Bataille d'Aden (28-29 août 2019)

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La bataille d'Aden se déroule du au lors de la guerre civile yéménite. Elle voit la ville d'Aden être brièvement reprise par les loyalistes avant d'être aussitôt reconquise par les séparatistes.

Le , des combats éclatent à Aden entre les forces loyalistes du président Hadi et les séparatistes du Cordon de sécurité, affilié au Conseil de transition du Sud. Ils s'achèvent à l'avantage des séparatistes sudistes qui prennent le contrôle de la ville le [1].

L'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis tentent alors d'apaiser la situation et appellent au dialogue[2]. Le , le gouvernement d'Abdrabbo Mansour Hadi exige que les séparatistes se retirent des positions conquises[3]. Les 16 et 17 les séparatistes se retirent du palais présidentiel, de l'hôpital de la ville, des sièges du gouvernement, du Conseil suprême de la justice et de la banque centrale, mais ils maintiennent leur présence à l'intérieur des camps militaires capturés[4],[5].

Le , un autre incident survient dans la province d'Abyane, à l'est d'Aden, lorsque des séparatistes du Cordon de sécurité encerclent le QG des forces spéciales à Zinjibar, le chef-lieu de la province, et une caserne à al-Kaud en exigeant la reddition de soldats pro-Hadi[6],[7]. Après quelques combats ayant fait quatre morts et 23 blessés des deux côtés, le gouverneur loyaliste de la province d’Abyane, Aboubakr Hussein, négocie l'évacuation des troupes pro-Hadi : 1 100 hommes des forces spéciales se retirent de Zinjibar et 350 hommes de la police militaire se retirent d'al-Kaud[8]. Les deux QG sont ensuite occupés par les séparatistes[8].

En revanche le , après deux jours de combats et au moins 11 morts, les loyalistes s'emparent de la ville d'Ataq, chef-lieu du gouvernorat de Chabwa[9],[10],[11],[12]. Deux jours plus tard, trois bataillons séparatistes font défection[12].

Le , l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis annoncent la mise en place d'un comité pour apaiser les tensions entre loyalistes et séparatistes[13],[12].

Mais les loyalistes mobilisent d'importants renforts et le ils contre-attaquent à Abyane, où ils reprennent le contrôle de Zinjibar, puis de l'ensemble de la province[14]. Les séparatistes se replient alors sur Aden, suivis par les forces gouvernementales[14].

Déroulement

Le , les forces loyalistes entrent à Aden[15]. Des combats ont lieu, mais rapidement les troupes gouvernementales s'emparent de l'aéroport et du palais présidentiel[15],[16],[17]. À la fin de la journée, le gouvernement yéménite annonce alors avoir repris le contrôle total de la ville[17],[18].

Mais le , après avoir rassemblés des renforts, les séparatistes sudistes contre-attaquent et reprennent en quelques heures la totalité d'Aden[19],[20]. Les loyalistes se replient alors sur la province d'Abyane, poursuivis par les séparatistes qui ne s'arrêtent qu'à Zinjibar[19],[21]. Aïdarous al-Zoubaïdi et Hani ben Brik apparaissent alors dans les rues d'Aden au milieu de leurs hommes[19],[20].

Le même jour, le gouvernement yéménite accuse les Émirats arabes unis d'avoir bombardé ses troupes à Aden et Zinjibar[22]. Mohammed al-Hadhrami, vice-ministre des Affaires étrangères du gouvernement Hadi, appelle alors l'Arabie saoudite à soutenir « la légalité yéménite et à mettre fin à cette escalade illégale et injustifiée »[22]. Le lendemain, les Émirats confirment avoir mené des raids aériens, mais affirment avoir cibles des « milices terroristes » et avoir agi en « légitime défense » après des attaques contre « les forces de la coalition dans l'aéroport d'Aden »[23],[24]. Les Émirats accusent l'armée yéménite d'être constituée en partie de membres d'al-Islah, un mouvement affilié aux Frères musulmans[25]. Le gouvernement Hadi répond le même jour en dénonçant « les fausses justifications données par les Emirats arabes unis pour dissimuler leurs attaques flagrantes contre les forces armées nationales. La tentative des Emirats arabes unis d'associer le terrorisme à l'armée nationale est simplement une tentative misérable de dissimuler son ciblage flagrant et illégal de l'armée »[25]. Le président Hadi déclare également que les « milices rebelles » ont « attaqué toutes les institutions de l'Etat et ses positions militaires à Aden avec le soutien, le financement et la planification des Émirats »[25]. L'Arabie saoudite observe pour sa part un silence embarrassé[26].

Le , une moto piégée explose dans le quartier de Saad à Aden, faisant trois morts parmi les hommes du Cordon de sécurité[26]. L'attaque est revendiquée par l'État islamique, via l'agence Amaq[26]. Un autre attentat commis le même jour fait également cinq blessés parmi les gardes d'un chef militaire des séparatistes[26].

Les 30 et , les séparatistes arrêtent plusieurs dizaines de personnes, membres de « cellules dormantes » djihadistes ou partisans du gouvernement Hadi[25],[27]. Le Conseil de transition du Sud déclare dans un communiqué : « Le terrorisme de Daech et d'Al-Qaïda est l'autre visage du gouvernement et de ses institutions infiltrées »[25].

Réactions

Le , le Conseil de sécurité des Nations unies se déclare, dans une déclaration adoptée à l'unanimité, « particulièrement préoccupé » par la situation dans le sud du Yémen, et appelle à « préserver l'intégrité » et à « la reprise de négociations globales (...) pour mettre un terme au conflit »[21].

Pertes

Suites

Références

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