Biodiversité en Europe
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La sensibilité du public à l'égard de la valeur de la biodiversité a progressé, grâce notamment au rapport TEEB (The economics of ecosystems and biodiversity) consacré à l’économie des écosystèmes et de la biodiversité. Le réseau Natura 2000 compte en 2010 environ 26 000 sites couvrant 18 % de la superficie de l'UE, et qu'il se développe en mer (Natura 2000 en mer, avec la « Stratégie pour le milieu marin », et des critères communautaires fixés le pour aider les États-membres à évaluer l'état environnemental de leurs mers). Cependant le maillage du réseau écologique paneuropéen n'a pas suivi et le niveau de protection et de restauration reste insuffisant reconnait la commission (en 2009 puis 2010) [2]… ceci malgré ces progrès et l'existence de financements Life+.
Les efforts et progrès des États-membres n'ont pas suffi pour tenir l'objectif de diviser par deux ou stopper le déclin de biodiversité avant 2010.
Sauf pour quelques espèces protégées, ou banales, la biodiversité continue à régresser au niveau des écosystèmes, des espèces, des populations et des gènes en Europe[3] :
- Seules 1 à 3 % des forêts européennes sont considérées comme n'ayant pas été modifiées par l'homme.
- Depuis 1950, l'Europe a perdu plus de 50 % de ses zones humides, et la plupart de ses terres agricoles à haute valeur naturelle.
- La plupart des grands stocks halieutiques se situent sous les limites biologiques de sécurité et sont donc insuffisants pour assurer un renouvellement des stocks à long terme.
- 800 espèces végétales sont menacées d'extinction totale.
- Plus de 40 % des mammifères indigènes, des oiseaux, des reptiles ou encore des papillons sont menacés.
L'analyse d'un premier « bilan de santé » des espèces et des habitats théoriquement protégés au titre de la Directive Habitats a montré en 2008 que « l’état de conservation de 50 % des espèces revêtant un intérêt européen est défavorable. Pour les habitats, le chiffre pourrait atteindre 80 % ». En 2008, plus de 40 % des espèces d'oiseaux ont un état de conservation défavorable en Europe. Quelques espèces reconstituent leurs populations (ex. : héron, cormoran). Le déclin des oiseaux des champs semble commencer à se stabiliser, mais le rapport d'évaluation 2008 du plan européen d'action de la biodiversité conclut que des résultats positifs ne « pourront être reproduits à plus grande échelle qu'au prix d'efforts beaucoup plus importants » ; « Il est fort peu probable – sur la base des efforts actuels – que l'objectif global d'enrayer le déclin de la biodiversité dans l'UE d'ici 2010 puisse être “atteint” ni même “approché” sans d'“importants efforts supplémentaires tant au niveau communautaire qu'au niveau des États membres”. »[4]. La directive Oiseaux a aidé à enrayer le déclin de nombreuses espèces d’oiseaux européennes[5]. Le projet SEBI 2010 (Streamlining of European Biodiversity Indicators) piloté par l’Agence européenne pour l'environnement a confirmé une amélioration de la qualité des eaux, mais des problèmes de perturbateurs endocriniens préoccupent toujours les spécialistes, de même que les espèces invasives de plus en plus nombreuses, dont les impacts augmentent[6].
Le dernier bilan, de 2010, confirme que l'UE n'a pas tenu ses objectifs : « Le niveau de référence 2010 de l'UE en matière de biodiversité publié par l'Agence européenne pour l'environnement (AEE) en juin 2007 indique que la biodiversité dans l'UE est exposée à de fortes pressions et à des risques graves »[7].
Pour préparer la conférence mondiale sur la biodiversité de Nagoya (COP 10), qui a lieu du 18 au et qui devait fixer des objectifs mondiaux pour 2020, notamment parce que « la perte de la biodiversité coûte déjà à l'économie mondiale 50 milliards par année », le Parlement européen a produit une résolution visant la suppression des subventions néfastes à la biodiversité ; l'arrêt de la surpêche, de la déforestation et de la perte et dégradation des habitats naturels ; la protection d’au moins 20 % des terres et des eaux douces et marines et des espèces menacées.