparatistes
Belligérants
Drapeau du Yémen République du Yémen
  • Garde présidentielle
Conseil de transition du Sud
Commandants
Drapeau du Yémen Abdrabbo Mansour Hadi
Drapeau du Yémen Ahmed ben Dagher
Aïdarous al-Zoubaïdi
Hani ben Brik
Saleh al-Sayyed
Abou Hatm al-Hamidi †
Forces en présence
30000 soldats[réf. nécessaire] 30000 soldats[réf. nécessaire]
Pertes
4 morts au moins (lors de la journée du 29 janvier)[1] 5 morts au moins (lors de la journée du 29 janvier)[1]
36 morts et 185 blessés au moins (CICR)[2],[1],[3],[4],[5]
16 morts et 141 blessés au moins (Agence Saba)[6]

Guerre civile yéménite
Conflit sud-yéménite

Batailles

Coordonnées 12° 48′ 00″ nord, 45° 02′ 00″ est
Géolocalisation sur la carte : Yémen
(Voir situation sur carte : Yémen)
Bataille d'Aden

La bataille d'Aden débute le . Elle oppose le gouvernement du Yémen aux séparatistes du Conseil de transition du Sud.

Le , le gouverneur d'Aden, Aïdarous al-Zoubaïdi propose la création d'un conseil politique des provinces du sud, qui serait allié à la coalition commandée par l'Arabie saoudite et par le gouvernement yéménite[7].

Le , le président Abdrabbo Mansour Hadi limoge al-Zoubaïdi et le ministre d'État Hani ben Brik[8]. Rapidement, des manifestations éclatent à Aden[9]. Le , ces deux derniers proclament le Conseil de transition du Sud[10],[11]. Al-Zoubaïdi devient président du Conseil présidentiel, tandis que Hani ben Brik devient vice-président.

Le , Hadi limoge les gouverneurs de Socotra, Hadramaout et Chabwa, après leur adhésion au Conseil[12].

L'institution est soutenue par les Émirats arabes unis[13] afin de contrer les Frères musulmans d'Al-Islah[14],[15].

En , la création d'un parlement sudiste de 303 membres est annoncée[16]. Le , l'Assemblée est installée et Ahmed Saïd ben Brik, ancien gouverneur du Hadramaout, en devient le président[17].

Le , dix membres d'Al-Islah, dont des explosifs ont été retrouvés chez eux, sont arrêtés à Aden par les séparatistes après un attentat ayant coûté la vie à un prédicateur pro-émirati[18]. Le a lieu la séance inaugurale de l'Assemblée nationale sudiste, au cours de laquelle Ahmed Saïd ben Brik est élu président et Anis Yossouf Ali Louqman vice-président de cette chambre parlementaire[17].

Le , le Conseil de transition du Sud adresse un ultimatum de sept jours au président Abdrabbo Mansour Hadi pour limoger le gouvernement d'Ahmed ben Dagher, qu'ils accusent de « corruption »[19], et le remplacer par un gouvernement de technocrates, sans quoi il nommerait son propre gouvernement[20]. Le , à quelques heures de l'expiration de celui-ci, la coalition appelle au « calme et à la retenue »[2]. L'ambassadeur saoudien dans le pays avait qualifié le l'ultimatum d'« inacceptable »[21]. Cependant, parlant sous couvert d'anonymat, un officiel saoudien déclare que « le gouvernement [yéménite] n'est pas parfait. Mais notre tâche est de le préserver parce que, s'il disparaît, c’est l'État légitime qui disparaîtra avec lui, et le Yémen deviendra une nouvelle Somalie, une nouvelle Libye »[21].

Déroulement

Au matin du , à l'expiration de l'ultimatum, une manifestation appelant au limogeage du gouvernement éclate à Aden[22]. Le gouvernement répond rapidement et tente de la disperser[22]. Les premiers combats éclatent dans le quartier de Jabal Hadid[23].

Rapidement, les séparatistes, appuyés par des troupes et blindés émiratis[24], prennent le contrôle du siège du gouvernement[25]. En réaction, le Premier ministre Ahmed ben Dagher dénonce un « coup de force » et appelle la coalition à intervenir pour mettre fin au conflit[2]. Cependant, les militaires émiratis et saoudiens ne prennent pas part aux combats[2]

Dans l'après-midi, les combats se poursuivent à l'aide de l'artillerie lourde[26], qui est ainsi utilisée par les deux belligérants[19]. Les combats se déroulent principalement dans le quartier du Cratère, dans les abords du palais présidentiel[21], ainsi qu'à Khor Maksar[21], où les séparatistes réussissent à prendre le contrôle d'une base militaire[27].

Selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), les combats se poursuivent durant la nuit, et toujours à l'arme lourde, mais des tirs sont également entendus[28].

Le , les combats continuent avec la même intensité, avec des usages de tanks[1], tandis que les séparatistes envoient des renforts en provenance d'Abyan et de Ma'rib[28]. Trois commandants séparatistes, dont Abou Hatm al-Hamidi, sont tués dans les combats[29].

Dans la soirée du , les séparatistes assiègent le palais présidentiel al-Maachiq, dans lequel est retranché le gouvernement[30], puis prennent le contrôle de son entrée principale[31]. Quelques heures plus tard, ils prennent le contrôle de la 4e brigade, dont fait partie la garde présidentielle[32], sous la protection de militaires saoudiens, qui empêchent ainsi les séparatistes d'aller plus loin[6]. Par ailleurs, les partisans des séparatistes célèbrent leur victoire jusqu'à tard dans la nuit[24].

Au matin du , les forces fidèles au STC prennent le contrôle du dernier secteur du quartier de Dar Saad[30]. Avec cette prise, les séparatistes contrôlent la quasi-totalité de la ville[30].

En fin de journée, les combats cessent, après une médiation de la coalition[33]. Celle-ci a pour objet d'obtenir le départ du gouvernement de la ville[6].

Le , les séparatistes prennent les locaux du secrétaire du Premier ministre, mais les combats n'ont plus lieu[34].

Pertes

Le , l'Agence France-Presse (AFP), citant des sources médicales, donne un bilan provisoire de 15 morts et 33 blessés, en précisant que 9 civils figurent parmi les victimes[2]. Ensuite, le bilan monte à 144 blessés[3].

Le , les sources font état de 9 morts, dont 5 séparatistes et 4 soldats morts durant cette journée[1]. Dans la soirée, le CICR donne un bilan de 36 morts et 185 blessés durant les deux journées de combats[4],[5]. L'agence officielle Saba donne un bilan de 16 morts et 141 blessés[6].

Au , les pertes sont d'au moins 38 morts et 222 blessés[35].

Réactions

Le , le président Abdrabbo Mansour Hadi appelle ses troupes à un cessez-le-feu[2],[36]. Pour sa part, ben Dagher déclare que « toutes les forces doivent retourner à leurs bases et évacuer des positions occupées [depuis] ce matin ». Il ajoute que l'Arabie saoudite « ne doit pas accepter la liquidation du gouvernement légitime », en mettant en garde contre une « confrontation militaire généralisée »[21].

Le , la coalition appelle les deux belligérants à négocier sur des mesures « politiques et sociales »[37]. Un commandant de l'armée yéménite déclare que si la coalition n'intervenait pas, il ordonnerait aux troupes qui prennent part aux combats au nord contre les Houthis à revenir à Aden pour épauler le gouvernement yéménite[38].

Au même moment, ben Dagher réunit son équipe pour « discuter des développements militaires et des actes de sabotage ayant visé des installations gouvernementales »[39]. Réuni avec ses conseillers à Riyad, Hadi déclare qu'il s'agit d'« un acte putschiste inadmissible ; des agissements irresponsables qui ont semé la panique parmi les citoyens », ajoutant que « ces actions ne sont pas spontanées et suscitent plus d’une interrogation quant à la partie qui en profite, d'autant plus qu'elles coïncident avec l'escalade des opérations militaires et les victoires accomplies contre les Houthis sur divers fronts »[40].

Dans un communiqué, le ministère français des Affaires étrangères « [condamne] les violences et [appelle] toutes les parties à accorder un accès sans entrave à l'aide humanitaire et à reprendre le dialogue »[41].

Dans la soirée, la coalition appelle à un cessez-le-feu[31], ajoutant qu'elle « [prendra] toutes les mesures nécessaires pour restaurer la sécurité et la stabilité à Aden »[41]. Le ministère yéménite de l'Intérieur réitère ainsi ses appels à cesser les hostilités[5].

Le , dans une interview à France 24, Aïdarous al-Zoubaïdi déclare que « Le peuple du Yémen du sud aura le droit de déterminer son propre avenir dès que la communauté internationale y répondra positivement »[42].

Le , à l'issue du premier conseil des ministres ayant eu lieu depuis la fin de la bataille, ben Dagher lance un appel à « réconciliation nationale dans le sud, puis dans le reste du pays »[43].

Suites

Analyses

Notes et références

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