Bataille de Mirebeau
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| Date | |
|---|---|
| Lieu | Mirebeau |
| Issue | Victoire anglaise |
| Inconnues | Inconnues |
| Inconnues | 252 capturés, dont : Arthur Ier de Bretagne Hugues IX de Lusignan Geoffroy Ier de Lusignan Raymond Ier de Thouars André Ier de Chauvigny Hugues III de Châtellerault Savary de Mauléon Hugues de Beaucé Robert de Vitré Conan Ier de Léon |
Conflit entre Capétiens et Plantagenêts
Batailles
La bataille de Mirebeau se déroule le et oppose l'alliance entre la maison de Lusignan et le duché de Bretagne au royaume d'Angleterre.
À l'issue de cette bataille, le roi Jean Sans Terre remporte la victoire. Cependant, elle marque le début de l'invasion française de la Normandie par le roi de France Philippe Auguste afin de conquérir les possessions continentales anglaises.
Après la mort de Richard Cœur de Lion, roi d'Angleterre, à Châlus, le , sans héritier légitime, deux nobles prétendent au trône de l'Empire Plantagenêt : d'un côté, Jean, le frère du défunt roi, dont la prétention reposait sur le fait d'être le seul fils survivant d'Henri II d'Angleterre, et de l'autre Arthur Ier de Bretagne, âgé de 12 ans, qui revendique le trône en tant que fils de Geoffroy II de Bretagne, décédé en 1186, frère cadet de Richard et frère ainé de Jean[1].
Bien que Richard semble avoir reconnu Jean comme son héritier légitime sur son lit de mort, selon Roger de Hoveden[2], le droit médiéval donne peu d'indications sur la manière dont les revendications concurrentes doivent être tranchées. Cette affaire juridique est d'autant moins évidente que la loi normande favorise Jean en tant que fils du roi Henri II, tandis que la loi angevine favorise Arthur, en tant que descendant du frère aîné de Jean[3].
Le choix, qui revient à la reine Aliénor d'Aquitaine, est celui de Jean, soutenu par la majeure partie de la noblesse anglaise et normande. Il est finalement intronisé duc de Normandie le , et couronné roi d'Angleterre à l'abbaye de Westminster, le .
Soutenu par les nobles d'Anjou, du Maine et de Touraine, qui refusent cette situation en invoquant le droit angevin[4],[5], Arthur se met sous la garde du roi de France Philippe Auguste. Celui-ci reconnaît la légitimité de Jean Sans Terre, lors du traité de paix du Goulet en . Cependant, restant déterminé à diviser les territoires angevins[6], il rompt la paix en et mène une campagne militaire contre les possessions continentales anglaises, à laquelle se joint Arthur. Ce dernier, alors âgé de 15 ans, après avoir été proclamé par le roi de France, comte d'Anjou, du Maine, de Touraine et de Poitou, se voit chargé d'aller en conséquence s'emparer de ces territoires[7].
Dans le même temps, Jean Sans Terre épouse, en , Isabelle d'Angoulême dont les terres sont une voie de communication stratégique entre le Poitou et la Gascogne, renforçant son emprise sur l'Aquitaine[8].
Cependant, Isabelle est déjà fiancée à Hugues IX de Lusignan, comte de la Marche[9], membre important d'une famille noble clé du Poitou et frère de Raoul Ier d'Exoudun, comte d'Eu, qui possède des terres le long de la frontière orientale de la Normandie[8]. Ainsi, ce mariage menace les intérêts de la maison de Lusignan dont les propres terres constituent alors la route principale pour les marchandises et les troupes royales en Aquitaine[8]. Sans compensation, la maison de Lusignan se soulève contre Jean mais ce soulèvement est écrasé par ce dernier[8]. Cependant, si Jean est duc d'Aquitaine et comte de Poitou, et donc seigneur féodal des Lusignan, celui-ci est aussi le vassal du roi de France, auquel ils en appellent, s'estimant lésés[8]. Les relations féodales entre Philippe et Jean s'effritent jusqu'à aboutir à une nouvelle guerre à laquelle les Lusignan prennent aussi part.
Déroulé
Le territoire occupé par Jean se caractérise par un important potentiel, dû à la présence de châteaux, comme Château Gaillard, établis à des points stratégiques, et construits et entretenus à grands frais[10],[11]. Cette situation rend difficile pour un potentiel envahisseur d'y pénétrer sans avoir pris ces fortifications qui ralentissent la progression de toute armée[12]. Cependant, ce territoire est grandement menacé par les armées d'Arthur et des Lusignan qui remontent la vallée de la Loire vers Angers, et par les forces de Philippe Auguste qui descendent la vallée vers Tours[13].
Jean adopte une posture défensive en évitant les combats ouverts et en défendant soigneusement ses châteaux stratégiques. Les opérations de Jean deviennent cependant plus compliquées à mesure que la campagne se déroule et que les armées du roi de France progressent vers l'Est.
Vers la fin , Arthur, à la tête des forces que le roi de France lui a confiées (environ 250 chevaliers) et les Lusignan se trouvent aux portes du château de Mirebeau, où se retranche Aliénor d'Aquitaine, assiégée dans le donjon[14]. Jean, prévenu par Aliénor, et accompagné de Guillaume des Roches, sénéchal d'Anjou, accourt du Mans pour protéger le château et libérer sa mère. Au matin du , Jean surprend les forces d'Arthur qui sont défaites et ce dernier est capturé, après un bref combat[15].
Les armées de Philippe, qui voit dans le même temps son flanc sud s'affaiblir, sont contraintes de se replier à l'est et de se diriger vers le sud pour contenir l'armée de Jean.