Begoña Gómez Fernández
femme d'affaires espagnole
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María Begoña Gómez Fernández, née le à Bilbao, est une entrepreneuse espagnole. Elle est l'épouse de Pedro Sánchez, président du gouvernement d'Espagne depuis .
| Begoña Gómez | |
Begoña Gómez en 2018. | |
| Épouse du président du gouvernement d'Espagne | |
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| Depuis le (7 ans, 11 mois et 3 jours) |
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| Prédécesseur | Elvira Fernández Balboa |
| Biographie | |
| Nom de naissance | María Begoña Gómez Fernández |
| Naissance | Bilbao (Espagne) |
| Conjoint | Pedro Sánchez |
| Profession | Entrepreneuse |
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Famille et études
María Begoña Gómez Fernández naît le [1] à Bilbao[2]. Elle grandit à Valderas, dans la province de León[3], un territoire dont ses deux parents sont originaires[4]. Elle a un frère[4].
Son curriculum vitae indique qu'elle a étudié le marketing à l'ESIC Business & Marketing School de Madrid, et qu'elle y obtient un master en direction des entreprises[3]. Deux enquêtes, réalisées en par Okdiario et El Español mettent en doute la véracité des études de Begoña Gómez. Okdiario indique qu'elle a en réalité étudié à M&B Escuela Superior de Marketing y Negocios, un établissement dont les diplômes ne sont pas officiels, aussi son niveau académique se situe au baccalauréat[5] tandis qu'El Español relate ne pas être en mesure d'obtenir des éléments probants relatifs à la formation académique de Begoña Gómez auprès des établissements qu'elle prétend avoir fréquentés[6].
De nouvelles investigations d'Okdiario[7] et d'ABC[8] confirment en qu'elle n'a pas de diplôme universitaire. Ces éléments sont corroborés par l'information judiciaire ouverte contre elle cette même année[9],[10].
Vie professionnelle
En 1999, Begoña Gómez est recrutée par la société Task Force, où elle conseille des ONG telles que Greenpeace, Oxfam et Amnesty International. Lorsque Inmark absorbe la société qui l'emploie en 2014, elle est promue directrice de l'expertise-conseil externe et recrute des salariés chargés de récolter des dons[11].
Lors de la révélation du scandale d'abus sexuels à Oxfam, le nom de Gómez est cité à tort comme directrice générale de la branche espagnole de l'ONG, alors que celle-ci n'est qu'une cliente de son entreprise[12].
Elle est recrutée en par la fondation Instituto de la Empresa pour diriger un centre de développement de projets d'action sociale en Afrique, IE Africa Center. Le mois précédent, elle avait demandé une mise en disponibilité du groupe Inmark[13]. Sur les réseaux sociaux, ce recrutement est âprement commenté : une partie des internautes dénonce un recrutement dicté par la position politique de son époux, tandis que d'autres — dont le député indépendantiste catalan Gabriel Rufián — prennent sa défense en rappelant ses nombreux diplômes, sa longue expérience professionnelle dans le secteur concerné et la quasi-absence de subventions publiques perçues par l'Institut[14].
Elle abandonne en la direction IE Africa Center, afin de préparer sa prise de poste comme co-directrice d'un futur master à l'université complutense de Madrid[15].
Rencontre avec Pedro Sánchez
C'est au cours d'une fête organisée à Madrid dans les années 2000 que Begoña Gómez fait la rencontre de Pedro Sánchez. Tous deux affirment avoir vécu un « coup de foudre ». Après plusieurs années de relation, ils se marient civilement à la mairie de la capitale espagnole en , lors d'une cérémonie présidée par l'élue socialiste Trinidad Jiménez[2],[3].
Vie publique

Begoña Gómez apparaît dans la vie publique en , lors du premier meeting de son mari en tant que chef de file électoral du Parti socialiste, quand celui-ci s'adresse directement à elle depuis le pupitre[16]. Elle est reconnue comme étant l'un des principaux soutiens de son époux dans sa carrière politique, participant aux meetings du Parti socialiste et assistant à des sessions importantes du Congrès des députés depuis la tribune réservée aux invités avec sa propre mère. Selon La Vanguardia, sa présence constante auprès de Pedro Sánchez lors d'événements publics et politiques a valu à leur couple le surnom d'Obamas espagnols[2],[3].
Vie privée
Begoña Gómez est mère de deux filles issues de son couple avec Pedro Sánchez, nées en et [17]. Lors de l'accession de Sánchez au pouvoir en , ils déménagent au palais de la Moncloa, où le président du gouvernement dispose d'un logement de fonction, alors que Begoña Gómez préférait conserver leur résidence familiale à Pozuelo de Alarcón[18].
Le couple est propriétaire d'un logement à Pozuelo de Alarcón ainsi que d'une maison de vacances à Mojácar[4].
