Bataille de Montréjeau

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Date
Issue Victoire républicaine
Bataille de Montréjeau
Informations générales
Date
Lieu Montréjeau
Issue Victoire républicaine
Belligérants
Républicains Royalistes
Commandants
Jean André Commes
• Guy-Marie Viçose
Antoine de Paulo
Antoine Rougé
Forces en présence
2 000 à 4 000 hommes 1 500 à 4 000 hommes
7 à 10 canons
Pertes
~ 12 morts 1 000 à 1 500 morts
env. 1 000 prisonniers
(selon les républicains)

Insurrection royaliste de 1799 dans le Toulousain

Batailles

Coordonnées 43° 05′ 09″ nord, 0° 34′ 11″ est
Géolocalisation sur la carte : Haute-Garonne
(Voir situation sur carte : Haute-Garonne)
Bataille de Montréjeau
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Bataille de Montréjeau

La bataille de Montréjeau a lieu du 19 au (ou 3 Fructidor an VII) et oppose les insurgés royalistes aux troupes républicaines, victorieuses.

L'insurrection royaliste dans le Midi toulousain

De nombreux réfractaires à la conscription, jusqu'à 10 000[1], avaient été réorganisés en maquis par un binôme constitué du jeune comte Antoine de Paulo (24 ans), ancien brigadier du roi émigré, Louis XVIII, et du général d'abord révolutionnaire, puis rallié depuis 3 ans aux royalistes, le général Antoine Rougé. Ces troupes avaient été réunies en trois points : Mauvezin, à l'ouest de Toulouse, et au château du comte Joseph de Villèle à Mourvilles-Basses, près de Montgiscard. Quelques cavaliers et un millier d'hommes seulement auraient été armés de fusils.

Les insurgés avaient pour objectif de prendre Toulouse le , en profitant d'une complicité à l'intérieur de la ville. Mais prévenue par une trahison, une faible garnison[N 1] réussit à les repousser pendant trois jours[2]. Une contre-attaque républicaine, menée par le général Antoine Jean-Baptiste Aubugeois de La Borde, défendant Toulouse, parvient finalement à les faire déguerpir de leur place forte de Pech-David.

L'échec et la fuite vers l'Espagne

Ne voyant pas venir un soulèvement général notamment de Bordeaux sur lequel ils comptaient, ne réussissant pas à prendre Agen, les royalistes se replient vers Lombez, Gimont, Saverdun et L'Isle-Jourdain, et se maintiennent essentiellement dans le Gers. Les troupes républicaines de l'Aude et de l'Ariège réagissent et les en chassent. Les royalistes ont réussi à s'emparer de Colomiers (150 morts parmi la population), mais sont ensuite défaits quelques jours après à L'Isle-Jourdain (400 morts et 80 prisonniers royalistes), le par le général Aubugeois[1].

Les royalistes se replient vers l'Espagne et abandonnent ensuite Muret sans combattre au général Aubugeois le . Au passage, les royalistes prennent ensuite Carbonne (68 morts républicaines et 200 prisonniers) et les restes de leurs effectifs décident de se replier vers Saint-Gaudens[1]. Les troupes républicaines réduisent ensuite des bandes restées dispersées de royalistes à Beaumont-de-Lomagne, le , et dans le Gers, le 22.

La poursuite républicaine

L'armée régulière de poursuite est alors organisée ; elle est menée par les commandants Guy-Marie Viçose et l'adjudant général Marie Étienne de Barbot, ainsi que le général Jean André Commes, chargé de la 10e région militaire et Guillaume Pégot.

Une colonne (menée par Commes et Viçose) venant de Toulouse attaque les royalistes d'abord au nord de la ville de Montréjeau, avant que leur retraite soit finalement coupée par une colonne venue de l'Ouest, de Lannemezan, et qui est dirigée par Barbot[3].

Combats

Pressés par l'armée de la République, les royalistes avaient quitté Saint-Gaudens le 29 thermidor (), pour se regrouper à la nuit tombante à Montréjeau où ils avaient envoyé des émissaires la veille. Vers 23 heures, ils y auraient disposé de 1 500[4] à 3 000 hommes, essentiellement des paysans, peu aguerris, quelques prêtres et 7 pièces d'artillerie. Ils établissent leur état-major dans l'hôtel de Lassus-Camon[3].

Prévenu par Commes et Viçose qui se sont positionnés à Saint-Gaudens, Barbot fait mouvement jusqu'au Naouatés, à deux kilomètres à l'ouest de Montréjeau, avec 1 100 soldats essentiellement des chasseurs des montagnes venant des Hautes-Pyrénées, et cent-deux gendarmes à pied, mobilisés pour l'occasion. Il dispose de deux pièces de quatre[3].

Au matin, après un échange de tirs, l'artillerie à plus grande portée et plus efficacement servie par les républicains, a détruit deux pièces de l'artillerie royaliste. Une heure plus tard, la cavalerie républicaine de Viçose attaque par la côte d'Ausson, et des escarmouches sanglantes ont lieu un peu partout au nord et à l'est de la ville où les troupes républicaines se sont déployées.

Les gendarmes à cheval du capitaine Micas chargent et les chasseurs à cheval du 14e du chef d'escadron Lafargue et du général Barthier font d'abord diversion et prennent le centre-ville, où les insurgés sont postés aux fenêtres et tirent sur les attaquants. La cavalerie royaliste menée par Rougé se bat pendant un temps avant de fuir en apercevant les baïonnettes de la colonne Viçose, venant d'atteindre le sommet de la côte de Capdeville.

Talonnée par la cavalerie républicaine, la cavalerie royaliste (dont le général Antoine Rougé et Antoine de Paulo qui commandent l'armée royale) s'échappent, franchissent le pont et passent en Espagne par Mazères, Tibiran, Saint-Bertrand-de-Comminges, Cierp et Bagnères-de-Luchon.

Barbot prévenu, a mené l'attaque principale coordonnée et prend les royalistes à revers en occupant le quartier du plan et le pont sur la Garonne. Les volontaires de la Neste débouchent par le chemin de Mazères, au bas de Capelé et tombent sur les fuyards à pied[3].

Une fusillade royaliste sème un instant la panique parmi les troupes de la République, la situation est rétablie, et deux coups de canon à mitraille jettent le désordre dans les rangs royalistes ; certains se retirent vers l'actuel lac de Montréjeau au confluent Garonne-Neste. L'essentiel des troupes à pied et les paysans faiblement armés passent la Garonne à gué ou se bousculent au pont en un grand désordre. Beaucoup se noient (ceci semble assez curieux, car la Garonne en basses eaux au mois d'août dans cet endroit est parfaitement guéable) et sont massacrés là où ils se cachent (environ 300 morts).

Conséquences

Notes et références

Voir aussi

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