Bataille de Marchenoir
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Victoire française
- Prise de la place forte par ruse
- Reddition de la garnison
| Date | 3 septembre 1427 |
|---|---|
| Lieu | Marchenoir |
| Issue |
Victoire française
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Jean de Raveton Guy de Fromentières |
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Guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons
Batailles
| Coordonnées | 47° 49′ 27″ nord, 1° 23′ 44″ est | |
|---|---|---|
La bataille de Marchenoir, le , est un épisode secondaire de la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. La ville de Montargis étant assiégée par l'armée anglaise, les Français décident de mobiliser des troupes pour venir à son secours, dont le capitaine de Vendôme, La Hire. Son armée de secours est bloquée sur le passage par la place forte de Marchenoir tenu par les Bourguignons, alliés aux Anglais. En une journée, par un coup de ruse et une bataille, la place forte est prise et l'armée de secours a pu atteindre Montargis.
En septembre 1427, en pleine guerre de Cent Ans, la résistance française s'organise face aux Anglais qui intensifie les opérations militaires sur la Loire. Une expédition française est préparée pour faire lever le siège de Montargis, situé à 62km d'Orléans. Dans cette opération de sauvetage se trouve le capitaine de Vendôme, La Hire, disposant de sa propre armée qui se met en marche[Soc 1],[1].
Cependant, son armée fait face sur le chemin à la place forte de Marchenoir, occupée par une garnison de Bourguignons, alliée aux Anglais. Il décide d'en profiter pour l'aider à la capturer[2].

La place forte de Marchenoir était autrefois défendue par les Français Pierre de Téligny et Jean Roseilles en 1423[3], mais ils ont été trahis par un écuyer de Beauce nommé Geoffroy d'Alainne en ayant laissé entrer l'armée anglo-bourguignonne (cela a notamment affecté sa relation avec La Hire)[Cha 1],[3]. Depuis, la place forte met en danger la route entre Orléans et Blois[Cha 1], une tentative de siège par les Français a lieu en 1426 avant d'être abandonnée[Soc 2].
Déroulement
Préparatifs
Dans cette opération éclair, La Hire amène avec lui plusieurs capitaines et lieutenants en route pour observer la place forte de Marchenoir. En s'avançant, il remarque que la plupart des soldats Bourguignons de la garnison sortaient imprudemment dans les champs[Cha 1], ce qui lui donne une idée pour préparer une ruse avec ses compagnons d'armes[Soc 2].

