Bertrand Sassoye
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Naissance | |
|---|---|
| Nationalité | |
| Activités |
| Membre de | |
|---|---|
| Condamné pour | |
| Condamnation |
Bertrand Sassoye, né le à Bruxelles, est un militant communiste belge. Il a été l'un des chefs des Cellules communistes combattantes.
Jeunesse
Sa mère est institutrice et son père éducateur. Il termine son enseignement secondaire inférieur à l’Athénée de Saint-Gilles. Il y fréquente, puis habite, une communauté où vit Pierre Carette.
Ses premières activités politiques sont l’organisation de grèves et de manifestations dans le cadre du Front de Libération des Lycéens. Puis il s’engage dans le Comité de soutien aux Prisonniers Politiques en RFA (en fait les prisonniers de la Fraction Armée Rouge). Il travaille brièvement comme archiviste à Saint-Gilles puis est appelé au service militaire. Il fait partie, avec Pierre Carette et Frédéric Oriach, du groupe qui, le , lance la revue Subversion, « revue internationale pour le communisme »[1] et passe à la clandestinité cette année là.
Les Cellules Communistes Combattantes, prison, évasion, libération
Le , il est arrêté à Namur avec trois autres membres des Cellules Communistes Combattantes : Pierre Carette, Didier Chevolet et Pascale Vandergeerde[2]. Les CCC avaient commencé, le une série d’attentats contre l’OTAN, le gouvernement et le patronat. Ces attentats avaient été précédés en 1982 et 1983 de nombreuses opérations clandestines qui seront évoquées au procès (vol d’explosifs dans une carrière, pillage de l’armurerie d’une caserne, hold-up dans plusieurs banques, etc.). À son arrestation, Bertrand Sassoye circulait sous la fausse identité de Patrick Hiemeleers. Comme les trois autres membres des CCC, il refuse toute collaboration avec la police comme avec le juge Francine Lyna[3], et est placé à l’isolement total. Ce régime d’isolement, contre lequel les quatre mèneront des grèves de la faim, durera trois ans (jusqu’au procès)[4]. Au procès, les quatre accusés revendiquent la légitimité du combat des CCC et ils sont condamnés à la perpétuité.
Bertrand Sassoye a été détenu aux prisons de Saint-Gilles, Forest, Malines, Tournai, et Lantin. Il s’évade de la prison de Tournai le avec deux codétenus mais est repris et condamné à six mois de prison pour l’évasion[5].
À la suite d'une campagne de solidarité intensive menée par l’Association des Parents et Amis des Prisonniers Communistes[6], il est mis en liberté conditionnelle le sans avoir renié son engagement[7]. Il travaille comme gérant de la brasserie Verschueren à Bruxelles[8],[9].
Travaux théoriques
Bertrand Sassoye va publier, sous le pseudonyme de Theodor Derbent[10], des essais sur les théories militaires révolutionnaires sous forme d’articles, de conférence ou de livres (publiés aux éditions Aden à Bruxelles et Zambon à Francfort). Ces travaux sont surtout concentrés sur les théories de Clausewitz et leur influence sur les stratégies de guerres révolutionnaires (Lénine, Giap, Mao Zedong, etc.). Son principal ouvrage, Clausewitz et la guerre populaire, a été édité en français[11] et en allemand[12] mais ses conférences sont assez largement diffusées et traduites (anglais, allemand, italien, arabe, farsi, grec et espagnol). Son livre Giap et Clausewitz[13] lui vaudra une invitation à la Bibliothèque militaire de l’Armée vietnamienne, le , à Hanoï[14].
L’anonymat du pseudonyme sera total pendant plusieurs années, permettant à ces essais de recevoir une relative reconnaissance d’une part dans les milieux révolutionnaires, d’autre part dans les milieux spécialisés en stratégie. Le secret du pseudonyme sera brisé en par un journaliste du journal Le Soir enquêtant après la seconde arrestation[10].
Le Secours Rouge et la seconde arrestation
Bertrand Sassoye rejoint dès sa libération en 2000 l’Association des Parents et Amis des Prisonniers Communistes (APAPC) qui l’a soutenu pendant sa détention. Il est un des cofondateurs en décembre du Secours Rouge de Belgique lorsque celui-ci est créé sur base de l’APAPC. Le Secours Rouge de Belgique, qui est membre du Secours Rouge International, organise notamment la solidarité avec les prisonniers révolutionnaires (communistes, anarchistes, antifascistes).
Le , la police soupçonnant une complicité de quatre membres du Secours Rouge de Belgique avec une organisation clandestine italienne, le « Parti Communiste Politico-Militaire », procède à l'arrestation des quatre suspects et à plusieurs perquisitions. Un mouvement de solidarité se développe. Les trois premières libérations interviennent le [15], Bertrand Sassoye ne sera libéré que le [16]. Le parquet renoncera finalement à poursuivre les accusés et la prescription est constatée en [17].
Bertrand Sassoye reprend ses activités au Secours Rouge. Il participe à plusieurs délégations dans des procès à l’étranger et témoigne à celui de Nikos Maziotis et Pola Roupa du groupe armé anarchiste Lutte Révolutionnaire le à Athènes[18]. Il intervient en 2019 dans le film Fedayin consacré à Georges Ibrahim Abdallah[19].