Mise en cause judiciaire
En , le média en ligne El Confidencial dévoile qu'en tant que directrice d'IE Africa Center, elle avait conclu au début de l'année un contrat de parrainage avec la compagnie aérienne Air Europa d'une valeur de 40 000 €, qui ne sera jamais mis à exécution en raison de la pandémie de Covid-19. Air Europa ayant ensuite bénéficié d'une aide publique de plusieurs centaines de millions d'euros décidée par le Conseil des ministres que préside son mari, El Confidencial insinue un possible trafic d'influence de la part de Begoña Gómez. De même, El Confidencial indique qu'elle a signé en une lettre de recommandation pour une entreprise dirigée par Carlos Barrabés, qui avait également donné des cours dans le programme de la chaire dont Begoña Gómez est co-directrice, et que cette lettre aurait été cruciale dans l'obtention d'une aide publique du ministère de l'Économie. D'après le journal en ligne ElDiario.es, d'autres entreprises qu'Air Europa ont reçu des aides similaires, dans des proportions plus importantes rapporté au nombre de salariés, et la lettre de recommandation en faveur de Carlos Barrabés était un texte rédigé par l'entreprise concernée, et a été signée par d'autres personnalités, comme la directrice d'une structure relevant de la mairie de Madrid, gouvernée par le Parti populaire[19].
Le , le collectif d'extrême droite Manos Limpias dépose plainte contre Begoña Gómez pour « trafic d'influence » et « corruption dans les affaires », visant la lettre de recommandation en faveur de Juan Carlos Barrabés, ses activités liées à sa chaire de l'université complutense, ainsi que le sauvetage d'Air Europa en 2020. Le tribunal supérieur de justice de Madrid annonce, huit jours plus tard, qu'une information judiciaire a été ouverte pour « trafic d'influence » et confiée au juge d'instruction Juan Carlos Peinado[20]. La demande de classement sans suite aussitôt déposée par le ministère public[21] est rejetée cinq semaines plus tard par l'audience provinciale de Madrid[22].
Begoña Gómez, qui a choisi comme avocat l'ancien ministre de l'Intérieur Antonio Camacho[23], est mise en examen en et dépose plainte le mois suivant pour « prévarication » et « violation du secret professionnel » contre le magistrat instructeur. Cette plainte est rejetée en par le tribunal supérieur de justice. Alors que l'enquête a été étendue à Juan Carlos Barrabés, d'abord entendu comme témoin puis mis en examen, ainsi qu'à des responsables universitaires, l'audience provinciale de Madrid restreint le champ de l'information judiciaire en en retirant les éléments relatifs au sauvetage d'Air Europa. Parallèlement, à la suite d'une plainte de l'association d'extrême droite HazteOir.org, Juan Carlos Peinado élargit l'information judiciaire à des accusations d'« abus de confiance » et d'« exercice illégal d'une activité professionnelle » en lien avec les activités de Begoña Gómez comme co-directrice de chaire à l'université complutense[24].
Citée dans des courriels versés au dossier par la défense de Begoña Gómez, Cristina Álvarez — assistante de l'épouse du chef de l'exécutif au palais de la Moncloa — est à son tour mise en examen en pour « trafic d'influence » et « corruption ». Toutes deux sont également mises en examen pour « détournement de fonds publics » en lien avec le recrutement de Cristina Álvarez par la présidence du gouvernement[24]. Le juge d'instruction indique le mois suivant son souhait que cette affaire soit jugée par un tribunal à jury populaire[25], mais cette prétention est repoussée en par l'audience provinciale, qui juge que Juan Carlos Peinado n'a apporté aucun élément matériel ou faisceau d'indices suffisant pour motiver sa décision[26].
Le juge d'instruction décide en de rassembler les deux instructions qu'il poursuit en parallèle, qui concernent respectivement les activités de Begoña Gómez à l'université complutense de Madrid et le recrutement de Cristina Álvarez[27]. Le , le magistrat instructeur propose de la renvoyer devant un tribunal avec jury populaire pour « détournement de fonds publics », « trafic d’influence », « corruption dans les affaires » et « abus de confiance ». Il abandonne en revanche les poursuites pour « exercice illégal d’une activité professionnelle ». Il suggère également le renvoi en jugement de Juan Carlos Barrabés et de Cristina Álvarez[28].
La mise en cause de Begoña Gómez conduit Pedro Sánchez à annoncer le cinq jours de réflexion sur une éventuelle démission[29], à l'issue desquels il décide de se maintenir au pouvoir[30].
Infox
Begoña Gómez a été la victime de la diffusion de plusieurs infox, comme le fait qu'elle serait née « Begoño » puis aurait effectué une transition de genre ; qu'elle aurait pris part à un trafic de drogue au travers d'IE Africa Center et que le Maroc l'aurait appris, faisant ainsi pression sur Pedro Sánchez pour qu'il change la position de l'Espagne sur la question du Sahara occidental ; qu'elle aurait passé le confinement de 2020 au palais de las Marismillas ou à Huete ; qu'elle aurait été expulsée de l'université complutense de Madrid. En outre, sa photo a été utilisée pour illustrer un article en ligne titré « le Gouvernement cache le versement d'une subvention au nom de Begoña Gómez » qui traitait d'une homonyme[31].