En réunion, La Hire propose que 200 soldats aillent se cacher dans les tas de fumiers et pailles voisins devant la place forte[Cha 1], ces tas de fumier s'accumulent sans cesse à Marchenoir en dehors de la ville car l'agriculture n'était pas exploitée[Soc 2].
Ensuite, l'armée principale de 300 cavaliers reste en retrait[Cha 1], et 60 cavaliers vont provoquer les Bourguignons devant la place forte et les poursuivent[Cha 2].
Le sire de Raveton, pendant la réunion, prévient quand même qu'il y a des barrières de chaque côté des fossés à l'entrée du grand chemin conduisant à la porte de Marchenoir pouvant protéger les Bourguignons en cas de retraite.
Il propose alors l'idée que le soir venu, avec une lime sourde emmanchée de plomb, il scierait la barrière, puis avec de la cire il la ressouderait et recouvrirait la cire de terre, afin que personne ne s'en aperçoive. Cela permet ainsi aux cavaliers français dans la retraite des Bourguignons de pouvoir heurter avec la poitrine des chevaux les barricades, tandis que les fantassins cachés dans le fumier pourront intervenir[Cha 2].
La Hire approuve l'idée de Jean de Raveton, il donne donc rendez-vous au soir à son armée pour se tenir en place à leurs postes attribués[Cha 2].
Dispositions
En pleine nuit, après que la barrière flanquée de fossés a été sabotée sans traces et mise un peu en avant[Soc 2], les soldats, lieutenants, capitaines, cavaliers sont à leurs postes respectifs[Cha 2] :
- Jean de Raveton avec 200 fantassins dissimulés dans les tas de fumiers[2] et pailles[4].
La Hire et ses compagnons dans l'armée principale de 360 cavaliers
Diversion
À l'aube du [5] les portes de la ville de Marchenoir s'ouvrent[4],[Cha 2],[Soc 2]. Femmes, pages, avec leurs chiens, vaquent à leurs occupations en inspectant les fossés, buissons, caves à l'extérieurs des remparts[2]. Ils font venir ensuite les chevaux et bétails dans les champs et à l'abreuvoir[Soc 2],[Cha 2]. Le capitaine Guillaume de Brézé propose à La Hire de faire monter certains fantassins sur le dos des chevaux des cavaliers[Soc 2] lors des attaques pour être plus rapide, notamment pour une diversion efficace[Cha 2],[Cha 3]. Le plan est lancé immédiatement, La Hire avec 60 cavaliers accompagnés de fantassins font un détour pour arriver à couvert jusqu'à la prairie[2],[Soc 3].
A droite et à gauche, il ordonne à ses hommes de faire du grabuge en fonçant sur la foule de chevaux et des habitants de Marchenoir[2]. Ils crient sur les habitants d'abandonner leurs chevaux en se jetant à terre ou même de fuir[Cha 3],[Soc 3].
La trompette de garde sonne, alertant tout les soldats Bourguignons dans la ville[Soc 3]. Certains miliciens à l'extérieur tentent dans la prairie de sauver les chevaux[Cha 3]. Pour le coup rusé, La Hire et ses hommes font semblant d'avoir peur et vont même s'échapper des chevaux dans la précipitation pour faire croire à une tentative de vol[Cha 3]. Les soldats et miliciens Bourguignons s'agitent en sortant de la ville à pied ou même à cheval[Soc 3] pour poursuivre la troupe de La Hire[Cha 3].
Charge
Les défenseurs de Marchenoir voyant la troupe de La Hire fuir, ils la poursuivent avec détermination en dehors de la barrière[Soc 3]. La Hire ordonne à Jean V de Bueil au loin de sonner la trompette pour le signal d'attaque. Aussitôt la trompette sonnée, les fantassins accompagnant les 300 cavaliers montent sur le dos de leurs chevaux et chargent sur la garnison de la ville[Cha 3],[4],[2].
Dans la grande surprise et violence, la garnison bourguignonne est forcée de battre immédiatement en retraite en voyant la charge de la cavalerie française[4],[2]. Lorsque les Bourguignons se mettent derrière la barrière sabotée pour se protéger à l'entrée de la ville[Soc 3], ils prennent peur en voyant que la charge de cavalerie continue droit sur eux malgré la présence de la protection[Cha 3].
La Hire donne le signal de charge sur la barrière sabotée et ordonne à Jean V de Bueil de faire déposer tous les fantassins du dos des chevaux lorsqu'ils ont atteint la barrière[Cha 3]. Un nouveau signal de trompette est retenti, Jean de Raveton et les 200 fantassins sortent des tas de fumier pour aller atteindre l'entrée de la ville[Cha 4].
Bataille

La cavalerie française charge et détruit, avec les chevaux, la barrière[Soc 3] qui protège la garnison bourguignonne. Aussitôt, les fantassins français déposés, ils courent affronter la garnison de Marchenoir[Cha 3] dont certains avec des armes de trait[Soc 3].
Les Bourguignons à l'extérieur tentant de vouloir se réfugier dans Marchenoir, leurs retraite est coupée par l'arrivée de la troupe de Jean de Raveton à l'entrée. Tous les assaillants français commencent à pénétrer dans la ville[Soc 3],[2],[Cha 4].
Dans l'affrontement et la charge dans la ville, beaucoup se font tuer en plein combat aux corps à corps[Soc 3] ou d'autres piétinés dans leurs fuites par les chevaux[Cha 4]. En pleine bataille, d'après la Chronique de la Pucelle, le château de Marchenoir subit une insurrection de la part des prisonniers qui tenaient positions et ont déclenché un incendie dans la basse cour[6]. Après cette bataille, la garnison se rend et la ville est prise[2].
Conséquences
Après la prise de Marchenoir et la levée du siège de Montargis par les Français le , le connétable Arthur de Richemont émet une lettre depuis Jargeau à Lyon, le , pour annoncer les événements militaires. Tous ayant eu lieu dans la même semaine en mentionnant le sauvetage de Montargis, et la reprise des places de Marchenoir et dont Mondoubleau où l'artillerie a été récupérée, annulant tout autre siège sur la ville de Vendôme[7].
La place forte de Marchenoir reste française jusqu'en où Thomas Montaigu, comte de Salisbury, assiège et la capture, afin de sécuriser la région pour assiéger Orléans. Marchenoir est repris définitivement en quelques jours après la bataille de Patay[3].