Bataille de Hausbergen

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Date
Lieu Oberhausbergen, à proximité de Strasbourg, Drapeau du Saint-Empire Saint-Empire
Issue

Victoire décisive des bourgeois de la ville de Strasbourg :

Bataille de Hausbergen
Description de cette image, également commentée ci-après
La bataille de Hausbergen imaginée par Émile Schweitzer en .
(BNU de Strasbourg)
Informations générales
Date
Lieu Oberhausbergen, à proximité de Strasbourg, Drapeau du Saint-Empire Saint-Empire
Issue

Victoire décisive des bourgeois de la ville de Strasbourg :

Belligérants
Ville de Strasbourg Principauté épiscopale de Strasbourg
Commandants
Reinbold Liebenzeller
Claus Zorn
Walter de Geroldseck
Forces en présence
Inconnu, mais supérieures en nombre. 300 archers. 300 cavaliers et au moins 5 000 fantassins[N 1]
Pertes
Inconnu. Pas de personnalité notable. Inconnu. Plus de 60 chevaliers nobles tués et 73 nobles faits prisonniers.
Coordonnées 48° 36′ 22″ nord, 7° 40′ 15″ est
Géolocalisation sur la carte : Bas-Rhin
(Voir situation sur carte : Bas-Rhin)
Bataille de Hausbergen
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Bataille de Hausbergen

La bataille de Hausbergen est un affrontement décisif qui a eu lieu le sur les collines de Hausbergen (actuelle commune d'Oberhausbergen), situées dans la plaine d'Alsace, et qui oppose les soldats de la ville libre de Strasbourg menés par Reinbold Liebenzeller, aux troupes du prince-évêque de Strasbourg, Walter de Geroldseck.

La victoire des forces de la ville sur l'armée épiscopale permet aux bourgeois de Strasbourg de s'affranchir de la domination féodale de leur prince-évêque. Le pouvoir revient alors aux familles patriciennes de la cité. Cet événement se déroule pendant le Grand Interrègne qui favorise les conflits et l'instabilité politique dans le Saint-Empire romain germanique.

La bataille s'inscrit dans la politique de conquête entreprise par Walter de Geroldseck qui se heurte au comte Rodolphe de Habsbourg, landgrave de Haute-Alsace, allié de Strasbourg et également protecteur des autres villes de la région.

Les relations, déjà tendues des Strasbourgeois avec leur évêque, prennent un tour particulier en 1260. Sitôt installé sur le trône épiscopal, Walter de Geroldseck lance, en allemand, un manifeste de griefs à l'égard des bourgeois, véritable déclaration de guerre : il veut rétablir dans toute leur rigueur ses droits temporels de comte-burgrave de Strasbourg. Pour ce faire, il menace d’user de tous les moyens de contrainte que lui confère son autorité épiscopale, au premier rang desquels l’interdit et l’excommunication.

Les incidents entre l’évêque et la ville se multiplient et l'épreuve de force devient inéluctable.

L'avant bataille (1260 - 1262)

Replié à Dachstein l'évêque attend des renforts : mille cinq cents hommes de l'évêque de Trèves, mais aussi des hommes envoyés par les abbés de Saint Gall, de Murbach, et surtout du comte Rodolphe de Habsbourg. Il fait une démonstration de force devant la ville, qui tourne à son désavantage. Il choisit alors de mettre Strasbourg sous embargo.

Les Strasbourgeois tentent en vain de rompre ce blocus. L'année 1261 est un tournant. Durant une trêve pour les récoltes, Rodolphe de Habsbourg change de camp et se rallie à la ville. Les Strasbourgeois le nomment gonfalonnier de leur armée le .

À Noël 1261, une sortie effectuée par les Strasbourgeois avec leur nouvel allié en direction de Dachstein ne permet pas de régler le conflit, l'évêque hésitant à se frotter à Rodolphe. Il se venge cependant en pillant les possessions de Rodolphe en Haute-Alsace.

La bataille

Au printemps 1262, l'Alsace est à feu et à sang. Le doute s'installe dans les deux camps. Une décision en rase campagne s'impose. Elle aura lieu à Oberhausbergen le . La moitié de la garnison de Strasbourg, conduite par Reinbold Liebenzeller, se rend à Mundolsheim, à l'extrémité nord de la colline de Hausbergen, et abat le clocher dont on craint qu'il serve de vigie dans l'embargo établi par l'évêque.

Ce dernier est averti et se met en route avec son armée : 300 chevaliers et 6000 fantassins. Liebenzeller envoie des messagers à Strasbourg pour appeler des secours. Lui-même monte alors sur la colline de Hausbergen et attend les troupes, conduites par son collègue Niclaus Zorn. Lorsqu'elles sont en vue, il se remet en marche le long de la crête, tandis que Zorn le suit en contrebas. Arrivé à l'extrémité sud de la colline, il contourne le village d'Oberhausbergen.

Or, l'évêque, qui l'observe, croit qu'il essaie de revenir vers Strasbourg, et pense pouvoir l'écraser avec sa cavalerie. Son erreur a été de laisser prendre du retard à son infanterie. Le chevalier Marx d'Eckwersheim fut le premier à sortir des rangs pour l'armée de Strasbourg, pour affronter le chevalier Beckelar de l'armée épiscopale; le combat dura jusqu'à la mort de ce dernier, et après ce combat la bataille devint générale.

L’évêque est obligé de fuir et se retire à Molsheim, abandonnant ses prérogatives sur la cité. Il meurt en .

Localisation

La bataille est livrée sur les collines de Hausbergen situées à l'ouest de Strasbourg. Elle a lieu entre le sommet de la colline du Stimmelsberg et les abords d'Oberhausbergen, à proximité de la route de Saverne[1].

Photographie d'un champ de terre retournée en hiver avec un chemin enneigé et une colline sur laquelle se trouve des arbres sans feuille
Vue panoramique vers le sud-ouest depuis la route de Saverne à Oberhausbergen, qui longe le champ de bataille traversé par le chemin enneigé du Stritweg (à gauche) avec en arrière-plan la colline du Stimmelsberg (à droite) et l'ancienne voie romaine recouverte par la route nationale 4 (sur l'horizon).

Le champ de bataille se trouve au nord de l'ancienne voie romaine Metz-Strasbourg passant à travers le Kochersberg et recouverte plus tard par la route nationale 4 à proximité de Wolfisheim et d'Oberschaeffolsheim. L'affrontement finale de se déroule quasiment sur le même site que la bataille d'Argentoratum qui a opposé Alamans et Romains en [2].

Photographie d'un champ de terre retournée en hiver avec un chemin légèrement enneigé et des arbres sans feuille
Vue panoramique vers l'est depuis la colline du Stimmelsberg à Wolfisheim, qui surplombe le champ de bataille (en bas à droite) avec en arrière-plan, la tour hertzienne et la commune d'Oberhausbergen (à droite), ainsi que la cathédrale de Strasbourg (sur l'horizon, à l'extrémité droite).

Conséquences de la bataille : Strasbourg devient Ville Libre

Notes et références

Annexes

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