Bataille de Muong Khoua
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| Date | 13 avril - |
|---|---|
| Lieu |
Ðiện Biên Phủ (province de Lai Châu, Nord-Viêt Nam) |
| Issue | Victoire du Việt Minh |
| Capitaine Teulier |
| 300 à 315[1],[2] |
| Un bataillon et un détachement de mortiers[1],[2] | ~310, 4 survivants. |
Batailles
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- Extension au Laos
La bataille de Muong Khoua a eu lieu entre le et le , dans le Nord du Laos au cours de la guerre d'Indochine. Une garnison d'une douzaine de Français et 300 soldats laotiens occupaient un avant-poste fortifié dans les collines au-dessus du village de Muong Khoua, de l'autre côté de la frontière par rapport à Điện Biên Phủ. Muong Khoua fut l'un des derniers avant-postes français dans le Nord du Laos, à la suite de la décision du Haut Commandement français de conserver une chaîne de plusieurs garnisons isolées à travers la région afin de gagner du temps pour fortifier les grandes villes du Laos contre les attaques du Việt Minh.
Beaucoup de ces garnisons reçurent par radio l'ordre de se fortifier et de combattre toute approche des forces du Việt Minh. Après la chute du point fortifié satellite de Sop-Nao, les troupes à Muong Khoua, sous les ordres du capitaine Teulier, résistèrent à un siège Việt Minh pendant trente-six jours, soutenues par un ravitaillement aérien et des frappes aériennes. La petite force française repoussa plusieurs attaques directes et subit une série de bombardements d'artillerie. Deux des trois points d'appui du poste finirent par tomber au petit matin du , et à midi, la force française était vaincue.
Quatre soldats (deux français et deux laotiens) réussirent à rejoindre une autre position française à 80 km après six jours à travers la jungle. Ce furent les seuls survivants. La résistance de la garnison française devint célèbre cri de ralliement pour les troupes françaises en Indochine mais servit également d'avertissement pour les stratégies française et Việt Minh lors de la décisive bataille de Điện Biên Phủ l'année suivante[1].
Le Việt Minh au Laos
Au début de 1953, le Việt Minh, sous les ordres de Võ Nguyên Giáp commença à envahir le Laos afin d'exercer une pression supplémentaire sur Paris et sur les forces françaises stationnées en Indochine. Dans la région de Muong Khoua étaient stationnées les divisions Việt Minh 312, 308 et 316, dont les longues lignes de ravitaillement étaient maintenues par une véritable armée de 200 000 porteurs[2]. Le commandement français (alors dirigé par Raoul Salan) a ordonné l'établissement d'une série d'avant-postes dans le nord du Laos, pour résister à l'invasion Việt Minh, aussi longtemps que possible afin de gagner du temps pour fortifier Luang Prabang et Vientiane, la capitale du Laos. Le roi du Laos, Sisavang Vong, resta à Luang Prabang, ce qui contribua aux efforts français[1]. Le terrain dans le nord du Laos et le climat local ont contribué à l'isolement de nombreux avant-postes : une nuit de brouillard permanent appelé crachin, la jungle épaisse, un manque de routes et des pentes raides. Chaque avant-poste avait reçu un nombre de jours pré-calculé pour résister et retarder les forces Việt Minh, y compris celui de Muong Khoua, qui reçut le l'ordre de tenir pendant quatorze jours, soit jusqu'au [1].
Muong Khoua (tenu par la 16e compagnie du 6e bataillon de chasseurs laotiens[3] et commandé par le capitaine Teullier) avait un camp satellite à Sop-Nao (commandé par le lieutenant Grézy). Muong Khoua était situé à la confluence des rivières de Pak Nam et Nam-Hou, à 64 km de Điện Biên Phủ, et à environ 160 km au sud-ouest de la rivière Noire au Vietnam[2]. L'avant-poste lui-même se composait de trois bastions, appelé la Souricière, Pi et Alpha, situés sur trois collines à l'ouest, au sud-sud-est, et sud-sud-ouest du confluent de la Nam Hou et Nam Pak. Chacun était distant d'environ 200 m des autres, formant un triangle. Le village de Muong Khoua s'élevait à l'ouest et au pied de la Souricière, protégé de la rivière par un grand banc de sable, et à cheval sur la route de Phong Saly, un autre avant-poste français, à 80 km au nord[1].
Sop-Nao
Sop-Nao était situé à 48 km à l'est de Muong Khoua, sur le chemin par lequel avançait le Việt Minh, à environ 32 km au sud-ouest de Điện Biên Phủ et à seulement quelques kilomètres de la frontière entre le Vietnam et le Laos, 121 km au sud des hauts plateaux Tai. Grézy commandait un peloton renforcé à Sop-Nao. Le soir du , un bataillon Viet-Minh entra au Laos près de Điện Biên Phủ et Na San et atteignit Sop-Nao[1],[2].
Se trouvant encerclés par le Viet-Minh, les Français à Sop-Nao résistèrent pendant six jours tout en maintenant un contact radio avec Teullier au point d'appui principal. Les survivants reçurent l'autorisation du capitaine français de se replier durant la nuit du 9 au selon un chemin détourné car Grézy supposait que le Viêt-Minh avait mis en place des embuscades le long du chemin direct. Les Français créèrent un nouveau chemin dans la jungle jusqu'à ce qu'ils rencontrent une tribu laotienne le , qui les avertit que le Viet Minh les suivait. Les Français tentèrent alors de bifurquer vers Phong-Saly au nord, et rencontrèrent un convoi allié descendant la Nam Hou en canots. Les deux forces combinées descendirent la rivière vers Muong Khoua[1].
Le , le convoi tomba dans une embuscade Viet-Minh à 550 m du point d'appui de Muong Khoua. Utilisant une barrière de troncs d'arbre flottants, le Viêt-Minh attaqua le convoi à l'aide de mitrailleuses et de mortiers, détruisant le premier canot. Le reste des Français et des Laotiens répondit, et avec l'aide de la garnison de Muong Khoua, qui entendait le combat, mit en déroute les troupes Viêt-Minh, qui laissèrent 13 morts et quatre blessés sur le champ de bataille. Les Français eurent sept disparus, un mort et un blessé. Les survivants rejoignirent le camp de Muong Khoua, les canots et l'équipement du convoi étant incorporés dans les défenses. Pendant ce temps, le 910e bataillon Viet Minh du 148e régiment régional de la 312e division[2] et une compagnie de mortiers lourds de la 316e division arrivèrent à proximité[1].

