Bill France Sr.
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Directeur général |
|---|
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Sépulture | |
| Nationalité | |
| Activités | |
| Enfants |
Bill France Jr. Jim France (en) |
| Sport | |
|---|---|
| Distinction |
William Henry Getty France, né le à Washington D. C. et mort le à Ormond Beach, est un entrepreneur et pilote de course américain. Il était également désigné sous les appellations de Bill France Sr. ou Big Bill. Son principal fait d'armes réside dans la fondation et la direction ultérieure de la NASCAR.
Début de carrière en course automobile
William Henry France naquit à Washington, issu de l’union de William Henry France et d’Emma Graham, une immigrée originaire d’Irlande. Un frère aîné, prénommé James, décéda à l’âge de onze ans et fut inhumé au cimetière de Rock Creek. Durant son adolescence, le jeune France, surnommé « Big Bill », délaissait fréquemment les études pour s’adonner, au volant de la Ford Modèle T familiale, à des tours de piste sur un circuit ovale de 2,4 km aux virages relevés. Il pratiqua également la compétition sur une piste de karting située près de Laurel, dans le Maryland, y effectuant de nombreuses séances jusqu’à l’instant précis où il devait regagner son domicile avant le retour de son père[1]. Avant d’acquérir et de diriger sa propre station-service, France exerça divers emplois. Il se constitua une clientèle fidèle en se levant avant l’aube et en procédant, au cœur de l’hiver, au démarrage à la manivelle des véhicules de ses clients[1].
Lorsqu’il s’installa avec sa famille à Daytona Beach au printemps 1935, fuyant la Grande Dépression, France était déjà au fait de la renommée de ce lieu en matière de records de vitesse terrestre. Le départ de Washington, D.C., s’effectua avec moins de cent dollars en poche[2]. Il exerça d’abord comme peintre en bâtiment, puis fut employé dans un commerce automobile local. Par la suite, il fonda un atelier de mécanique automobile au 316 Main Street à Daytona, un établissement qui subsiste aujourd’hui, reconverti en espace de spectacles et de divertissements. Fin 1935, des pilotes tels que Malcolm Campbell, en quête de records, désertèrent toutefois Daytona au profit du lac salé de Bonneville, jugulant la fréquentation des plages de la ville devenues trop accidentées et érodées[3]. Cette défection entraîna un déclin notable de la notoriété du site. Les autorités municipales, soucieuses de préserver ces manifestations génératrices de revenus substantiels pour les hôtels et restaurateurs durant la saison hivernale, s’évertuèrent à maintenir sur place des événements liés à la vitesse[3].
Le se déroula sur le circuit routier de Daytona Beach la première épreuve de stock-car, conjurée par le pilote local Sig Haugdahl. Cette course, d’une longueur de 402 km, était ouverte aux berlines familiales homologuées pour la voie publique et sanctionnée par l’American Automobile Association (AAA). Les éditions de 1935 et 1936 étaient dotées d’une bourse de 5 000 dollars, le vainqueur s’adjugeant 1 700 dollars. L’événement fut toutefois entaché par un système de points controversé et engendra des pertes pécuniaires substantielles pour la municipalité. Dès l’arrivée des organisateurs, des milliers de spectateurs étaient déjà massés sur le tracé. Les virages sablonneux aux extrémités de la piste devinrent quasi impraticables, de nombreux véhicules s’ensablant ou se trouvant immobilisés. Les résultats furent contestés par les pilotes classés deuxième et troisième. France termina en cinquième position. Au bilan financier, la ville enregistra une perte de 22 000 dollars[3].
Haugdahl s’entretint avec France, et conjointement, ils obtinrent l’assentiment du Daytona Beach Elks Club pour l’organisation d’une nouvelle compétition lors du week-end de la fête du Travail, en . Cette manifestation rencontra un succès plus marqué, mais demeura déficitaire malgré une dotation de 100 dollars. Haugdahl ne supervisa plus aucun événement par la suite. France assura la reprise de l’organisation en 1938. Deux épreuves se tinrent cette année-là : Danny Murphy l’emporta sur France en juillet, tandis que ce dernier triompha lors de l’épreuve du week-end de la fête du Travail, devançant Lloyd Moody et Pig Ridings. Trois courses furent organisées en 1939, puis trois autres en 1940. France y enregistra des résultats variables : il se classa quatrième en mars, premier en juillet, et sixième en . Quatre compétitions eurent lieu en 1941.
