Natif de Cosnac près de Brive, il était le fils cadet d’Almodie de Malemort et de Guillaume de Cosnac. Entré chez les chanoines réguliers de saint Augustin, il fit ses études de droit canon à l’Université de Toulouse et devint prieur de son Ordre dans sa ville natale en 1337[1].
Le trésorier pontifical
Appelé à Avignon, par Clément VI, le , Bertrand fut nommé par le pape trésorier de la Révérende Chambre Apostolique (le ministère des finances pontificales). La Peste Noire ayant laissé vacant le siège épiscopal de Lombez, il en devint l’évêque le [1].
Après maints allers-retours à Montpellier et en Catalogne, le , l’évêque put annoncer au pape, que le projet de mariage entre Aliénor et son neveu Guillaume avait été accepté le jour précédent.
La cathédrale de Saint-Bertrand de Comminges, siège de l'évêché de la Licorne
Le , après le mariage, pour parapher les derniers actes, Bertrand de Cosnac fit un ultime voyage à Perpignan en compagnie de Hugues de la Roche, Maréchal de la Cour pontificale, procureur d’Aliénor[2].
Son efficacité fut récompensée, le , par Clément VI qui le plaça sur le siège épiscopal de Saint-Bertrand de Comminges, l’évêché de la Licorne[1].
Au cours de l’automne 1363, en compagnie du cardinal Hugues de Saint-Martial, ce spécialiste du droit et des finances pontificales fut chargé par le cardinal Hugues Roger d’être son exécuteur testamentaire.
Grégoire XI remercia ce juriste et ce financier qui avait si bien servi sa famille en le créant cardinal-prêtre, lors du consistoire du . Placé sur le siège épiscopal de Tulle (1371-1374), le cardinal reçut le titre de Saint-Marcel en mars 1372. Le pape en fit son chapelain et lui donna la charge d’auditeur de la Sainte-Rote[1].
Grégoire XI, connaissant ses talents de négociateur, l’envoya à son tour en Aragon au cours de l’année 1374. Le cardinal de Comminges était chargé de régler le différend opposant Pedre IV le Cérémonieux et le clergé catalan auquel il refusait l’immunité ecclésiastique[1].
Bertrand de Cosnac décéda à son retour, le , et fut inhumé dans l’église des dominicains d’Avignon[1].
Cf. Étienne Baluze, Les Armoires, T. VII, f° 41, Dépenses faites pour les contrats de mariage de Guillaume de Beaufort et l’acquisition de la vicomté de Turenne et encore pour obtenir la paix entre le comte de Comminges et le comte d’Urgel, payées par le pape (1349), p. 273, et f° 44, Confirmation de la vente de la vicomté de Turenne et autres lieux, faite par Cécile de Comminges à Guillaume Rogier, vicomte de Beaufort (1350), p. 302.
Bibliographie
Ch. Justel, Histoire généalogique de la Maison de Turenne, Preuves, T. I et II, Paris, 1645.
François du Chesne, Histoire de tous les cardinaux françois de naissance, Paris, 1660.
A. de Boyes et l’abbé Arbelot, Biographie des Hommes illustres de l’ancienne province du Limousin, Limoges, 1854.