Bernard Dreyfus

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Naissance
Décès
Nationalité
Française et Nicaraguayenne
Bernard Dreyfus
L'artiste peintre Bernard Dreyfus dans son atelier à Paris.
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nationalité
Française et Nicaraguayenne
Formation
Activité
Autres informations
Mouvement
Maître
Lorser Feitelson
Influencé par
Distinction
Vue de la sépulture.

Bernard Dreyfus est un artiste peintre né le à Managua au Nicaragua[1]. Résidant à Paris depuis , il se partage entre Paris, l'Amérique centrale et les États-Unis[2]. Il décède le dans le 14e arrondissement de Paris[3] à l'âge de 79 ans.

Mela Muter

Par tradition familiale, Bernard Dreyfus effectue ses études secondaires à Paris. Il conserve de ses années de jeunesse des souvenirs de rencontres essentielles : d'abord Bernard Dorival, conservateur adjoint du Musée national d'art moderne, ensuite la sculptrice Chana Orloff, enfin les peintres Mela Muter (« une femme aimée de Rainer Maria Rilke et encore très belle au soir de sa vie » évoque Bernard Dreyfus) et Josette Bournet (1905-1962)[4], cette dernière rencontrée à Nice au cours de l'été 1958 avec autour d'elle ses proches amis Charles Vildrac et André Salmon : tous affirment au jeune Bernard lui reconnaître un tempérament et un avenir de peintre.

Art Center College of Design, Pasadena

Bernard Dreyfus est ensuite élève du peintre abstrait Lorser Feitelson (1898-1978)[5], l'un des fondateurs avec son épouse Helen Lundeberg (1908-1999), du mouvement sud-californien Hard-edge painting, à l'Art Center College of Design de Pasadena (comté de Los Angeles)[1]. Si l'orientation pédagogique du collège (les arts appliqués) est de nature à rassurer le père de Bernard par ses perspectives de débouchés professionnels dans le dessin industriel et l'illustration, une rencontre brève mais déterminante, celle de Man Ray[6] venu à Pasadena en tant que conférencier - « mon plus grand souvenir d'étudiant » évoque-t-il - conforte le jeune homme dans sa vocation picturale.

José Gómez-Sicre

De retour à Paris en , Bernard Dreyfus peint tout en vivant de prestations pour des agences de publicité et des maisons d'éditions. En 1971, la Biennale de Paris est sa première exposition. Son voyage au Nicaragua en (dans le cadre du Prix du 150e anniversaire de l'Indépendance du Nicaragua qui lui est attribué) croise celui du critique d'art cubain José Gómez-Sicre (en) (1916-1991), en séjour à Managua. Conseiller d'Alfred Barr au Museum of Modern Art de New York puis responsable des arts plastiques à la Pan American Union (O.E.A.) de Washington, Gómez-Sicre, impressionné par la peinture de Bernard Dreyfus où déjà s'affirme une relation forte à l'art pariétal et « une poésie de l'insolite »[7], lui écrira en [8],[9], l'invitant pour une exposition personnelle à Washington au siège de l'O.E.A. en 1972. Dès lors, la vie de Bernard Dreyfus se partagera entre son atelier parisien et de nombreux séjours aux États-Unis, notamment New York où il rencontrera Alexander Calder, Larry Rivers et Norman Mailer[10].

Maison de l'Amérique latine, Paris

En accueillant l'artiste à la Maison de l'Amérique latine en 2009, Alain Rouquié en fait cette présentation : « Bernard Dreyfus, peintre des volcans, des lacs et des poètes, a longtemps chassé les couleurs; armé des savoirs de la tradition et du modernisme. Il nous fait découvrir les commencements, les exodes, les premières images, les soleils et les nuits noirs, tous les incessants mouvements qui agitent son lointain intérieur. Il y a du Michaux dans cette peinture »[2].

Expositions personnelles

Musée d'art contemporain de Panama
Musée José Luis Cuevas, Mexico

Expositions collectives

Réception critique

Eugène Ionesco

« L'art, en l'occurrence la peinture de Bernard Dreyfus, ne peut plus avoir de ce monde que des visions fugitives et plutôt désespérées. Qu'est-ce que nous y voyons? Des sortes de silhouettes, des sortes d'êtres, plutôt nombreux, qui semblent être des créatures humaines, perdues dans une immensité blanche ou noire, des immensités de la toile, c'est-à-dire de cet univers à la fois épais et inconsistant, inquiétant comme un mystère impénétrable. J'aime Bernard Dreyfus parce que sa peinture n'est pas un simple problème de couleurs, de technique picturale, mais parce qu'elle est interrogation de l'énigme. »

 Eugène Ionesco, de l'Académie Française, 1980[2]

« El especialista Pablo Antonio Cuadra (es) opina que las pinturas de Bernard Dreyfus son "instantáneas del Bing-Bang inicial o final del hombre" y que "su estallido cubre de sugerentes desnudeces, de extrañas búsquedas y encuentros multitudinarios en el momento de redimir la materia"... Juan Malpartida (es) sostiene que "la primera impresión que nos produce su obra es la de que tiende hacia la representación pero acentúa, como reacción ante esta misma tendencia, el hecho mismo de pintar"... Mientras que Jorge Eduardo Arellano opina que su "capacidad de crear una inédita forma expresiva; es licito incluirio entre los inventores plásticos de nuestro tiempo... La historiadora de arte, Maria Dolores G. Torres, apunta que en la obra de Bernard Dreyfus nos encontramos con el más "profundo y emocional impacto de color, contrastes de luz y sombra, dibujo simplificado, gestualismo y acción. Une pintura visionaria que literalmente absorbe al espectabor y lo sumerge en un environment (ambiente) cromático". Lionel Méndez Dávila insiste en lo enigmático de este artista, al señalar que "lo primero que impacta en la pintura de Dreyfus son los signos de su lenguaje plástico. Son absolutamente personales y (en ese sentido), irrepetibles. Envolventes. También, enigmáticos". »

 Celdonio Arauz Espinosa[11]

« Son art semble investi de mystère et d'irréalité qu'il restitue sur la toile avec la force de la représentation. Et ces mystères naissent sous nos yeux sous forme d'êtres fluides, de foules migrantes ou d'animaux hybrides extraits des repères immémoriaux de l'histoire. On pourrait dire de la peinture de Bernard Dreyfus qu'elle est primitive, archaïque presque, car on y retrouve les caractères que les plus anciennes civilisations gravaient sur les parois des grottes et que nous retrouvons aujourd'hui sur les murs de nos cités sururbanisées. Elle reprend des silhouettes incertaines et floues, des thèmes fleuris de papyrus égyptiens ou des graffiti pariétaux. L'œuvre de Bernard Dreyfus établit un pont d'éternité entre les cultures et les hommes, entre les traditions contradictoires et l'infinie universalité de la nature humaine. »

 Dominique Stella, 2009[19],[2]

« Je sens, j'éprouve en Dreyfus la fusion de ces fabuleuses migrations de nos deux cultures mères, La grecque et occidentale et l'américaine. Son « univers », c'est précisément ce même univers, l'humanité qui avance, qui sait vers quel but. »

 Julio Valle Castillo (en), peintre, essayiste, critique d'art, directeur de l'Institut nicaraguayen de la culture.

Prix et distinctions

Musées et collections publiques

Collections privées

Philatélie

  • Timbre-poste, série Peinture contemporaine du Nicaragua, Thomas Greg & Sons, Pérou, imprimeurs. Sujet: Suite en Turquesa y azules, œuvre de Bernard Dreyfus. Émis le par Correos de Nicaragua[24].

Bibliographie

Références

Liens externes

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