Biotypologie

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La biotypologie humaine est un nom générique donné à diverses investigations de nature anthropométrique et statistique cherchant à mettre en évidence de grandes catégories aptes à regrouper des êtres humains présentant des caractéristiques biologiques communes, corrélées à des traits de personnalité précis[1],[2]. C'est en quelque sorte une typologie modernisée à partir de la notion de « tempérament » hippocratique[3].

Les biotypes seraient, selon Marcel Martiny le résultat de la prévalence d'un feuillet embryonnaire sur les autres : l'endoderme privilégie surtout le système digestif ; le mésoderme favorise le développement du système respiratoire et du squelette ; enfin l'ectoderme serait lié majoritairement au développement du système nerveux[4].

On peut rattacher à cette approche celles des physiognomonistes dont Boven s'est fait l'historien[5]. Un des principaux physiognomonistes est assurément Lavater (Essais physiognomoniques, 1772) et plus tard Hartenberg (Physionomie et caractère, Alcan, 1908). Un représentant français de ce courant est Louis Corman, médecin qui a essayé de poser les bases de la morphopsychologie[6].

Le philosophe Jaspers et le psychiatre Kretschmer ont adopté une attitude positive mais prudente à l'égard des corrélations entre structure corporelle et types psychologiques ou psycho-pathologiques.

Les premiers biotypologistes sont sans doute les Italiens, tels Achille de Giovanni et Giacinto Viola. Ce dernier, sur la base d'une analyse pondérale du squelette, distingue un « normotype » moyen, du « brachytype » (plus ramassé) et du « longitype[7] » (plus allongé). Son continuateur, Nicola Pende, oppose les individus chez qui prédomine l'anabolisme à ceux chez qui domine le catabolisme. Le Français Sigaud préférera décrire des types fonctionnels : le musculaire, le respiratoire, le digestif et le cérébral[8],[9].

L'Américain Sheldon a tenté par la suite d'établir de solides bases statistiques à son approche basée sur un rapport poids taille, cependant cette approche fut écartée par les écoles de biotypologie françaises et italiennes, car un rapport poids taille « réduit l'homme à un cylindre ».

Un outil : l'anthropométrie

Dans les systèmes biotypologiques français et italiens (on retiendra les noms de N. Pende, G. Viola, M. Martiny, E. Schreider...), l'anthropométrie sert de base et de mesure objective permettant la classification de l'individu : elle considère les rapports quantitatifs des parties du corps entre elles (notamment la longueur des membres par rapport à celle du tronc ou encore de la prévalence de diamètres transversaux ou antéro-postérieurs).

D'après N. Pende, il existe néanmoins des indices plus facilement mesurables et permettant de déterminer le biotype dans la majorité des cas :

  • l'indice morphologique,
  • le quotient de Manouvrier.

L'indice morphologique est donné par

  • St la stature (taille)
  • Ptm le périmètre thoracique médian, mesuré au niveau de la 4e cote.

En moyenne, I varierait de 1,80 à 2, avec un normoligne d'indice à 1,90.

Plus l'indice est élevé et plus il indique un type longiligne, un indice plus bas indique un type plus bréviligne.

Le quotient de Manouvrier est donné par : avec

  • MI longueur des membres inférieurs
  • B hauteur du buste.

En mesurant B et MI debout à partir de la symphyse pubienne, la moyenne irait de 95 ou moins pour les plus brévilignes à 108 pour les plus longilignes, le normoligne se situant une fois de plus, à mi-chemin entre les deux[10].

Biotypes

Notes et références

Voir aussi

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