France se trouvait en pleine préparation de l'épreuve de 1942 lorsque les forces japonaises bombardèrent Pearl Harbor. Durant la Seconde Guerre mondiale, il œuvra aux chantiers navals de Daytona, tandis que son épouse, Anne, administrait la station-service. La plupart des compétitions automobiles furent suspendues jusqu’à la cessation des hostilités. C’est en 1944 que Bill France fit la connaissance de Jim Johnstone Sr., alors en poste à la base aéronavale de Daytona Beach — emplacement qu’occupe aujourd’hui l’université aéronautique Embry-Riddle. Johnstone exerçait la profession de mécanicien automobile dans le New Jersey, où son père confectionnait des moteurs pour les voitures de l’Indy. Il rencontra France à la station-service de ce dernier et devint son mécanicien attitré. Les deux familles, incluant épouses et enfants, effectuaient des déplacements à travers la Floride durant les fins de semaine, prenant part à des courses sur de nombreux petits circuits de la région.
Le , James et Bill procédaient à des essais de l’automobile de ce dernier dans les artères de Cocoa, en Floride, lorsqu’ils furent interpellés par les autorités pour avoir excédé la vitesse autorisée, affichant 119 km/h. James écopa d’une contravention pour excès de vitesse en zone urbaine et fut astreint au paiement d’une amende de vingt-cinq dollars. À la cessation des hostilités, James regagna le New Jersey avec sa famille afin d’y fonder une maison de commerce spécialisée dans les pièces automobiles, mais il conserva une relation étroite avec Bill jusqu’à son trépas. Pour sa part, Bill France, après le conflit, choisit de s’orienter vers l’organisation et la promotion d’événements sportifs plutôt que vers la compétition active. Sur seize épreuves courues à Daytona Beach, il inscrivit à son palmarès deux victoires et se classa à six reprises parmi les cinq premiers[2]. Il fut l’instigateur de compétitions sur le Seminole Speedway dès l’après-guerre, puis supervisa la construction de l’Occoneechee Speedway en 1947.
NASCAR

Conscient de la nécessité pour les organisateurs de structurer leurs initiatives, William France était informé des pratiques déloyales auxquelles étaient exposés les pilotes. Ces derniers subissaient fréquemment les agissements de promoteurs peu scrupuleux qui s’éclipsaient avec les recettes des épreuves avant même que les compétiteurs n’aient perçu leur dû. Le , France engagea des pourparlers avec un groupe composé de pilotes, de mécaniciens et de propriétaires d’écuries au sein de l’Ebony Bar, situé dans l’hôtel Streamline à Daytona Beach (Floride). Ces conciliabules conduisirent, le , à la fondation de la NASCAR[4]. Les participants y traitèrent de l’uniformisation du règlement, de la mise en place d’une couverture assurantielle et de la garantie des primes promises[4].
Dès 1953, William France perçut la nécessité d’édifier un tracé permanent afin de contenir les foules considérables se pressant lors des compétitions automobiles à Daytona et autres lieux. Tandis que des hôtels s’érigeaient le long du littoral, il formula, le de la même année, le projet d’un circuit aux vitesses extrêmes, dénommé Daytona International Speedway. La construction d’un ovale de 4 kilomètres débuta en 1956, spécifiquement conçu pour abriter l’épreuve appelée à devenir la course emblématique de la série. Celle-ci, le Daytona 500, fut inaugurée en 1959 et conserve depuis lors ce statut de manifestation phare[4].
Il a ensuite construit le Talladega Superspeedway qui a ouvert ses portes en 1969[4].
Il occupa la fonction de président-directeur général de la NASCAR. En 1971, la société RJ Reynolds Tobacco devint le commanditaire principal de l’organisation, ce qui provoqua la mutation de l’appellation de la série, jusque-là dénommée « Grand National », en « Winston Cup ». Les représentants de Reynolds persuadèrent France de renoncer à toutes les épreuves se déroulant sur terre battue ainsi qu’aux courses d’une distance inférieure à 161 km. En 1972, Big Bill France opéra le retrait de la NASCAR de l’éphéméride, une décision considérée comme inaugurant l’« ère moderne » de cette discipline sportive. Par la suite, il transmit les rênes de l’organisation à son fils, Bill France Jr. Ce dernier conserva un cabinet au siège social jusqu’à la fin de la décennie 1980[2].
Il a créé le Temple de la renommée international du sport automobile, qui a intronisé la France dans sa première promotion le .
Activités politiques
France assuma également la fonction de directeur de campagne pour George Wallace durant la tentative de ce dernier d'obtenir l'investiture démocrate en vue de l'élection présidentielle américaine de 1972. Il autorisa notamment Wallace à conduire sa propagande électorale dans l'enceinte de la course des 500 miles de Daytona, se déroulant cette même année[2]. Après l'échec de la candidature de Wallace, France intégra le comité « Démocrates pour Nixon » du gouverneur John Connally, structure appuyant la réélection du président sortant Richard Nixon. Il occupa le poste de vice-président au sein de cette organisation. Parallèlement, il fut affilié au Comité des sports mécaniques pour la réélection du président Nixon, aux côtés de divers pilotes et notabilités du monde des courses automobiles[2].
Mort
Il s’éteignit à son domicile d’Ormond Beach, en Floride, le , des suites de la maladie d’Alzheimer, à l’âge de quatre-vingt-deux ans[2].